DJÉNANE A ANDRÉ, LE LENDEMAIN

"Encore une fois sauvées! Nous avons eu de terribles difficultés au

retour; mais maintenant il fait calme dans la maison... Avez-vous

remarqué, en arrivant, comme notre Stamboul était beau?

Aujourd'hui la pluie, la neige fondue battent nos vitres, le vent glacé

joue de la flûte triste sous nos portes. Combien nous aurions été

malheureuses, si ce temps-là s'était déchaîné hier! A présent que notre

promenade est dans le passé et qu'il nous en reste comme le souvenir

d'un joli rêve, elles peuvent souffler, toutes les tempêtes de la Mer

Noire...

André, nous ne nous reverrons pas avant mon départ, les circonstances ne

permettent plus d'organiser un rendez-vous à Stamboul; c'est donc mon

adieu que je vous envoie, sans doute jusqu'au printemps. Mais voulez-

vous faire une chose que je vous demande en grâce? Dans un mois, quand

vous partirez pour la France, puisque vous comptez prendre les

paquebots, emportez un fez et choisissez la ligne de Salonique; on s'y

arrête quelques heures, et je sais un moyen de vous y rencontrer. Un de

mes nègres viendra vous porter à bord le mot d'ordre. Ne me refusez pas.

Que le bonheur vous accompagne, André, dans votre pays!...

Les Désenchantées — Roman des harems Turcs contemporains · 第 74 / 119 题