L’Écriture veut être interprétée en esprit de charité.
Que la vérité même établisse l’union entre tant d’opinions de vérité
différente! Que la miséricorde du Seigneur nous permette «de faire un
légitime usage de la loi, en la rapportant au précepte de l’amour[290]»!
Ainsi donc, si l’on me demande quel est, suivant moi, le sens de Moïse,
ces pages ne seraient point d’humbles confessions, si je n’avouais avec
sincérité ce que j’ignore. Et je sais pourtant que toutes ces opinions
sont vraies, sauf ces pensers charnels, dont j’ai parlé. Et ceux qui
tombent dans ces pensers sont néanmoins du nombre de ces petits
d’heureuse espérance qui ne s’effarouchent pas des paroles sacrées; ces
paroles si sublimes dans leur humilité, si prodigues dans leur
parcimonie.
[290] I Tim., I, 5.
Pour nous, qui, j’ose le dire, n’interprétons le texte saint que suivant
la vérité, si c’est pour elle-même et non pour la vanité de nos
sentiments que notre cœur soupire, aimons-nous mutuellement; aimons-nous
en vous, ô Dieu, source de vérité, et honorons votre serviteur, oracle
de votre Esprit, dispensateur de vos Écritures; et que notre vénération
nous préserve de douter qu’en les écrivant sous votre dictée, il n’ait
aperçu les lumières les plus vives et les fruits les meilleurs.