Cette Danseuse se fait encore admirer par sa grâce et sa légèreté; ses
cheveux ne sont point épars, mais le lierre dont ils sont couronnés, la
peau de tigre ou de panthère qui de l'épaule gauche s'envole sous son
bras, nous font reconnaître une Bacchante. Elle fait résonner dans ses
mains les cymbales, dont le bruit harmonieux doit accompagner les
clameurs des Prétresses de Bacchus; les bracelets à double rang sont de
couleur d'or; son vêtement est de cette couleur d'azur que le galant
Ovide distingue parmi celles qui plaisaient le plus aux femmes.
Les Bacchantes ne sont pas toujours caractérisées par le désordre de
leur chevelure; on en trouve souvent, dans les monumens antiques, dont
les cheveux sont soigneusement arrangés. Un poète latin (_Corn. Gallus,_
l. IV) nous peint ainsi l'une de ces femmes voluptueuses: «Sa beauté
ingénue lui faisait donner le nom de _Candide;_ les tresses de ses
cheveux étaient divisées avec art; les cymbales retentissaient entre ses
mains agiles, et leur éclat se réfléchissait sur tout son corps; je la
vis danser et fus épris d'amour».
Hauteur, 11 p°.--Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.