Un Silène nu, à la barbe touffue, s'efforce d'embrasser un Hermaphrodite
également nu, qui semble le repousser et vouloir s'échapper de ses
mains. L'excellence du style et du coloris ne rendent en rien cette
peinture inférieure à la précédente; toutes les deux paraissent être de
la même main, et furent trouvées ensemble dans les fouilles de Résine.
Quoique les auteurs anciens aient fait usage indistinctement des noms de
faunes, de silènes et de satyres, les Antiquaires, pour la clarté des
descriptions, ont voulu les distinguer; ils se servent du nom latin de
_Faunes,_ pour désigner ces suivans de Bacchus qui ont entièrement la
forme humaine, et qui n'en diffèrent que par les oreilles de chèvre et
par la queue; les faunes, quand ils sont vieux et barbus, sont appelés
_Silènes,_ nom qui d'ailleurs était propre au père nourricier de
Bacchus; enfin, on donne le nom grec de _Satyres_ à ceux qui, avec les
mêmes signes, ont des cornes de bouc et la partie inférieure du corps
semblable à cet animal.
Les nymphes, sous diverses dénominations, peuplaient les montagnes, les
forêts et les eaux; elles avaient à se défendre des surprises des
Divinités rustiques. La représentation de ces scènes licencieuses
plaisait beaucoup aux anciens, qui portèrent jusqu'à la passion le goût
de ces tableaux que Pline désigne sous le nom de _libidines_. Quant aux
androgynes ou hermaphrodites, également rangés dans la classe des êtres
fantastiques, ils ne sont que les enfans d'une imagination égarée par
l'amour des voluptés, et qui a pris plaisir à réunir dans un seul
individu les attraits des deux sexes: les sujets des Bacchanales nous en
offrent souvent des images; et des groupes qui représentent la même
scène que cette peinture, existent en Angleterre et à Dresde.
Hauteur, 1 P. 4 p°. 6 lig.--Largeur, 1 P. 3 p°.