Fénelon entremêlait à ces travaux et à ces devoirs de sa profession
des correspondances intimes, pleines d'onction sainte et d'enjouement
avec ses amis. Il en avait déjà un grand nombre; le plus cher et le
plus assidu était le jeune abbé de Langeron. Bossuet était pour lui
plus qu'un ami, c'était un maître; mais un maître chéri autant
qu'admiré.
Fénelon, l'abbé Fleury, l'abbé de Langeron, l'élite de l'Église et de
la littérature sacrée suivaient Bossuet dans sa retraite de Germigny;
ils partageaient ses loisirs sévères, ils recevaient les confidences
de ses sermons, de ses oraisons funèbres, de ses traités de polémique;
ils lui soumettaient leurs essais, ils s'enrichissaient de ses
entretiens familiers, dans lesquels cet homme de premier mouvement
était plus sublime encore que dans sa chaire, parce qu'il était plus
naturel.
Ce furent les plus belles années de Fénelon; il était loin de supposer
que les foudres sortiraient bientôt pour lui de ce cénacle où il ne
respirait que la paix, la modestie et le bonheur.