[Résumé]
Google lance Google Print en mai 2005, en partenariat avec des éditeurs
et des bibliothèques. Trois mois plus tard, Google Print est suspendu
pour une durée indéterminée suite au conflit opposant Google aux
associations américaines d'auteurs et d'éditeurs, qui lui reprochent de
numériser les livres sans l'accord préalable des ayants droit. Le
programme reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google
Livres). La numérisation des fonds de grandes bibliothèques se
poursuit, tout comme les partenariats avec les éditeurs qui le
souhaitent. Le conflit avec les associations d'auteurs et d'éditeurs se
poursuit lui aussi, puisque Google continue de numériser des livres
sous droits sans l'autorisation préalable des ayants droit, en
invoquant le droit de citation pour présenter des extraits sur le web.
Un accord entre les deux parties est proposé par Google en octobre 2008
pour tenter de mettre fin aux actions légales menées à son encontre.
***
Google décide de mettre son expertise au service du livre et lance
Google Print en mai 2005 avant de le rebaptiser Google Books en août
2006.
# Google Print
Le lancement de Google Print en mai 2005 est précédé de deux étapes.
En octobre 2004, Google met sur pied la première partie de son
programme Google Print, établi en partenariat avec les éditeurs pour
pouvoir consulter à l’écran des extraits de livres, puis commander les
livres auprès d’une librairie en ligne.
En décembre 2004, Google met sur pied la deuxième partie de son
programme Google Print, cette fois à destination des bibliothèques. Il
s’agit d’un projet de bibliothèque consistant à numériser les livres
appartenant à plusieurs grandes bibliothèques partenaires, à commencer
par la bibliothèque de l’Université du Michigan (dans sa totalité, à
savoir 7 millions d’ouvrages), les bibliothèques des Universités de
Harvard, de Stanford et d’Oxford, et celle de la ville de New York. Le
coût estimé au départ se situe entre 150 et 200 millions de dollars US,
avec la numérisation de 10 millions de livres sur six ans et un
chantier d'une durée totale de dix ans.
En août 2005, soit trois mois après son lancement, Google Print est
suspendu pour une durée indéterminée suite à un conflit grandissant
avec les associations américaines d'auteurs et d'éditeurs, celles-ci
reprochant à Google de numériser des livres sans l'accord préalable des
ayants droit.
# Google Books
Le programme reprend en août 2006 sous le nom de Google Books (Google
Livres), qui permet de rechercher les livres par date, titre ou
éditeur. La numérisation des fonds de grandes bibliothèques se
poursuit, tout comme des partenariats avec les éditeurs qui le
souhaitent.
Les livres libres de droit sont consultables à l’écran en texte
intégral. Leur contenu est copiable et l’impression est possible page à
page. Ces livres sont téléchargeables sous la forme de fichiers PDF
imprimables dans leur entier. Les liens publicitaires associés aux
pages de livres sont situés en haut et à droite de l’écran, comme
partout dans Google.
Le conflit avec les associations d'auteurs et d'éditeurs se poursuit,
puisque Google continue de numériser des livres sous droits sans
l’autorisation préalable des ayants droit, en invoquant le droit de
citation pour présenter des extraits sur le web. L’Authors Guild et
l’Association of American Publishers (AAP) invoquent pour leur part le
non respect de la législation relative au copyright pour attaquer
Google en justice.
Fin 2006, d'après le buzz médiatique, Google scannerait 3.000 livres
par jour, ce qui représenterait un million de livres par an. Le coût
estimé serait de 30 dollars par livre. Google Books comprendrait déjà 3
millions de livres. Tous chiffres à prendre avec précaution, la société
ne communiquant pas de statistiques à ce sujet.
À l’exception de la New York Public Library, les premières
bibliothèques numérisées sont toutes des bibliothèques universitaires
(Harvard, Stanford, Michigan, Oxford, Californie, Virginie, Wisconsin-
Madison, Complutense de Madrid), auxquelles s'ajoutent début 2007 les
bibliothèques des Universités de Princeton et du Texas à Austin, la
Biblioteca de Catalunya (Catalogne, Espagne) et la Bayerische
Staatbibliothek (Bavière, Allemagne). En mai 2007, Google annonce la
participation de la première bibliothèque francophone, la Bibliothèque
cantonale et universitaire (BCU) de Lausanne (Suisse), pour la
numérisation de 100.000 titres en français, en allemand et en italien
publiés entre le 17e et le 19e siècle. Suit un partenariat avec la
Bibliothèque municipale de Lyon (France) signé en juillet 2008 pour
numériser 500.000 livres.
# Le conflit avec les associations d’auteurs et d’éditeurs
En octobre 2008, après trois ans de conflit, Google tente de mettre fin
aux poursuites émanant des associations d'auteurs et d'éditeurs en
proposant un accord pouvant être effectif les années suivantes.
L’accord serait basé sur un partage des revenus générés par Google
Books ainsi qu'un large accès aux ouvrages épuisés, tout comme le
paiement de 125 millions de dollars US à l'Authors Guild et à
l'Association of American Publishers (AAP) pour clôturer définitivement
ce conflit.
Suite à cet accord, Google pourrait proposer de plus larges extraits de
livres, jusqu'à 20% d'un même ouvrage, avec un lien commercial pour
acheter une copie - numérique ou non - de l'oeuvre. Les ayants droit
auraient la possibilité de participer ou non à Google Books, et donc de
retirer leurs livres des collections. Par ailleurs, les bibliothèques
universitaires et publiques des États-Unis pourraient accéder à un
portail gratuit géré par Google et donnant accès aux textes de millions
de livres épuisés. Un abonnement permettrait aux universités et aux
écoles de consulter les collections des bibliothèques les plus
renommées. À ce jour (juin 2011), suite au rejet de l’accord proposé
par Google, la société planche sur d’autres propositions.
En novembre 2008, Google Books comprend 7 millions d'ouvrages
numérisés, en partenariat avec 24 bibliothèques et 2.000 éditeurs. Les
24 bibliothèques partenaires se situent principalement aux États-Unis
(16), mais aussi en Allemagne (1), en Belgique (1), en Espagne (2), en
France (1), au Japon (1), au Royaume-Uni (1) et en Suisse (1).