De l'Arithmétique.
Nous avons admiré les tables ingénieuses de Saunderson[13] & celles de
M. Weissenbourg;[14] & si nous n'avons adopté ni l'une ni l'autre des
deux méthodes, c'est que notre but étant de mettre sans cesse les
Aveugles en relation avec les clairvoyans, nous avons cru devoir
préférer la manière de ces derniers. Aussi lorsque nos Elèves calculent,
peut-on suivre pas à pas leur opération.
Nous leur avons fait faire à cet effet une planche percée de divers
rangs de trous quarrés, propres à recevoir des chiffres mobiles & des
barres pour séparer les différentes parties d'une opération.
Nous avons ajouté pour l'usage de cette planche une casse composée de 4
rangs de cassetins contenant toutes les figures propres au calcul, & qui
se place à droite de l'aveugle lorsqu'il opére.
La seule difficulté qui s'offroit, étoit de représenter toutes les
fractions possibles sans multiplier les caractères qui les expriment.
Nous avons imaginé de faire fondre 10 dénominateurs simples dans l'ordre
des chiffres 0, 1, 2, &c. jusqu'à 9 inclusivement; & 10 numérateurs,
simples aussi, dans le même ordre, mobiles, pour pouvoir s'adapter en
tête des dénominateurs. Au moyen de cette combinaison, il n'est pas de
fraction que nos Elèves ne puissent exprimer.
On voit par ce que nous venons de dire, que notre méthode a un double
avantage.
1º Un Père de famille, ou un Instituteur peuvent diriger facilement un
enfant aveugle dans l'étude des Calculs.
2º Cet aveugle une fois instruit, peut aussi conduire à son tour des
opérations d'Arithmétique, faites par un Enfant Clairvoyant.
Les Aveugles d'ailleurs ont une telle disposition pour le calcul, que
souvent nous les avons vu suivre une règle de tête seulement, & en
redresser les erreurs.