La science a perdu cette semaine un de ces serviteurs consciencieux et
méritants que la renommée bruyante ne poursuit pas au fond de leurs
laboratoires, mais qui conservent, pour tous les esprits éclairés, une
gloire d'autant plus pure. Il s'agit de M. Auguste-Thomas Cahours,
membre de l'Académie des sciences, commandeur de la Légion d'honneur,
décédé à l'âge de soixante-dix-huit ans.
Il avait été élève de l'École polytechnique, mais ses prédispositions
pour l'étude de la science pure, de la science théorique, l'engagèrent à
quitter le corps d'état-major où il était classé à sa sortie de l'école.
Démissionnaire, il se consacra exclusivement à l'étude de la chimie et
surtout de la chimie organique.
Il devint professeur à l'École centrale, puis répétiteur de chimie à
l'École polytechnique, enfin essayeur à la Monnaie. Il fut un des
premiers chimistes qui établirent le transport des radicaux moléculaires
en chimie organique, et, par suite, un des créateurs des formules de
constitution aujourd'hui adoptées par tous les savants.
C'est en 1868 qu'Auguste-Thomas Cahours entra à l'Académie des sciences
où il remplaçait, dans la section de chimie, le savant J.-B. Dumas,
nommé secrétaire perpétuel.
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