Paris.--Soc. d’imp. PAUL DUPONT, 41, rue J.-J.-Rousseau. (Cl.)

Ce livre a pour but de montrer dans son fonctionnement caché un des

principaux instruments de la puissance prussienne: la police secrète.

Si le lecteur, obéissant aux sentiments de son honnête nature, est tenté

de mettre en doute la vérité et l’authenticité des révélations que nous

avons pu faire, grâce à des documents mis à notre disposition, qu’il

veuille bien se reporter à ce passage du discours prononcé le 9 mai

1884, c’est-à-dire il y a quelques jours seulement, au Reichstag

allemand, par M. de Puttkammer, ministre de l’intérieur, chef

hiérarchique et responsable de la police prussienne:

«_L’État_,--a dit M. de Puttkammer, après s’être moqué de la naïveté des

libéraux qui avaient attaqué certains procédés de la police[1],--_l’État

a le droit et le devoir d’user de moyens extraordinaires et à part_

(aussergewöhnliche), _quand il ne lui est pas possible de découvrir ou

de réprimer autrement les délits... Les faits cités par M. Richter_

(chef de l’opposition libérale) _ne lui donnent pas le droit de blâmer

la manière d’agir du gouvernement._

[1] M. Richter avait démontré qu’à Francfort la police avait employé

des gens tarés comme agents provocateurs.

«_Que ressort-il de ces faits? Que la police se sert d’individus d’une

moralité équivoque. C’est son devoir; et si le conseiller de police

Rumpf[2], cet honnête et estimable fonctionnaire, à usé de tels moyens,

je lui exprime ici publiquement ma satisfaction et mes remerciements._»

[2] Chef de la police secrète à Francfort.

La théorie ouvertement professée en plein Reichstag par Son Excellence

le Ministre de l’intérieur de Sa Majesté prussienne nous dispense d’en

dire davantage.

Nous n’ajouterons qu’un mot:

Notre livre est une œuvre d’histoire contemporaine et non un roman

inventé à plaisir. De tous les faits que nous citons, il n’en est pas un

seul qui n’ait ses pièces à l’appui.

La police secrète prussienne · 第 9 / 49 题