Notre renouvellement n’est jamais parfait en cette vie.
Et nous ne sommes encore lumière que par la foi, et non par la claire
vue. «Car notre salut est en espérance; or, l’espérance qui se voit
n’est plus espérance[304]». C’est encore «un abîme qui appelle un
abîme», mais désormais par la voix de vos cataractes. Il est encore
abîme, celui qui dit: «Je n’ai pu vous parler comme à des êtres
spirituels, mais comme à des êtres charnels». Et lui-même reconnaît
qu’il n’a pas encore touché le but, «et oubliant tout ce qui est
derrière, il tend à ce qui est devant lui»; il gémit sous le fardeau du
malheur, et «son âme est altérée du Dieu vivant, comme le cerf
soupire après l’eau des fontaines»; et il s’écrie: «Oh! quand
arriverai-je[305]»? Et il aspire à être revêtu de sa céleste demeure, et
il appelle les ténèbres de l’abîme inférieur et leur dit: «Ne vous
conformez pas au siècle, mais réformez-vous dans le renouvellement de
l’esprit. Ne soyez pas comme les enfants sans intelligence; mais, comme
les plus petits d’entre eux, soyez sans malice, pour arriver à la
perfection de l’esprit[306]».
[304] Rom., VIII, 24.
[305] Ps. XLI, 8; I Cor., III, 1; Philip., III, 13; Ps. XLI, 2, 3.
[306] II Cor., V, 2; Rom., XII, 2; I Cor., XIV, 20.
«O Galates insensés! s’écrie-t-il, qui vous a donc fascinés»? Mais ce
n’est plus sa voix, c’est la vôtre qui retentit; la vôtre, ô Dieu, qui
du haut des cieux avez fait descendre votre Esprit par celui qui, monté
dans les cieux, a ouvert les cataractes de ses grâces, «afin qu’un
fleuve de joie inondât votre cité sainte». «C’est après elle que soupire
ce fidèle ami de l’époux», qui possède déjà les prémices de l’esprit;
mais «il gémit encore dans l’attente de l’adoption céleste, qui doit
affranchir son corps»; il soupire après la patrie. Il est membre de
l’épouse du Christ, il est jaloux pour elle, il est l’ami de l’époux, et
il est jaloux, non pour soi, mais pour lui; et ce n’est point par sa
voix, mais par celle de vos torrents, qu’il appelle à lui cet autre
abîme, objet de sa sainte jalousie. Il craint «que le serpent, dont la
ruse séduisit Ève, ne nous détourne de cette chasteté spirituelle que
nous devons à notre époux, votre Fils unique[307]». Oh! quelle sera la
splendeur de sa lumière, lorsque «nous le verrons tel qu’il est», et
qu’elles seront taries, «toutes ces larmes qui sont le pain de mes jours
et de mes nuits; car on ne cesse de me dire: Où est ton Dieu[308]»?
[307] Galat., III, 1; Act., II, 2; Ps. XLV, 5; Rom., VIII, 23; Joan.,
III, 19; II Cor., II, 3.
[308] Joan., III, 2; Ps. LXI, 4.