DJÉNANE."

Malade, vaincue par la fièvre, la pauvre petite cloîtrée redevenait

quelqu'un de la plaine de Karadjiamir,--comme on redevient enfant. Et,

sous cet aspect, antérieur à l'étonnante culture dont elle était si

fière, André l'aimait davantage.

Cette fois encore, au petit mot de Djénane, il y avait un post-scriptum

de Mélek. Après des reproches sur la rareté de ses lettres toujours

courtes, elle disait:

"Nous admirons votre agitation, en vous demandant comment il faudrait

nous y prendre pour être agitées nous aussi, occupées, surmenées,

empêchées d'écrire à nos amis. Enseignez-nous le moyen, s'il vous plaît.

Nous au contraire, c'est tout le jour que nous avons le temps d'écrire,

pour notre malheur et pour le vôtre...

Les Désenchantées — Roman des harems Turcs contemporains · 第 79 / 119 题