PLANCHE XVI.

Un Silène nu, à la barbe touffue, s'efforce d'embrasser un Hermaphrodite

également nu, qui semble le repousser et vouloir s'échapper de ses

mains. L'excellence du style et du coloris ne rendent en rien cette

peinture inférieure à la précédente; toutes les deux paraissent être de

la même main, et furent trouvées ensemble dans les fouilles de Résine.

Quoique les auteurs anciens aient fait usage indistinctement des noms de

faunes, de silènes et de satyres, les Antiquaires, pour la clarté des

descriptions, ont voulu les distinguer; ils se servent du nom latin de

_Faunes,_ pour désigner ces suivans de Bacchus qui ont entièrement la

forme humaine, et qui n'en diffèrent que par les oreilles de chèvre et

par la queue; les faunes, quand ils sont vieux et barbus, sont appelés

_Silènes,_ nom qui d'ailleurs était propre au père nourricier de

Bacchus; enfin, on donne le nom grec de _Satyres_ à ceux qui, avec les

mêmes signes, ont des cornes de bouc et la partie inférieure du corps

semblable à cet animal.

Les nymphes, sous diverses dénominations, peuplaient les montagnes, les

forêts et les eaux; elles avaient à se défendre des surprises des

Divinités rustiques. La représentation de ces scènes licencieuses

plaisait beaucoup aux anciens, qui portèrent jusqu'à la passion le goût

de ces tableaux que Pline désigne sous le nom de _libidines_. Quant aux

androgynes ou hermaphrodites, également rangés dans la classe des êtres

fantastiques, ils ne sont que les enfans d'une imagination égarée par

l'amour des voluptés, et qui a pris plaisir à réunir dans un seul

individu les attraits des deux sexes: les sujets des Bacchanales nous en

offrent souvent des images; et des groupes qui représentent la même

scène que cette peinture, existent en Angleterre et à Dresde.

Hauteur, 1 P. 4 p°. 6 lig.--Largeur, 1 P. 3 p°.

Antiquités d'Herculanum, Tome I. Peintures · 第 21 / 53 题