II

Deux sortes de cieux.

L’humilité de ma langue confesse à votre majesté sublime que vous avez

fait le ciel et la terre; ce ciel que je vois, cette terre que je foule,

et dont vous avez façonné la terre que je porte avec moi. Mais,

Seigneur, où est ce ciel du ciel dont le Psalmiste parle ainsi: «Le ciel

du ciel est au Seigneur, et il a donné la terre aux enfants des

hommes[276]»? Où est ce ciel invisible, auprès duquel le visible n’est

que terre? Car cet ensemble matériel n’est pas revêtu dans toutes ses

parties d’une égale beauté, et surtout aux régions inférieures dont ce

monde est la dernière. Mais à l’égard de ce ciel des cieux, les cieux de

notre terre ne sont que terre. Et l’on peut affirmer sans crainte que

ces deux grands corps ne sont que terre par rapport à ce ciel inconnu

qui est au Seigneur, et non aux enfants des hommes.

[276] Ps. CXIII, 16.

Les confessions de saint Augustin, évêque d'Hippone: précédées de sa vie par S. Possidius, évêque de Calame... ; traduction nouvelle par L. Moreau · 第 224 / 306 题