_Lettre que m'adresse un Turc de Constantinople._
Notre coeur saigne à la pensée que, dans notre malheur, l'insulte nous
vienne de cette noble France que nous avons appris à aimer dès notre
plus tendre enfance, au foyer maternel d'abord, puis à l'école française
installée dans nos villes et nos villages; c'est avec votre littérature
que nous ne cessons de nourrir notre intelligence. Eh bien! monsieur,
vous ne le croiriez pas; malgré les insultes du _Temps_ et d'un grand
nombre de vos journaux, nous ne pouvons cesser d'aimer la France, notre
seconde patrie, et la pensée qu'en cas de guerre avec l'Allemagne elle
pourrait être de nouveau vaincue, me plongerait dans la douleur et la
tristesse comme cela m'arrive pour mon propre pays.