III.--MARIA

En quittant le Carmen, Sanchez avait senti le souvenir de sa soeur

s'éveiller dans sa pensée; et, pour prévenir don Luis Munoz de

l'invasion des Indiens, il s'était lancé à toute bride vers l'estancia

de San-Julian où, grâce à la vitesse du cheval frais que le gouverneur

lui avait donné, il était arrivé sans encombre. Tout était tranquille à

San-Julian, la sentinelle placée en vedette sur le mirador n'avait rien

aperçu d'inquiétant dans le lointain.

Le Pavito, en l'absence du capataz, veillait à la batterie, comme un bon

chien de garde.

--Où est don José, demanda le bombero.

--Au Carmen, en compagnie de don Fernando Bustamente, répondit le

gaucho.

--Quoi, ils ne sont pas encore de retour?

--Non.

--Conduisez-moi auprès de don Luis.

L'estanciero reçut à merveille le bombero et fit appeler sa soeur, qui

arriva avec dona Linda.

--Qui vous amène si vite, Sanchez?

--Une raison fort grave, don Luis, répondit-il après avoir à plusieurs

reprises embrassé Maria. Mais voyez donc, seigneurie! est-elle jolie

dans ce nouveau costume! Embrasse-moi encore, petite soeur.

--N'êtes-vous venu que pour dévorer cette enfant de caresses! dit en

souriant don Luis; donnez-vous-en à coeur joie, mon brave ami.

--Cela suffirait presque, reprit Sanchez, dont les yeux se remplirent de

larmes. Hélas! notre famille diminue de jour en jour. Enfin, ajouta-t-il

en changeant de ton, quelque amitié que j'aie pour ma soeur, ce n'est

pas seulement pour elle que je suis ici. Mais tenez, seigneurie, je

mens, c'est pour elle, pour elle seule! en apparence pour vous. J'arrive

du Carmen.

--Du Carmen! fit involontairement dona Linda.

--Oui, senorita, répondit le bombero, comme s'il eût deviné la pensée

secrète de la jeune fille, et j'y ai vu don Fernando Bustamente.

Dona Linda rougit comme une cerise et se tut.

--Et qu'alliez-vous faire au Carmen? demanda don Luis.

--Prévenir Son Excellence le colonel don Luciano Quiros que les Indiens

sont entrés sur le territoire de la république, pillant et incendiant

tout sur le chemin.

--Une invasion! fit don Luis avec un tressaillement intérieur.

--Oh mon Dieu! s'écrièrent les deux jeunes filles en joignant les mains

avec un mouvement de frayeur.

--Oui, Seigneurie, une invasion innombrable et terrible. Le gouverneur

avait, je me suis rappelé ma soeur et je suis venu.

--Vous êtes un brave garçon, Sanchez, lui dit l'estanciero, en lui

tendant la main; vous n'êtes pas un frère pour Maria, vous êtes une

mère. Mais n'ayez crainte! l'estancia est plus sûre que le Carmen.

--Je l'ai vu dès mon arrivée, seigneurie, et cela m'a ôté un rude poids

qui pesait sur ma poitrine, je vais donc, le coeur dispos et presque

joyeux, rejoindre mes deux frères.--Simon est mort dans la lutte;--le

même sort nous attend, mais Maria est heureuse, je puis mourir en paix.

--Oh! mon bon Sanchez, s'écria Maria qui se jeta en pleurs dans ses

bras: ne dois-tu pas vivre pour moi qui t'aime?

--Allons, ne pleure pas, petite, et adieu! Je retourne dans la plaine.

--Adieu! dit l'estanciero, c'est un mot triste, Sanchez; au revoir!

--Seigneurie, reprit le bombero, nous ne disons jamais: au revoir! à nos

amis.

Il embrassa tendrement sa soeur toujours en larmes, sortit de

l'appartement, remonta sur son cheval et repartit au galop.

--Mon père, dit vivement dona Linda, est-ce que nous allons demeurer à

l'estancia durant l'invasion des Indiens?

--Mon enfant, c'est l'abri le plus sûr.

--Mais, don Fernando? ajouta-t-elle avec une câlinerie charmante.

--Il viendra nous rejoindre.

--Oh! non, fit-elle brusquement; y songez-vous mon père? Les chemins

sont impraticables et infestés d'Indiens; je ne veux pas qu'il tombe

dans une embuscade de païens.

--Comment faire?

--Lui envoyer un exprès qui lui ordonne de ma part de rester au Carmen,

ou, s'il tient absolument à revenir, de prendre une chaloupe; sur le

fleuve les Indiens n'oseront pas l'attaquer. Ecrivez-lui, mon père.

J'ajouterai quelques lignes à votre lettre; il ne voudra pas déplaire à

sa femme.

--Sa femme! fit le père en souriant.

--Ou peu s'en faut, puisque je l'épouse dans deux jours. Vous allez

écrite tout de suite, n'est-ce pas, cher père?

--Je n'ai de volontés que tes caprices. Enfin, ajouta-t-il d'un air

résigné.

Il se plaça devant un bureau en palissandre et écrivit. Linda, appuyée

sur sa chaise en souriant, lisait par dessus son épaule. Dès que don

Luis eut fini, il se tourna vers sa fille bien-aimée.

--Eh bien! lui dit-il êtes-vous contente, petite curieuse?

--Oh! mon père! fit-elle en lui prenant la tête à deux mains et la

baisant au front.

Puis, par un mouvement plein de grâce amoureuse, elle ôta la plume des

doigts de son père et traça quelques mots au bas de la lettre, quand au

dehors retentit un grand bruit mêlé de gémissements.

--Oh! mon Dieu! s'écria-t-elle comme frappée au coeur et pâlissant.

Elle se précipita sur le perron et aperçut le Pavito et Sanchez qui

portaient un homme enveloppé dans un manteau. Des femmes silencieuses

l'entouraient, tandis que d'autres personnes s'empressaient auprès de

dona Diaz, prête à s'évanouir.

--Quel est ce corps? demanda dona Linda d'une voix brève et saccadée.

--C'est mon fils, cria la mère désolée.

--Don Juan Perez, répondit Pavito.

--Et don Fernando? fit la jeune fille.

--Disparu! articula Sanchez.

Elle tomba à la renverse, demi-morte; son père la reçut dans ses bras.

Les deux hommes entrèrent dans le salon.

Voici ce qui s'était passé.

Sanchez, à peu de distance de l'estancia, avait failli être désarçonné

par un écart subit de son cheval. Tiré de ses rêveries par l'effroi de

sa monture, le cavalier chercha des yeux quelle en était la cause. Qu'on

juge de sa surprise! sur la place, qui semblait avoir été le théâtre

d'une lutte sérieuse, la terre détrempée gardait l'empreinte des pieds

de plusieurs chevaux; des armes y avaient été abandonnées, et sept

cadavres gisaient pêle-mêle au milieu des mares de sang et de boue.

--Eh quoi! pensa Sanchez, les Indiens sont déjà venus par ici?

Puis il ajouta:

--Comment n'ont-ils pas dépouillé leurs victimes?

Il mit pied à terre et s'approcha des corps, qu'il regarda avec

attention, et qu'il tâta et souleva l'un après l'autre.

--Il s'est passé quelque chose qui n'est pas naturel, fit le bombero.

Deux nègres! Oh! s'écria-t-il en venant auprès des gauchos, quels sont

ceux qui portent des masques? Oh! oh! est-ce que, au lieu d'une

embuscade ce serait un crime, et au lieu d'une attaque indienne une

vengeance espagnole. Voyons un peu!

Il arracha du visage des quatre gauchos les lambeaux de laine qui

servaient à les déguiser.

--Ma foi! je ne les connais pas. Qui peuvent être ces misérables?

Au même moment, ses yeux se tournèrent, ses yeux tombèrent sur un

dernier corps caché par un épais buisson, sous lequel il était allongé.

--Celui-ci n'est pas vêtu de la même manière. Ce doit être un des

caballeros attaqués par les brigands. Voyons-le, peut-être me

mettra-t-il sur la trace de cette aventure.

Il poussa un cri en reconnaissant le capataz de l'estancia de

San-Julian, don Juan Diaz. Il se pencha sur lui, le prit dans ses bras,

le déposa doucement sur la route, le dos appuyé sur le rocher.

--Pauvre capataz! brave et bon! Mais, si je ne me trompe, je sens un

reste de chaleur. Vive Dieu! je voudrais qu'il ne fût pas mort.

Alors le bombero lui ouvrit ses habits, et aperçut à la poitrine trois

blessures sans gravité; il se hâta de les bander avec soin: les chairs

étaient à peine entamées. Sanchez se frottait les mains en signe de

contentement, lorsqu'il découvrit au crâne une quatrième plaie sur

laquelle les cheveux s'étaient collés et avaient arrêté le sang. Il lava

la blessure, coupa aux alentours les cheveux avec son poignard, imbiba

d'eau et de sel une compresse qu'il posa sur la palie, et la noua autour

de la tête. Le capataz poussa un faible soupir et remua

imperceptiblement.

--Caraï! s'écria Sanchez ravi; il est sauvé: les blessures au crâne,

quand elles ne tuent pas sur le coup, se guérissent en huit jours.

Peu à peu le blessé sembla revenir à la vie et ouvrit enfin ses yeux,

qui regardèrent vaguement.

--Eh! mon brave, vous sentez-vous mieux? Canario! vous revenez de loin,

savez-vous?

Le capataz fit un petit signe de tête.

--Attendez! continua Sanchez.

Et il lui introduisit dans la bouche le goulot de la _bota_

d'aguardiente que les bomberos portent toujours à l'arçon de leur selle.

Diaz fit la grimace, mais bientôt se résignant, il but la liqueur que

son médecin lui entonnait de bon gré mal gré. Au bout de quelques

minutes ses yeux brillèrent de leur éclat accoutumé, et un léger

incarnat colora ses joues.

--Merci! dit-il en repoussant la bota de la main.

--Vous parlez, donc vous vivez, capataz! Pouvez-vous causer?...

--Oui.

--Sans danger pour vous, au moins?

--Oui.

--Et d'abord, me reconnaissez-vous?

--Vous êtes Sanchez le bombero, dit le blessé en souriant.

--Je suis un ami.

--Que vous amis dans ce piteux état?

--Je ne sais pas.

--Hum! combien étaient-ils?

--Je l'ignore.

--Hein! et pourquoi vous ont-ils ainsi arrangé?

--Je ne sais pas.

--Je ne sais pas! je l'ignore! Tout cela n'est pas très clair; et, si

vous n'en dites jamais davantage, il est douteux que vous compromettiez

vos assassins. D'où veniez-vous? du Carmen?

--Nous avons quitté ce matin le Carmen pour nous...

--Un instant, s'il vous plaît! vous avez dit _nous_, n'est-ce pas?

--Oui, nous.

--Qui cela, nous?

--Don Fernando Bustamente, moi et deux esclaves noirs.

--Bien. A quel endroit vous êtes-vous séparé de don Fernando?

--Je ne me suis pas séparé de don Fernando.

--Ah bah!

--Nous étions ensemble, lorsque des bandits masqués sont sortis tout à

coup de ce bois et nous ont attaqués. Nos nègres ont été tués à la

première décharge. Don Fernando et moi, nous nous sommes adossés contre

un arbre, derrière nos chevaux, je me suis battu, et... je n'en puis

dire davantage.

--Ce coup à la tête vous a renversé; il y avait, pardieu! de quoi

assommer un boeuf; mais vous avez la tête dure, et bien vous en a pris,

car vous en reviendrez. Ainsi, vous n'avez pu reconnaître vos assassins?

--Non.

--Venez un peu les regarder avec moi. Pouvez-vous marcher?

--Je le crois.

--Essayez.

José Diaz se leva avec difficulté et fit quelques pas en trébuchant.

--Donnez-moi le bras dit Sanchez.

Le capataz, soutenu par le bombero, examina le visage des gauchos.

--Je reconnais celui-ci fit-il en désignant du doigt un cadavre, c'est

Mato. Je sais maintenant quel est l'auteur du guet-apens.

--Caraï! tant mieux! Mais le corps de don Fernando n'est pas là.

--Dieu soit loué! s'écria le capataz; il se sera échappé, nous le

retrouverons, à l'estancia.

--Non, dit Sanchez.

--Comment, non!

--J'en arrive, je l'aurais vu.

--Où est-il?

--Ah! voilà! je dirais comme vous: je ne sais pas, ou, si vous l'aimez

mieux, je l'ignore.

--Je vais vous y conduire au petit pas: votre tête n'est point encore

recousue, et une course rapide envenimerait la plaie.

--N'importe, il faut que je m'y rende avec la rapidité du vent.

--Vous voulez vous tuer, alors?

--Cela m'est égal. Vous aimez don Luis Munoz et sa fille n'est-il pas

vrai?

--Caraï! si je les aime! je donnerais mon sang pour eux.

--Il s'agit du bonheur, peut-être de la vie de dona Linda. Vous voyez

que la mienne n'est rien.

--C'est vrai, fit le bombero d'un ton de conviction.

--Ainsi, vous consentez?

--Je consens.

--Merci! Un mot encore! Si je meurs en route, vous direz à dona Linda

que l'assassin...

--Que l'assassin? dit Sanchez voyant que l'autre s'interrompait.

--Mais non, reprit le capataz, c'est inutile, Dieu ne permettra pas que

je meure avant de l'avoir vue.

--Comme il vous plaira! Partons.

--Rapidement, n'est-ce pas?

--Comme la foudre.

Il remonta à cheval, plaça devant lui le capataz, qui n'avait point de

monture et qui d'ailleurs était trop faible pour se tenir en selle; puis

lâchant la bride et jouant de l'éperon, il s'envola avec la vélocité du

cheval-fantôme de la ballade allemande.

Devant la porte de l'estancia, le cheval de Sanchez manqua des quatre

pieds à la fois et tomba mort. Mais le bombero, qui avait prévu cet

accident, se retrouva debout sur ses jambes et tenant dans ses bras son

ami le capataz, que les secousses de cette course infernale avaient fait

évanouir une seconde fois.

Le Pavito aida le bombero à porter jusqu'à la maison le pauvre don José

Diaz.

Dona Linda, avait repris ses sens, s'obstina, malgré les prières de son

père, à rester auprès du blessé. Elle lui prodigua ses soins, lui versa

dans la bouche quelques gouttes d'un puissant cordial, et attendit le

retour à la vie du capataz.

--Pardon! senorita, pardon! lui dit-il dès qu'il eut rouvert les yeux et

qu'il l'eut aperçue; je n'ai pu le sauver: mes forces m'ont trahi.

--Je n'ai rien à vous pardonner, Diaz, répondit la jeune fille, qui

avait tout appris par Sanchez. Au contraire, mon ami, je vous remercie

de votre dévouement. Un mot seulement! Lorsque vous êtes tombé, don

Fernando combattait toujours auprès de vous?

--Oui, senorita.

--Ce n'est donc qu'après votre chute qu'il a péri sous le nombre.

--Non, don Fernando n'est point mort.

--Qui vous le fait supposer?

--Une chose toute simple: s'il avait été tué, son corps serait resté

étendu à côté du mien. Quel intérêt, en effet, aient les assassins à

cacher un cadavre, lorsqu'ils en abandonnaient sept au milieu de la

route? S'ils avaient voulu cacher leur crime, un trou est vite creusé

dans le sable.

--C'est vrai, murmura dona Linda. Il vit encore. Mais savez-vous d'où

vient ce crime?

--Oui, senorita.

--Et?...

Le capataz montra d'un coup d'oeil les personnes qui encombraient le

salon. Dona Linda comprit, et d'un geste congédia l'assistance. Sanchez

voulut suivre les autres.

--Restez, lui dit-elle. Vous pouvez parler devant mon père, don Sanchez

et sa soeur. Quel est l'homme qui vous a attaqués.

--Permettez, senorita. Je ne dis pas positivement qu'il se trouvât au

milieu des assassins, car je ne l'ai pas vu, mais c'est certainement lui

qui les a lâchés contre nous et qui de loin les dirigeait.

--Oui, Diaz; il était la tête, et ces dix ou douze bandits n'étaient que

des bras.

--C'est cela même. Parmi les morts j'ai reconnu le cadavre d'une de ses

âmes damnées, du gaucho Mato, que j'ai surpris l'autre jour conspirant

avec lui contre vous.

Un sourire amer plissa un instant les lèvres pâlies de la jeune fille.

--Me direz-vous son nom, enfin? s'écria-t-elle en frappant du pied avec

colère.

--Don Juan Perez!

--Je le savais! fit-elle avec un accent de dédain superbe. Oh! don Juan!

don Juan! Cet homme, où le trouver à cette heure? Où est-il? Oh! je

donnerais ma fortune, ma vie, pour être face à face avec lui. Est-ce

donc pour assassiner impunément ses rivaux que cet homme mystérieux...

Elle ne put achever. Elle fondit en larmes et tomba dans les bras de don

Luis en s'écriant avec des sanglots entrecoupés:

--Mon père! mon père! qui me vengera?

--Senorita, dit Sanchez, l'homme dont vous parlez est bien difficile à

atteindre.

--Vous le connaissez, don Sanchez? fit-elle en se redressant.

--Oui, répondit-il. Mais vous, senorita, le connaissez-vous?

--On dit que c'est un riche Espagnol.

--On se trompe.

--Auriez-vous pénétré le mystère dont il s'environne?

--Oui.

Chacun se rapprocha de Sanchez.

--Cet homme que vous appelez don Juan Perez, se nomme Neham-Outah; c'est

un des principaux chefs des Indiens Aucas.

Un Indien! s'écria la jeune fille avec stupeur.

--Oui, mais un de ces Indiens de couleur blanche, qui descendent des

Incas et se prétendent fils du Soleil.

--Prenez garde, Lindita, dit Maria, Neham-Outah est terrible...

--Il ne me reste donc qu'à mourir, soupira la pauvre fiancée qui tomba

sur un fauteuil.

Maria la contempla un moment avec un regard mêlé de douleur, de

compassion, de tendresse, s'approcha d'elle et lui posa doucement la

main sur l'épaule. A cet attouchement imprévu, dona Linda tressaillit et

se retourna.

--Que me veux-tu, pauvre enfant? lui demanda-t-elle tristement.

--Sauver don Fernando, s'il est vivant, répondit Maria d'une voix calme

et ferme.

--Toi.

--Moi. Lorsque j'étais sans asile, ne m'avez vous pas ouvert votre

maison et votre coeur. Vous souffrez, et à mon tour je viens vous dire:

Me voici.

--Mais que pourras-tu faire, mon amie?

--C'est mon secret. Je connais les Indiens; je sais comment il faut se

conduire avec eux; je parle leur langage. Seulement, jurez-moi que d'ici

à trois jours vous ne sortirez pas de l'estancia et que vous ne

chercherez par aucun moyen à savoir ce qu'est devenu votre fiancé.

Dona Linda regarda Maria, dont l'oeil étincelait d'un feu clair et

limpide; sus ses traits respirait je ne sais quelle grâce virile; sur

ses lèvres roses se jouait un sourire si doux et si tranquille, qu'elle

se sentit subjuguée et malgré elle l'espérance rentra dans son coeur.

--Merci! reprit Maria. Adieu, Lindita! dans trois jours vous aurez des

nouvelles de votre fiancé ou je serai morte.

Le fils du Soleil (1879) · 第 21 / 32 题