_Lettre que m'adresse un ingénieur roumain._
Ici, nous savons de façon certaine que pendant cette guerre, les alliés
ont massacré non seulement les populations musulmanes, mais aussi de
tranquilles populations roumaines. Ils ont fermé les églises et les
écoles roumaines, ont brûlé les livres et les évangiles écrits en
roumain, ont emprisonné et tué les prêtres et les instituteurs roumains.
Les tortures subies par ces malheureux sont inouïes. L'instituteur
roumain Démètre Cicina (lisez Tjicina), le directeur des écoles de
Turia, a été appelé par lettre officielle et tué d'une manière atroce;
on lui a coupé d'abord la langue, ensuite on lui a arraché les cheveux,
puis on lui a coupé chaque veine du corps. Le cadavre de ce malheureux a
été jeté sur les bords d'une rivière à la proie des chiens vagabonds.
La veuve et les enfants de notre martyr se trouvent à Bukarest, et on
peut leur faire demander les récits de ces atrocités par une personne
digne de foi, par exemple M. le ministre français résidant à Bukarest...
etc... etc.
A Klebi-Cliscera, les Grecs ont incendié 250 maisons roumaines et
l'église roumaine Saint-Nicolas. Les écoles roumaines ont été incendiées
aussi. Les Roumains: George Galbadjari, N. Maugrosi et Caracuta ont été
tués.