Tous les sens véritables prévus par le Saint-Esprit.
Enfin, Seigneur, qui n’êtes pas chair et sang, mais Dieu, si l’homme n’a
pas tout vu, votre Esprit-Saint, «mon guide vers la terre des
vivants[291]», pouvait-il ignorer tous les sens de ces paroles dont vous
deviez briser les sceaux dans l’avenir, quand même votre interprète ne
les eût entendues qu’en l’un des sens véritables qu’elles admettent? Et,
s’il est ainsi, la pensée de Moïse est sans doute la plus excellente.
Mais, ô mon Dieu, ou faites-nous la connaître, ou révélez-nous cette
autre qu’il vous plaira, et, soit que vous nous découvriez le même sens
que vous avez dévoilé à votre serviteur, soit qu’à l’occasion de ces
paroles, vous en découvriez un autre, que votre vérité soit notre
aliment et nous préserve d’être le jouet de l’erreur.
[291] Ps. CXLII, 10.
Est-ce assez de pages, Seigneur mon Dieu, en est-ce assez sur ce peu de
vos paroles? Et quelles forces et quel temps suffiraient à un tel examen
de tous vos livres? Permettez-moi donc de resserrer les témoignages que
j’en recueille à la gloire de votre nom; que, dans cette multiplicité de
sens qui se sont offerts et peuvent s’offrir encore à ma pensée, votre
inspiration fixe mon choix sur un sens vrai, certain, édifiant; afin
que, s’il m’arrive de rencontrer celui de votre antique ministre, but où
mes efforts doivent tendre, cette fidèle confession vous en rende
grâces; sinon, permettez-moi du moins d’exprimer ce que votre vérité
voudra me faire publier sur sa parole, comme elle lui a inspiré à
lui-même la parole qui lui a plu.