On peut donner plusieurs sens à l’écriture.
J’écoute, je pèse ces opinions; mais loin de moi toute dispute. «La
dispute n’est bonne qu’à ruiner la foi des auditeurs[285]», tandis que
la loi édifie ceux qui en savent le bon usage; son but est l’amour qui
naît d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère, et le
divin maître n’ignore pas quels sont «les deux commandements où il a
réduit la loi et les prophètes[286]». Que m’importe donc, ô mon Dieu, ô
lumière de mes yeux intérieurs, que m’importe, tant que mon amour
confesse votre gloire, que ces paroles soient susceptibles
d’interprétations différentes? Que m’importe, dis-je, qu’un autre tienne
pour le sens vrai de Moïse un sens étranger au mien? Nous cherchons
tous, dans la lecture de ces livres, à pénétrer et à comprendre la
pensée de l’homme de Dieu, et le reconnaissant pour véridique,
oserions-nous lui attribuer ce que nous savons ou croyons faux? Ainsi
donc, tandis que chacun s’applique à trouver l’intention de l’auteur
inspiré, où est le mal, si à votre clarté, ô lumière des intelligences
sincères, je découvre un sens que vous me démontrez véritable, quoique
ce sens ne soit pas le sien, et, malgré cette différence, laisse le sien
dans toute sa vérité?
[285] II Tim., II, 14.
[286] Matth., XXII, 40.