LES DÉGUISEMENTS

Berryer comprit aussitôt qu'il était avec des amis. Peut-être fût-il

resté quelque temps sans les reconnaître, si Nestor Mirliflor n'avait

fermé avec soin la porte d'entrée, fait tomber les rideaux sur la

fenêtre, et, alors, retiré sa fameuse barbe noire.

--Vous! de Puiseux!

--De Puiseux! moi? vous plaisantez, monsieur Berryer! Je ne suis que

Nestor Mirliflor, frère cadet de Ulysse Mirliflor! Mirliflor junior,

Nestor Mirliflor junior.

Nos lecteurs ont déjà reconnu, sans doute, le frère aîné, grave et

triste toujours, et qui portait sur son visage une ombre de mélancolie

profonde. C'était le marquis de Kardigân.

--Cher monsieur, dit Henry de Puiseux au grand orateur, Madame vous

recevra dans une heure seulement. Donc, jusque-là, nous avons

parfaitement le temps de causer un peu. Laissez-nous vous raconter en

quelques mots notre histoire. Cela nous servira d'excuse pour la comédie

que nous venons de jouer...

--Et où vous m'avez donné un rôle, dit Berryer en riant.

--Faut-il vous expliquer, pourquoi? Je dois d'abord vous déclarer que

j'ai agi malgré M. de Kardigân. Mais je lui ai prouvé que c'était une

épreuve nécessaire à laquelle nous n'avions pas le droit de vous

refuser... Si vous, vous ne nous reconnaissiez pas, qui donc nous

reconnaîtrait à Nantes?

Un bruit de pas se fit entendre à la porte. Puis trois coups furent

frappés à intervalles inégaux. C'était un signal. Henry courut et

ouvrit.

Le nouveau venu portait une ample redingote qui tombait sur ses talons.

--Monsieur Berryer, voici également un des nôtres, continua le jeune

homme. Je l'attendais, car il va nous renseigner sur certaines menées

dont j'ai peur.

C'était Aubin Ploguen, Aubin, le héros sublime de tant de grandes

actions.

--Mais, d'abord, reprit Henry de Puiseux, voici ce qui se passe. Il y a

un mois et demi, M. le marquis de Kardigân et moi nous sommes revenus de

Londres, suffisamment déguisés pour qu'on ne nous reconnût pas. Nous

avons acheté cette maison. Savez-vous pourquoi nous nous sommes affublés

de ce nom grotesque de Mirliflor? C'est uniquement parce que jamais ce

nom-là ne pourra passer inaperçu. Comment voulez-vous supposer que des

gens soient assez fous, voulant se cacher, pour s'appeler Mirliflor?

--C'est assez bien raisonné, dit en souriant Berryer.

--Nous voici donc à la tête d'une maison meublée, M. le marquis de

Kardigân et moi. Il fallait songer à nous pourvoir de locataires, ces

locataires, en voici un. Vous avez entendu parler du chouan Ploguen, de

ce paysan légendaire qui valait presque une armée à lui tout seul? Le

voilà!

Berryer tendit silencieusement la main à Aubin, qui la serra.

Le signal se répéta à la porte. Henry de Puiseux renouvela son manège.

Un des autres bourgeois parut:

--Voici un second locataire, continua Henry en riant... Vous avez

entendu parler aussi, monsieur Berryer, de ce vieux Gouësnon, qui ne

sachant lire que dans son missel grossier, est toujours resté fidèle à

la croyance des anciens Bretons? Gouësnon, comme Aubin, comme ce gars,

grotesque lui aussi, sous son nom de Damoiseau, et sa mine idiote, comme

trois autres encore, nous attendons ici que Son Altesse Royale ait

besoin de nous!

Berryer était fort ému. Son regard se porta sur Jean-Nu-Pieds: il avait

peine à le reconnaître. Le jeune homme avait ôté sa fausse barbe et sa

perruque grise. Il avait vieilli de vingt ans depuis que le grand

orateur l'avait vu pour la première fois.

--Ah! pourquoi tous les royalistes de France ne sont-ils pas comme vous,

messieurs! dit tristement Berryer. Quand la plupart de ceux qui

combattaient naguère à l'ombre de notre drapeau croient tout fini et

restent immobiles ou indifférents, vous, toujours fidèles, toujours à

votre poste, vous ne désertez pas votre cause un instant!

--Notre cause est éternelle, dit gravement Jean. Donc notre devoir

aussi.

--Tenez! je vous admire encore plus, sous ce déguisement ridicule, que

sous votre harnais militaire! s'écria Berryer.

Il ajouta après un silence:

--Qu'est-ce que vous aviez à nous dire, Aubin?

--On veut introduire un espion ici, dit le chouan,

--Qui?... on.

--L'autorité de la ville.

--En es-tu sûr? dit Henry,

--Très-sûr. Le commissaire central s'est adressé à l'un des locataires

de la maison, et lui a promis une somme d'argent, s'il consentait à lui

transmettre une note sur tous les habitants.

--Quel est ce locataire? demanda naïvement Jean-Nu-Pieds.

Pour la première fois, depuis bien longtemps, un sourire plissa la lèvre

du paysan.

--Moi, dit-il.

--Ils sont bien tombés!

--Ne ris pas, de Puiseux, reprit Jean-Nu-Pieds. Il y a peut-être un

danger là-dessous. Pour faire surveiller cette maison, il faut qu'on ait

des soupçons.

--Et après? Monsieur Berryer, dit Henry, vous allez voir Son Altesse.

J'ignore ce que vous allez lui dire, mais assurez nos amis de Paris que

la sûreté de notre reine ne court aucun danger.

--Messieurs, elle est sous votre garde. Je suis tranquille. Comment

vais-je pouvoir me rendre auprès d'elle?

--Venez!

Jean-Nu-Pieds, Gouësnon et Aubin Ploguen restèrent dans la chambre.

Henry prit la main de Berryer, et le guida à travers les escaliers de la

maison.

Arrivé au rez-de-chaussée qui, on se le rappelle, faisait partie de ce

que les deux amis se réservaient, M. de Puiseux tira une grosse clef de

sa poche, et ouvrit la porte de la cave.

--Où me conduisez-vous donc, par un pareil chemin?

--Attendez.

Cinq marches de pierre presque effondrées descendaient dans un long

couloir rempli de tonnes de vin et de débris de bouteilles. Un air

humide faisait trembler la mèche de la lanterne.

Henry de Puiseux avança lentement jusqu'au bout du couloir et s'arrêta

devant une seconde porte.

--Voici la cave au charbon! dit-il en riant.

«Le caveau au charbon,» ainsi que l'appelait Henry, donnait à son tour

dans une autre cave.

--Celle-là renferme du bois!

Une troisième porte fut ouverte.

Henry avait eu soin de fermer hermétiquement derrière lui toutes les

diverses issues qu'ils venaient de franchir. Il compta les pierres qui

formaient la muraille. Quand il en fut à la cinquième, il mit la main

sur un clou presque imperceptible, et appuya fortement. Aussitôt la

pierre tourna sur elle-même, livrant passage dans un corridor étroit. La

lanterne jetait une faible lueur.

--Où sommes-nous ici? demanda Berryer.

--Ah! c'est mon secret, répliqua Henry.

Au lieu d'aller droit, le corridor semblait creusé en biais. Après une

marche qui dura environ cinq minutes, les deux hommes trouvèrent une

porte en face d'eux. Henry de Puiseux prit une quatrième clef et

l'ouvrit.

--Montez, dit-il.

Berryer obéit. Il se trouva dans une pièce fermée. Il allait passer

outre.

--Encore un mot, continua Henry, mais cette fois d'une voix grave. Vous

venez de passer en revue tout notre arsenal de conspirateurs. Vous avez

pu juger par vous-même, de tous les moyens de défense que nous avons.

Chacune de ces barriques contient de la poudre ou des balles. Dans une

armoire sont cinquante fusils. En votre âme et conscience, jugez-vous

que Madame soit en sûreté?

--Mais où est-elle?...

--Ici même.

--Quoi!...

--Notre maison et la sienne communiquent par les caves. Si je vous l'ai

caché jusqu'à présent, c'est que je comptais bien me servir de votre

surprise pour arracher une promesse.

--Laquelle?

--Le comité royaliste de Paris vous a envoyé ici pour que vous puissiez

décider Son Altesse à retourner en Angleterre.

--Vous savez...

--M. de Kardigân et moi nous le savions. Maintenant que vous savez que

tout danger est écarté de cette tête auguste, décidez! Vous nous avez

crus endormis, à Paris, vous avez cru que, satisfaits d'avoir accompli

notre devoir pendant la guerre, nous ne pensions plus à défendre Celle

qui s'est confiée à notre loyauté? Vous vous étiez trompé, monsieur

Berryer. Nous vivons toujours pour le devoir! Que le danger arrive, et

nous sommes là-bas, dans cette maison que vous venez de quitter, dix ou

douze chouans, déguisés de façon grotesque et prêts à mourir ici comme

en Vendée!... Allez, monsieur Berryer, allez dire à Madame de rendre

tous nos travaux inutiles, tous nos efforts vains, toutes nos fatigues

superflues... Allez!

Avant que Berryer ait eu le temps de répondre, une petite porte s'était

ouverte et une voix féminine dit:

--Venez, cher monsieur Berryer, je vous attends..

* * * * *

Une demi-heure plus tard, Berryer s'en retournait par le même chemin.

Que s'était-il dit entre lui et Son Altesse? Nous l'ignorons. Mais

Madame avait refusé de partir.

À peu près à la même heure, Deutz obtenait du préfet l'ordre

d'arrestation du grand orateur.

Madame avait refusé de quitter Nantes. Elle considérait que là était son

poste et qu'elle ne devait pas le quitter.

Berryer, au fond du coeur, préférait que la princesse n'abandonnât pas

ses amis, ses serviteurs. Les paroles de Henry de Puiseux l'avaient

touché. Il reconnaissait, à part lui, que le comité supérieur de Paris

ne pouvait pas juger sainement la situation, éloigné comme il l'était du

théâtre du drame vendéen.

--Eh bien! lui demanda Henry, pendant que tous les deux traversaient de

nouveau les caves, qui reliaient l'une à l'autre les deux maisons de la

rue Haute-du-Château.

--Eh bien, mon cher monsieur de Puiseux, vous avez gain de cause.

--Madame reste?

--Oui.

--Merci. Parce que si vous aviez voulu que Son Altesse partît, votre

éloquence irrésistible aurait su la convaincre!...

Ils arrivaient à la maison garnie des frères Mirliflor.

--Avouez que c'eût été dommage de ne pas profiter de tout cela! s'écria

Henry, en riant. Tant d'inventions spirituelles en pure perte! M. de

Kardigân et moi nous sommes revenus de Londres, après avoir bien étudié

le fort et le faible. Comment nous y prendrions-nous pour rentrer à

Nantes sans qu'on en sût rien. Ah! le plus difficile, monsieur Berryer,

ce n'était pas de pouvoir vivre ici cachés: c'était de pouvoir être

encore utiles à Madame.

Ils étaient remontés dans la chambre même où les déguisements s'étaient

révélés au grand orateur. Jean-Nu-Pieds et Aubin Ploguen les

attendaient.

--Victoire! dit Henry, Madame reste.

--Et moi, je pars, répliqua tristement Berryer.

--Déjà!

--Il faut que je sois dans quatre jours à Bordeaux, et dans huit à

Poitiers. Mais ce qui m'attriste, en m'éloignant d'ici, c'est moins de

vous quitter, mes chers amis, que d'abandonner votre héroïque dévouement

pour retrouver l'indifférence honteuse des nôtres à Paris. Je commence à

croire que là-bas nous ne voyons pas la vérité.

Tout est possible à une cause qui est défendue par tant de serviteurs

comme vous!

Une muette pression de mains fut la réponse des deux jeunes gens.

La nuit était assez avancée. Berryer se coucha, et le lendemain matin,

dès l'aube, il monta en chaise de poste et partit. Jean-Nu-Pieds suivit

longtemps du regard la voiture qui emportait l'homme illustre en qui,

plus tard, devaient se personnifier les espérances de la Monarchie.

Le marquis de Kardigân, depuis que nous l'avons quitté sur le pont du

_Wellington_, n'avait pas seulement vieilli au physique. Son

intelligence, mûrie par les coups terribles de la destinée, avait fait

de lui, qui était déjà un homme remarquable, un homme héroïque, presque

un homme de génie. La douleur est la pierre de touche. C'est

l'éprouvette humaine. Elle écrase les faibles, mais elle grandit les

forts. Pas une seule fois le nom de Fernande n'avait été prononcé entre

ses amis et lui. Pas une seule fois Henry ou Aubin n'avait fait allusion

au passé. On eût dit que c'était une lettre morte.

Chaque soir, quand il se retirait dans sa chambre, il se plongeait dans

l'étude. Sur la petite table de bois blanc qui touchait à sa fenêtre, on

voyait entassés les livres que les siècles nous ont légués, comme s'ils

renfermaient la quintessence de ce qu'ils avaient de bon. _Don

Quichotte_ touchait la _Bible_ et les _Confessions de Saint-Augustin_

coudoyaient l'_Iliade_.

Quelquefois une phrase, une pensée venaient rappeler dans un de ces

livres, la souffrance cachée qui rongeait le coeur du jeune homme. Alors

il fermait les yeux comme s'il eût voulu s'abîmer dans son souvenir. Son

souvenir!

Ce sont les Grecs qui ont créé cette légende navrante de Prométhée, qui,

secoué éternellement à sa roue par le flot montant, se débat sous les

serres d'un vautour qui lui dévore le foie. N'est-ce pas là l'image de

la souffrance humaine à laquelle l'homme ne peut pas résister, et qui

enfonce dans son âme le bec acéré du souvenir?

Henry de Puiseux avait été quelque temps, avant de pouvoir se faire à la

comédie qui changeait en ridicules les élégants gentilshommes vendéens.

Il revenait sans cesse au passé, et se trompait. Jean, au contraire,

semblait éprouver une amère joie à ce déguisement inspiré par son

dévouement. Il souhaitait que cette vie continuât. Elle le laissait seul

avec lui-même. Peut-être espérait-il arriver à se convaincre qu'il ne

jouait pas un rôle, et qu'il était bien réellement cet Ulysse Mirliflor

dont le nom grotesque excitait à chaque instant la gaieté de Henry.

Qui sait? Sans doute regrettait-il que le sort ne l'eût pas fait naître

dans une aussi humble position, au lieu de le combler de tous ses dons.

Il aurait été certes plus heureux que né avec d'autres besoins, par

conséquent, d'autres souffrances.

Après le départ de Berryer, la vie recommença rue Haute-du-Château,

comme par le passé. Les jours s'ajoutaient aux jours; ils n'avaient, ni

les uns ni les autres, reçu aucune nouvelle de l'illustre voyageur.

Seul, Aubin Ploguen semblait changé. En vérité, le Breton n'était plus

le même. Tous les matins, il lui arrivait une lettre. Cette lettre

contenait une ligne. Du 6 octobre, jour du départ de Berryer, au 12,

époque à laquelle nous sommes parvenus, Aubin reçut six lettres. Les

voici dans leur mystérieuse laconité:

1° Maladie grave, inflammation de poitrine;

2° Beaucoup de mieux;

3° Le mieux se continue;

4° Aggravation, nuit mauvaise;

5° Autre nuit mauvaise;

6° De plus mal en plus mal.

Or, le caractère d'Aubin variait avec les lettres qui étaient reçues.

Quand arriva la première, Aubin se frotta joyeusement les mains; à la

seconde, il fut triste, et ainsi de suite. Quand la nouvelle était

bonne, Aubin était ennuyé; par contre lorsque la nouvelle était

mauvaise, Aubin était enchanté.

Si Henry ou Jean avaient su quelles étaient ces correspondances

entretenues avec tant de soin par le Breton, ils n'auraient pas manqué

d'être fort intrigués. Il est vrai que Ploguen ne leur aurait jamais

avoué la vérité. C'était un secret. Mais quel secret?

Cependant, rien ne faisait prévoir que l'autorité nantaise dût, un jour

ou l'autre, découvrir la retraite de Madame. On avait même renoncé à

laisser pénétrer chez elle ses plus intimes amis. Seul, M. de Charette

faisait exception à la loi commune. Quant à Jean et à Henry, ils se

rendaient chez Madame, en passant par le corridor souterrain.

--Cet homme, qui se disait envoyé par le comité de Paris, est-il revenu

encore? demanda un soir le marquis à Henry.

--Non. C'est du nommé Deutz que tu parles, n'est-ce pas?

--Oui.

--Je crois que nous avons bien fait de refuser l'audience sollicitée par

lui.

--Le filleul de Madame, pourtant!

--Peu importe! dans la situation où nous sommes, avec la responsabilité

qui pèse sur nous...

--Tu as raison, d'ailleurs l'ordre de M. de Charette est formel. Et

c'est nous qui, les premiers, devons donner au chef l'exemple de

l'obéissance.

Henry interrompit son ami. Ils passaient en ce moment devant la boutique

où trônait, aux derniers feux du soleil couchant, Mme Ravine,

l'épicière, la belle madame Ravine, soleil couchant elle-même.

--Ma foi! je ne suis pas en train ce soir, dit Henry tout bas.

Laisse-moi m'amuser un peu.

Il entraîna son ami devant la boutique.

--Eh! bonjour donc! ma'me Ravine! dit Henry en s'inclinant.

--Bonsoir plutôt, monsieur Mirliflor junior, je suis la vôtre.

--Toujours belle! riposta Henry.

Puis, il posa délicatement une prise de tabac sur le haut de sa main.

--A propos, dit la belle épicière, vous savez la nouvelle?

--Quelle nouvelle?

--M. Berryer est arrêté.

Il fallut aux deux jeunes gens une grande puissance sur eux-mêmes pour

ne pas jeter un cri. De Puiseux serra fortement le bras de Jean. Puis,

il ajouta:

--Bon tabac!--Voulez-vous me prêter votre journal?

--Volontiers.

Ce soir-là, Henry, _alias_ Nestor Mirliflor, ne fit pas une bien longue

visite à madame Ravine. Il avait hâte d'entraîner Jean.

Dès qu'ils furent rentrés chez eux, ils ouvrirent le journal qui

contenait le procès-verbal suivant:

«Le 10 octobre de l'an 1832, vers une heure du matin, nous, Martin

(Édouard-Louis), brigadier, Camus (Napoléon), Durand (Jean-Baptiste) et

Jannet (Joseph), gendarmes soussignés;

Certifions qu'en vertu des ordres de nos chefs supérieurs, nous nous

sommes transportés sur la route qui conduit de la ville d'Angoulême à

celle de Cognac, pour rechercher et arrêter le nommé Berryer, député;

L'ayant rencontré, nous nous sommes assurés de sa personne, et l'avons

conduit devant M. le préfet de la Charente, lequel nous a délivré

l'ordre de le conduire de brigade en brigade devant M. le préfet de la

Loire-Inférieure à Nantes.

Jean-nu-pieds, Vol. 2 chronique de 1832 · 第 86 / 112 题