était au Manitoba, il y a quinze ans. Mais il a bien fallu que les
années suivantes il le laissât. Le système de gouverne vicieux en vogue
dans cette province a comme entrepris de déraciner toutes les familles
métisses qui y sont établies et de les en chasser autant que possible.
Comment la Puissance a-t-elle traité monsieur Ouellette au regard des
stipulations de 1870. Eh bien! Elle lui a disputé le scrip d'un de ses
enfants défunts.
Monsieur Moïse Ouellette avait chez lui ses vieux parents, tous deux
d'un âge très avancé. Leurs scrips avaient été volés au bureau des
terres à Winnipeg. Il y avait des années qu'il demandait ces scrips.
Chaque fois on lui répondait qu'ils avaient été volée. Certes, il voyait
bien que ces scrips avaient été volés. Mais cela ne le satisfaisait pas.
Dira-t-on que cet homme n'avait pas le droit de prendre part à
l'agitation constitutionnelle dans la Saskatchewan, où il était venu en
quelque sorte se réfugier? Monsieur Moïse Ouellette est un de ceux qui
sont venus me chercher dans le Montana. Et lorsque le gouvernement
d'Ottawa voulut répondre aux pétitions par des arrestations à force
armée, monsieur Ouellette fit comme les autres: il se mit en défense.
Son père, un vieillard bon et craignant Dieu, a donné sa vie pour la
bonne cause, sur le champ d'honneur à l'âge de quatre-vingts et quelques
années. Honneur à une telle vieillesse! Quant au fils, il est au
pénitencier.