Différence entre la connaissance de Dieu et celle des hommes.
Nous voyons donc toutes vos créatures, parce qu’elles sont; et au
rebours, elles sont, parce que vous les voyez. Et nous voyons, au
dehors, qu’elles sont; intérieurement, qu’elles sont bonnes. Mais vous,
vous les voyez faites, là où vous les avez vues à faire. Aujourd’hui,
nous sommes portés à faire le bien que notre cœur a conçu par votre
esprit; hier, loin de vous, le mal nous entraînait. Mais vous, ô Dieu,
l’unique et souveraine bonté, jamais vous n’avez cessé de faire le bien.
L’œuvre que votre grâce accomplit en nous n’est pas éternelle; elle nous
donne l’espoir de l’éternel repos dans la gloire de votre
sanctification. Mais vous, le seul bien qui n’a besoin de nul autre,
vous ne sortez jamais de votre repos; votre repos, c’est vous-même.
Et l’homme peut-il donner à l’homme l’intelligence de ces mystères de
gloire, l’ange à l’ange, ou l’ange à l’homme? Non; c’est à vous qu’il
faut demander, c’est en vous qu’il faut chercher, c’est à vous-même
qu’il faut frapper; ainsi, ainsi l’on reçoit, ainsi l’on trouve, ainsi
l’on entre.
Ainsi soit-il.