[Résumé]
Fondé en août 1996 à Paris par Olivier Gainon, CyLibris (de Cy, cyber
et Libris, livre) est la première maison d'édition à utiliser
l'internet et le numérique pour publier de nouveaux auteurs
littéraires. Vendus uniquement sur le web, les livres sont imprimés à
la commande et envoyés directement au client, ce qui permet d'éviter le
stock et les intermédiaires. Au printemps 2000, CyLibris devient membre
du Syndicat national de l'édition (SNE). En 2001, certains titres sont
également vendus en version imprimée par un réseau de librairies
partenaires, notamment la Fnac, et en version numérique par Mobipocket
et Numilog. En 2003, le catalogue de CyLibris comprend une cinquantaine
de titres. CyLibris met fin à cette belle aventure en 2007.
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Fondé à Paris en août 1996 par Olivier Gainon, CyLibris (de Cy, cyber
et Libris, livre) est le pionnier francophone de l’édition électronique
commerciale.
CyLibris est en effet la première maison d’édition à utiliser
l’internet et le numérique pour publier de nouveaux auteurs littéraires
et quelques auteurs confirmés, dans divers genres: littérature
générale, policiers, science-fiction, théâtre et poésie.
Vendus uniquement sur le web, les livres sont imprimés à la commande et
envoyés directement au client, ce qui permet d’éviter le stock et les
intermédiaires. Des extraits sont disponibles en téléchargement libre.
# Une maison d’édition spécialisée
Pendant son premier trimestre d’activité, CyLibris signe des contrats
avec treize auteurs. Fin 1999, le site compte 15.000 visites
individuelles et 3.500 livres vendus tous exemplaires confondus, avec
une année financièrement équilibrée.
Olivier Gainon explique en décembre 2000: «CyLibris a été créé d’abord
comme une maison d’édition spécialisée sur un créneau particulier de
l’édition et mal couvert à notre sens par les autres éditeurs: la
publication de premières oeuvres, donc d’auteurs débutants. Nous nous
intéressons finalement à la littérature qui ne peut trouver sa place
dans le circuit traditionnel: non seulement les premières oeuvres, mais
les textes atypiques, inclassables ou en décalage avec la mouvance et
les modes littéraires dominantes. Ce qui est rassurant, c’est que nous
avons déjà eu quelques succès éditoriaux: le grand prix de la SGDL
[Société des gens de lettres] en 1999 pour "La Toile" de Jean-Pierre
Balpe, le prix de la litote pour "Willer ou la trahison" de Jérôme
Olinon en 2000, etc. Ce positionnement de "défricheur" est en soi
original dans le monde de l’édition, mais c’est surtout son mode de
fonctionnement qui fait de CyLibris un éditeur atypique.
Créé dès 1996 autour de l’internet, CyLibris a voulu contourner les
contraintes de l’édition traditionnelle grâce à deux innovations: la
vente directe par l’intermédiaire d’un site de commerce sur internet,
et le couplage de cette vente avec une impression numérique en "flux
tendu". Cela permettait de contourner les deux barrières
traditionnelles dans l’édition: les coûts d’impression (et de stockage)
et les contraintes de distribution. Notre système gérait donc des flux
physiques: commande reçue par internet, impression du livre commandé,
envoi par la poste. Je précise que nous sous-traitons l’impression à
des imprimeurs numériques, ce qui nous permet de vendre des livres de
qualité équivalente à celle de l’offset, et à un prix comparable. Notre
système n’est ni plus cher, ni de moindre qualité, il obéit à une
économie différente qui, à notre sens, devrait se généraliser à terme.»
# Une double activité
En quoi consiste l’activité d’un éditeur électronique? «Je décrirais
mon activité comme double. D’une part celle d’un éditeur traditionnel
dans la sélection des manuscrits et leur re-travail (je m’occupe
directement de la collection science-fiction), mais également le choix
des maquettes, les relations avec les prestataires, etc. D’autre part,
une activité internet très forte qui vise à optimiser le site de
CyLibris et mettre en oeuvre une stratégie de partenariat permettant à
CyLibris d’obtenir la visibilité qui lui fait parfois défaut. Enfin, je
représente CyLibris au sein du SNE [NDLR: Syndicat national de
l’édition, dont CyLibris fait partie depuis le printemps 2000].
CyLibris est aujourd’hui une petite structure. Elle a trouvé sa place
dans l’édition, mais est encore d’une économie fragile sur internet.
Notre objectif est de la rendre pérenne et rentable et nous nous y
employons.»
# Un éditeur présent sur tous les fronts
Le site web se veut aussi un carrefour de la petite édition. Il procure
des informations pratiques aux auteurs en herbe: comment envoyer un
manuscrit à un éditeur, ce que doit comporter un contrat d’édition,
comment protéger ses manuscrits, comment tenter sa chance dans des
revues ou concours littéraires, etc.
En 2001, certains titres sont également vendus en version imprimée par
un réseau de librairies partenaires, notamment la Fnac, et en version
numérique par Mobipocket et Numilog, pour lecture sur ordinateur ou
PDA. En 2003, le catalogue de CyLibris comprend une cinquantaine de
titres.
Par ailleurs, l’équipe de CyLibris lance en mai 1999 CyLibris Infos,
une lettre d’information électronique gratuite dont l’objectif n’est
pas tant de promouvoir les livres de l’éditeur que de présenter
l’actualité de l’édition francophone. Volontairement décalée et souvent
humoristique sinon décapante, la lettre, d’abord mensuelle, paraît deux
fois par mois à compter de février 2000, avec 565 abonnés en octobre
2000. Elle change de nom en février 2001 pour devenir Édition-actu, qui
compte 1.500 abonnés en 2003 avant de laisser place au blog de
CyLibris.
Olivier Gainon met fin à toutes ces activités éditoriales en 2007 pour
passer à d’autres projets.