XXXII

Tous les sens véritables prévus par le Saint-Esprit.

Enfin, Seigneur, qui n’êtes pas chair et sang, mais Dieu, si l’homme n’a

pas tout vu, votre Esprit-Saint, «mon guide vers la terre des

vivants[291]», pouvait-il ignorer tous les sens de ces paroles dont vous

deviez briser les sceaux dans l’avenir, quand même votre interprète ne

les eût entendues qu’en l’un des sens véritables qu’elles admettent? Et,

s’il est ainsi, la pensée de Moïse est sans doute la plus excellente.

Mais, ô mon Dieu, ou faites-nous la connaître, ou révélez-nous cette

autre qu’il vous plaira, et, soit que vous nous découvriez le même sens

que vous avez dévoilé à votre serviteur, soit qu’à l’occasion de ces

paroles, vous en découvriez un autre, que votre vérité soit notre

aliment et nous préserve d’être le jouet de l’erreur.

[291] Ps. CXLII, 10.

Est-ce assez de pages, Seigneur mon Dieu, en est-ce assez sur ce peu de

vos paroles? Et quelles forces et quel temps suffiraient à un tel examen

de tous vos livres? Permettez-moi donc de resserrer les témoignages que

j’en recueille à la gloire de votre nom; que, dans cette multiplicité de

sens qui se sont offerts et peuvent s’offrir encore à ma pensée, votre

inspiration fixe mon choix sur un sens vrai, certain, édifiant; afin

que, s’il m’arrive de rencontrer celui de votre antique ministre, but où

mes efforts doivent tendre, cette fidèle confession vous en rende

grâces; sinon, permettez-moi du moins d’exprimer ce que votre vérité

voudra me faire publier sur sa parole, comme elle lui a inspiré à

lui-même la parole qui lui a plu.

Les confessions de saint Augustin, évêque d'Hippone: précédées de sa vie par S. Possidius, évêque de Calame... ; traduction nouvelle par L. Moreau · 第 252 / 306 题