COMTE DE TOULOUSE,

Au moment de sa réconciliation à l'Église par le cardinal Pierre

de Bénévent, à Narbonne, en avril 1214[175].

[Note 175: Pierre de Vaulx-Cernay a passé sous silence cette

réconciliation du comte de Toulouse avec l'Église, et les actes qui

s'ensuivirent.]

«Moi, Raimond, par la grâce de Dieu duc de Narbonne, comte de Toulouse

et marquis de Provence, m'offre moi-même à Dieu, à la sainte Église

romaine, et à vous, seigneur Pierre, par la même grâce, cardinal-diacre,

légat du saint-siége apostolique; et je vous livre mon corps, dans le

dessein d'exécuter et d'observer fidèlement de tout mon pouvoir tous les

ordres, quels qu'ils soient, que le seigneur pape et la miséricorde de

Votre Sainteté jugeront à propos de me donner. Je travaillerai

efficacement pour engager mon fils Raimond à se remettre entre vos

mains, avec toutes les terres qu'il possède, et à vous livrer son corps

et ses domaines, ou tout ce qu'il vous plaira de ces domaines, pour ce

sujet, afin qu'il observe fidèlement, suivant son pouvoir, l'ordre du

seigneur pape et le vôtre.»

L'autre acte est conçu en ces termes:

«Moi, Raimond, par la grâce de Dieu duc de Narbonne, etc., n'étant

contraint ni par force ni par fraude, vous offre librement, seigneur

cardinal, mon corps, avec tous les domaines que j'ai eus et possédés

autrefois, et que je confesse avoir entièrement donnés à mon fils

Raimond; savoir, la partie des domaines que je tiens, ou que d'autres

tiennent pour moi et de moi; en sorte que, si vous me l'ordonnez,

j'abandonnerai tous mes biens, je me retirerai auprès du roi

d'Angleterre ou dans tout autre endroit, où je demeurerai jusqu'à ce que

je puisse visiter le siége apostolique pour y demander grâce et

miséricorde. De plus, je suis prêt à vous remettre et à vos envoyés

toutes les terres que je possède; en sorte que tous mes domaines soient

soumis à la miséricorde et au pouvoir absolu du souverain pontife de

l'Église romaine et de vous; et si quelqu'un de ceux qui en tiennent une

partie pour moi et de moi refuse d'y consentir, je l'y contraindrai,

suivant votre ordre et mon pouvoir. Enfin je vous offre mon fils avec

tous les domaines qu'il possède, et que d'autres tiennent pour lui ou de

lui, et je l'expose à la miséricorde et aux ordres du seigneur pape et

aux vôtres, et j'agirai pour l'engager, lui et ses conseillers, à faire

la même promesse et à l'observer.»

Histoire de l'hérésie des Albigeois, et de la sainte guerre entreprise contre eux de l'an 1203 à  l'an 1218 · 第 117 / 144 题