L'instrument que porte la femme représentée dans cette peinture, est une
épée renfermée dans son fourreau qui se termine par un bout en forme de
champignon; on trouve l'explication de cette singularité dans quelques
anciennes autorités (_Vid._ HEROD. _lib. III, cap. 64_; PAUSANIAS, _II,
16_). On a cru voir dans le sujet de ce tableau, _Didon_ abandonnée;
cette épée, la bandelette, ornement royal qui ceint ses cheveux en
désordre; l'habit rouge à longues manches qui pouvait se rapporter au
costume carthaginois; son âge et sa stature majestueuse; ce visage
à-la-fois triste et superbe; ces yeux égarés, et le désespoir exprimé
dans toute son attitude; ces degrés et la porte qui indiquerait
l'appartement supérieur destiné au repos et qu'elle viendrait de
quitter; tous ces traits rassemblés paraissaient se retrouver dans
Virgile, et faire reconnaître cette reine infortunée. Malgré ces
apparences, l'opinion, le plus généralement reçue aujourd'hui, nous
présente ici _Melpomène,_ Muse de la Tragédie; l'épée est l'un de ses
attributs reconnus; cette arme fait allusion aux meurtres de la scène
tragique, et plus particulièrement aux fureurs de _Médée;_ les manches
étroites qui descendent jusqu'aux poignets appartiennent au costume de
la scène; on les retrouve sur un grand nombre de figures représentant
cette Muse; on sait d'ailleurs que les manches des habits carthaginois
étaient très-larges. Le fond du tableau représente la scène d'une
manière peu différente de celle dont les miniatures de l'ancien
manuscrit de Térence nous la retracent.
Les deux pilastres sont peints sur un fond noir, et renferment des
symboles relatifs au culte de Bacchus ou d'Isis.
Le petit câdre offre une branche de fruits peints très-agréablement.
Sujet principal.--Hauteur, 3 P, 10 p°.--Longueur, 1 P. 7 p°.