_Lettre que m'adresse un ingénieur en chef français._
Combien vous avez raison d'élever la voix en faveur de cette race si
belle et si bonne: les Turcs! Je parle leur langue, j'ai vécu douze ans
parmi eux en Macédoine, en Anatolie, en Arabie. Si tant est que les
vertus indiquent et distinguent la religion des hommes, en Orient, le
meilleur chrétien, c'est le Turc.
Comme vous j'ai souffert des ignominies légendaires répandues comme à
plaisir sur nos pauvres amis; mes yeux se sont mouillés des malheurs
immérités qui les frappent. J'ai essayé d'élever la voix après votre
premier appel; mais, bien entendu, aucun journal n'a accueilli mes
plaintes. Néanmoins j'essaierai encore, avec ardeur, presque avec
colère. Le ressentiment que j'éprouvais contre mes semblables a été
calmé par votre livre, il m'a semblé être moi-même alors moins
impuissant.