La netteté des transmissions téléphoniques est fort irrégulière; elle
dépend en grande partie des phénomènes électriques dont les
constructeurs cherchent à diminuer l'influence en réglant convenablement
la sensibilité des microphones et en apportant le plus grand soin dans
l'installation des fils conducteurs. Mais les modulations de la voix ont
aussi un rôle qui semble avoir jusqu'ici fort peu préoccupé les
constructeurs.
D'après le docteur Jules Glover, médecin du Conservatoire, ce rôle
aurait une grande importance, car le courant agit sur l'aimant récepteur
du téléphone, non point par son intensité propre, mais par ses
variations. On doit donc s'attacher à reproduire aussi exactement que
possible les variations de la voix.
Or, les vibrations sonores, en sortant du pharynx, arrivent au voile du
palais qui les dissocie en deux groupes plus ou moins inégaux: les unes
s'échappent par le nez, les autres par la bouche. La théorie indique dès
lors la nécessité de transmettre, avec une égale perfection, ces deux
groupes d'ondes sonores. Cette condition ne se trouve pas réalisée dans
les appareils actuels qui reçoivent seulement les ondes buccales.
Le docteur Glover a donc établi un transmetteur téléphonique se
distinguant des transmetteurs ordinaires en ce qu'il comprend deux
microphones de sensibilité différente, dans lesquels on parle
respectivement avec la bouche et avec le nez. L'appareil, présenté à
l'Académie des sciences par M. d'Arsonval, semble donner une
amplification sonore importante et une netteté de la voix
particulièrement précieuse dans les transmissions à longue distance.
Ajoutons que l'hygiène peut être assurée dans les postes publics au
moyen d'un dérouleur automatique permettant d'interposer, à chaque
communication, un papier fin entre le nez et la bouche et les
microphones.