C'était une opinion universellement répandue, que Sir John A. Macdonald
n'irait pas jusqu'au bout et que Riel ne serait pas pendu.
Cependant, toute personne ayant suivi avec un peu d'attention la
succession des faits qui se sont écoulés depuis la reddition de Riel,
aurait pu se convaincre que tous, sans exception, dénotaient de la part
du gouvernement la volonté réfléchie et obstinée d'arriver coûte que
coûte, à l'exécution du chef métis.
Mais, d'un autre côté, chacun (les ministres exceptés) savait que ce
meurtre ne serait pas seulement un crime, mais une bêtise; et une bêtise
telle qu'on ne pouvait croire que Sir John A. Macdonald la commit!
Et puis, nous nous étions laissés habituer peu à peu à subir une
politique si exclusivement basée sur le mensonge, que cette habitude de
voir nos gouvernants et leurs organes de mentir sur tout et à propos de
tout, avait fini par fausser le jugement même des plus clairvoyants,
même des ennemis les plus déclarés de la politique dont nous parlons.
Combien de fois, pendant les tristes jours qui ont précédé l'exécution
de Riel, lorsque nous énumérions les preuves qui ne nous permettaient
hélas! de conserver aucune espérance, n'avons-nous point été arrêtés et
contredits par des amis qui nous tiennent à peu près le langage suivant:
_Il est vrai, nous disait-on, que toutes les apparences sont
pour l'exécution de ce pauvre Riel, mais avec Sir John il ne
faut jamais s'en rapporter à l'apparence. Tout le monde sait
qu'il n'a jamais accompli un acte politique, sans y mêler une
tromperie et sans duper quelqu'un. Mais qui nous dit qu'en ce
moment, ce ne soit pas les orangistes que Sir John cherche à
duper? Qui nous dit qu'il n'accumule pas les preuves de sa
volonté de perdre Riel, afin de les invoquer plus tard et de
persuader à ses amis d'Ontario qu'un force supérieure à sa
volonté lui a imposé, au dernier moment, la nécessité de faire
grâce?_
Peut-être n'y a-t-il point, au monde, de situation plus triste et plus
démoralisante pour une nation, que la situation politique dans laquelle
de tels discours peuvent être tenus par les amis et par les défenseurs
du gouvernement eux-mêmes et en sont venus à ne plus étonner personne.
Nous nous en apercevons clairement aujourd'hui que l'heure du réveil est
venue. Mais en nous reportant à quelques semaines de date, il faut
convenir que des raisonnement de la nature de celui que nous venons de
rapporter étaient dans toutes les bouches. Non seulement les
conservateurs, mais les libéraux, les avocats de Riel eux-mêmes s'y
étaient laissés prendre.
Il n'y a, croyons-nous que la _Patrie_ qui ne s'y soit pas trompée un
seul instant, qui ait été convaincue depuis le premier jour jusqu'au
dernier que Riel serait pendu, et qui ait constamment prévenu ses
lecteurs de se tenir en garde. Mais naturellement, les conservateurs
attribuaient cette attitude de l'organe rouge à la passion ou à une
tactique de parti; et il n'ont pu reconnaître que trop tard qu'elle
était simplement dictée par la clairvoyance.
L'erreur était d'autant plus excusable, que le langage et aussi les
réticences des ministres canadiens-français, les commentaires de leur
entourage, l'attitude de leurs organes dans la presse, semblaient
conclure à une constatation de l'état de folie de Riel.
Enfin, on savait que l'ordre d'exécution était moralement impossible,
sans le concours des ministres canadiens-français; et personne, même
parmi les adversaires les plus déclarés de MM. Chapleau et Langevin,
n'eut voulu supposer qu'ils pousseraient la bassesse et la trahison
envers leurs compatriotes jusqu'à consentir à ce meurtre, encore moins
qu'ils iraient jusqu'à en prendre la défense.
Erreur fatale qui a tout entravé!
Lorsque les journaux patriotes prenaient en main la défense de Riel, on
disait aux timides: «_Prenez garde, ne vous mêlez pas à ce mouvement
libéral. Il y a là-dessous une affaire politique, car les libéraux
savent aussi bien que vous et moi que Riel ne peut pas être pendu..._
(Hélas!!) _et ils exploitent dans un intérêt électoral les ménagements
et les lenteurs auxquels le gouvernement est obligé de se soumettre pour
ne pas se désaffectionner les Orangistes._»
Lorsque des citoyens généreux et désintéressés disaient qu'il fallait de
l'argent pour payer les frais de procédure,--pour défendre
Riel,--peut-être pour le faire évader, les mêmes personnes répétaient de
porte en porte, dans les rues, dans les salons, dans les bureaux
d'hommes d'affaires «_à quoi bon souscrire pour une affaire inutile? Le
gouvernement n'a-t-il point accepté de supporter les frais
indispensables? Sir Hector Langevin ne s'est-il point engagé à nommer
une commission médicale? et cela n'équivaut-il point à la promesse
officielle que Riel ne sera pas pendu?_»
Lorsqu'un comité, composé des hommes les plus honorables, se constitua
sous la présidence de M. L. O. David, et recueillit dans son sein des
membres pris dans les partis politiques les plus opposés, pour
provoquer, en dehors de toute acception de parti, un mouvement
canadien-français, les mêmes personnes disaient encore: «_Prenez garde!
n'allez pas gêner sans le vouloir l'action du gouvernement! La situation
des ministres est délicate. Il n'y a pas que des Canadiens-français dans
la Confédération, et puisque les ministres sont décidés à sauver Riel,
laissons-les choisir l'heure et le moyen._»
Et lorsque les libéraux clairvoyants n'attendaient rien de bon de la
fameuse commission médicale annoncée à Rimouski par Sir Hector Langevin;
lorsqu'ils soutenaient que la folie réelle ou supposée de Riel n'était
pas le véritable motif à invoquer en faveur de l'amnistie; lorsqu'ils
disaient, qu'à plaider la folie de Riel, on s'exposait à admettre
indirectement le droit de le pendre, dans le cas où il serait sain
d'esprit, les mêmes personnes répondaient encore: «_Que vous importe,
pourvu que Riel soit sauvé? ne voyez-vous pas que c'est le gouvernement
qui s'est arrêté à ce moyen, tiré de la folie de Riel pour ne pas
heurter de front les passions d'Ontario et des colons anglais du
Nord-Ouest? Ne voyez-vous pas que M. Girouard agit à la demande même des
ministres, lorsqu'il propose de réduire le pétitionnement à une formule
tendant exclusivement à la nomination d'une commission médicale. C'est
la formule de M. Girouard qu'il faut signer_» [2]
[Note 2: Nous n'entendons pas dire par là que M. Girouard n'ait point
agi lui-même avec bonne foi. Nous disons seulement que son nom et son
texte ont été exploités par d'autres, au profit du gouvernement.
Plusieurs jours avant l'exécution de Riel, et depuis cette époque, M.
Girouard a fait tout ce que devait faire un député indépendant et un
patriote sincère.]
Avons-nous été assez trompés?
Nous a-t-on assez audacieusement menti?
Nous n'en sommes que plus étroitement tenus à un hommage de
reconnaissance, envers les braves gens qui ont été à la fois
clairvoyants et activement dévoués à la bonne cause, et qui ne se sont
point laissés effrayer par des menaces ou endormir par des paroles
fallacieuses.
Disons le hautement, au milieu des défaillances ministérielles, le
comité L. O. David a sauvé l'honneur national.
Il a dit, le premier, ce qu'aujourd'hui tout le monde pense. C'est à lui
que nous devons les généreux et hélas! impuissants efforts qui ont été
accomplis pour sauver notre frère métis. C'est lui qui a pris, dès la
première heure, l'initiative des manifestations auxquelles le peuple
canadien doit de n'avoir pas été complice, sans le savoir, du meurtre
qui se tramait à Ottawa.
M. L. O. David avait constitué dès le mois de mai, avec MM. R.
Préfontaine et L. O. Dupuis, un comité de la défense des Métis.
Après la condamnation de Riel, à la suite de la lettre de M. Chapleau à
Fall-River, ce comité provisoire crut que le moment était venu de
chercher à réunir les ressources nécessaires pour le paiement des frais
d'appel, dans le procès de Riel, et en même temps d'organiser un
pétitionnement en faveur du condamné.
Dans une cause qui n'était pas seulement la cause d'un homme, mais la
cause d'une nation et aussi la cause de l'humanité foulée aux pieds, M.
L. O. David résolut de s'adresser, sans acceptation de parti, à tous les
hommes de coeur. Une assemblée fut convoquée pour le dimanche 9 août, à
Montréal, sur le Champ-de-Mars. Elle eut lieu sous la présidence du Dr.
Lachapelle, assisté de M. A. R. Poirier. Plus de 10,000 personnes
étaient présentes.
Les résolutions suivantes furent présentées au public:
Considérant que les Métis anglais et français du Nord-Ouest
demandaient en vain depuis des années le redressement des griefs
dont ils se plaignaient, et qu'ils ont été entraînés par les
circonstances hors de la voie constitutionnelle qu'ils s'étaient
tracée;
Considérant que le gouvernement a, dès le commencement des
troubles, reconnu la justice de leurs réclamations, en envoyant
auprès d'eux des commissaires chargés de faire droit à leurs
demandes;
Considérant que Louis Riel a été l'instrument plutôt que le chef
du mouvement, et que les Métis son allés le chercher aux
États-Unis, pour les aider à obtenir justice et qu'il l'ont même
empêché de partir à la veille du soulèvement;
Considérant que son procès a eu lieu devant un tribunal qui
paraît avoir peu compris sa responsabilité et son devoir, et que
d'ailleurs des doutes sérieux existent sur la légalité de ce
tribunal et sur la juridiction en matière de haute trahison;
Considérant que l'état mental de Riel permet de croire qu'il
n'était pas toujours responsable de ses actes et maître de sa
volonté, lorsqu'il s'agissait de la cause au triomphe de
laquelle il avait voué toute sa vie;
Considérant que le crime dont il est accusé est une offense
politique, que l'exécution de la sentence de mort portée contre
lui sera considérée comme le résultat des préjugés et du
fanatisme et sera funeste à l'harmonie si nécessaire dans une
société mixte comme la nôtre;
Résolu, qu'une souscription soit ouverte immédiatement pour
donner à Louis Riel les moyens de porter sa cause devant un
tribunal plus élevé et plus digne de confiance, et qu'en même
temps tous les moyens constitutionnels soient employés pour
empêcher que la sentence soit mise à exécution.
M. L. O. David exposa d'une manière très nette le but que le comité se
proposait d'atteindre. Il disait, après avoir à grands traits retracé la
carrière de Riel:
Maintenant, il faut être pratique. Pour arriver à notre but il
faut deux choses:
1° De l'argent pour porter la cause de Riel devant un tribunal
plus éclairé et obtenir justice.
2° Les signatures de tous les Canadiens-français au bas des
demandes d'amnistie ou de commutation de peine.
L'assemblée, avant de se séparer, nomma le comité définitif qui devait
remplacer le comité qui avait siégé jusqu'alors. Ces nominations, faites
par acclamation, donnèrent les résultats suivants:
Président, L. O. DAVID; 1er vice-président, Chs. C. DELORIMIER; 2e
vice-président, R. PRÉFONTAINE; secrétaire, CHARLES CHAMPAGNE;
asst.-sec. A. E. POIRIER; trésorier, JÉRÉMIE PERREAULT; trés.-conj., J.
O. DUPUIS.
Comité de régie: R. Laflamme, H. C. St-Pierre, Alphonse Christin, Pierre
Rivard, E. L. Ethier, Barney Tansey, E. A. Dérome, Georges Duhamel, Jean
Marie Papineau, G. Phaneuf, J. O. Villeneuve, A. Ouimet, J. Bte.
Rouillard, avec MM. Chs. Champagne, avocat et E. G. Phaneuf comme
organisateurs généraux.
C'est ce comité qui eut l'honneur de recevoir les injures des journaux
ministériels, et dont l'oeuvre, entravée par tous les moyens possibles,
fait le plus grand honneur à ceux qui l'ont entreprise.
Le signal donné par lui, à Montréal, ne tarda pas à se répandre dans
toute la province et même aux États-Unis.
A Québec, une assemblée avait eu lieu le 9 août, le même jour qu'à
Montréal; et elle avait adopté les résolutions ci-après:
Que les circonstances qui ont provoqué la récente insurrection
du Nord-Ouest, les procédés extraordinaires qui ont signalé le
procès de Louis Riel; que le ressentiment produit par ces faits
parmi notre population, ressentiment propre à altérer la bonne
harmonie qui doit régner entre les différentes races qui
peuplent le Canada; que l'intérêt public qui ne peut résulter
que du maintien de la bonne entente et de cette sympathie
réciproque; tous ces puissants motifs enfin, militent en faveur
de la commutation de la sentence prononcée contre le prisonnier
Riel, condamné par le tribunal de Regina à être pendu, le 18
septembre prochain; que les citoyens de Saint-Sauveur, réunis en
assemblée, prient Son Excellence de vouloir bien user de la
prérogative royale pour faire grâce de la vie au dit Louis Riel
et commuer sa sentence.
Que des pétitions dans ce sens soient adressées à Son Excellence
le gouverneur-général.
Le même jour, les citoyens de Lachine adressaient une pétition au
gouvernement pour demander un sursis et une commission médicale.
Le 10 août, au Côteau St-Louis, à Yamachiche, à la Pointe-du-Lac; le 16,
à Varennes, à Farnham, à Hull; le 17, à Saint-Henri; le 21, à
St-Jean-Baptiste, et à Valleyfield; le 23, à l'Assomption et à
St-Martin, des réunions furent tenues dans le même but.
En même temps, les Canadiens-français s'assemblaient à Clarence Creek
(Ont.), à Lawrence (Mass.) à Glens Fall (N. Y.).
Elles continuaient le dimanche 30 août, à St-Jean, à St-Jérôme, à
Ste-Scholastique, au Côteau de Lac; le 6 septembre, à Terrebonne et à
Verchères, où l'assemblée adopta les résolutions suivantes:
Résolu, que dans l'opinion de cette assemblée, comme dans
l'opinion de tous les habitants de ce comté, la sentence de mort
prononcée contre le dit Louis Riel devrait être commuée en une
peine moins sévère, et qu'une souscription soit ouverte pour
venir en aide à sa famille et pour indemniser ceux qui l'ont
défendu au prix de grands sacrifices et de dépenses
considérables.
Sur les entrefaites, le jour de l'exécution approchant, les membres du
comité Riel avaient institué un comité exécutif composé de MM. L. O.
David, l'Hon. Laflamme, C. Champagne, Jérémie Perreault, R. Préfontaine,
J. O. Dupuis, A. Ouimet, Georges Duhamel, H. C. Saint-Pierre, P. Rivard,
C. de Lorimier.
Le 18 septembre approchait. L'excitation populaire était à son comble. A
Montréal, on peut dire que les assemblées étaient permanentes, dans l'un
ou l'autre des quartiers de la ville, et la campagne répondait noblement
à l'appel du comité. A Saint-Basile, à Saint-Georges, à Saint-Alexandre,
à Saint-Esprit, des résolutions furent adoptées demandant la grâce de
Riel; à Saint-Placide, on donna une représentation théâtrale au profit
de la souscription Riel.
Le 16 septembre, on apprit enfin que Riel avait obtenu un sursis, et que
son exécution était remise au 16 octobre, pour lui permettre de porter
sa cause devant le Conseil privé.
Le comité se remit de nouveau à l'oeuvre, et il convoqua une nouvelle
assemblée sur le Champ-de-Mars pour le dimanche 27 septembre. Plus de
10,000 citoyens se rendirent à son appel, et cette assemblée fut encore
plus imposante que celle du 9 août. Les résolutions suivantes furent
présentées.
Considérant que l'exécution de la sentence de mort prononcée
contre Louis Riel a été remise au 16 octobre prochain, parce que
ses avocats on fait connaître au gouvernement leur intention de
porter la cause devant le Conseil Privé;
Considérant que l'appel en Angleterre est par conséquent le seul
moyen de sauver Riel de l'échafaud et que l'annulation du
jugement du tribunal de Regina aurait pour effet de faire tomber
toutes les sentences sévères prononcées contre les autre
prisonniers métis;
Considérant que si cet appel n'avait pas lieu faute d'argent, ce
serait un déshonneur national;
Résolu que c'est un devoir pour tous les Canadiens-français de
travailler à compléter la souscription nécessaire pour faire
rendre justice à nos frères du Nord-Ouest.
Les résolutions soutenues et développées par MM. L. O. David, Jérémie
Perreault, Fitzpatrick, l'avocat de Riel, qui expliqua sa conduite
devant le tribunal de Regina, P. M. Sauvalle, qui parla au nom des
Français, et de beaucoup d'autres orateurs, furent adoptées par la
foule.
Ce fut le point culminant de l'agitation organisée en faveur de Riel.
Malheureusement, l'agitation subit ensuite un temps d'arrêt. Le sursis
accordé à Riel avait fait concevoir l'espérance d'une solution préparée
par le gouvernement; l'épidémie de la petite vérole commençait à
absorber les esprits. Mais surtout, les journaux ministériels, voyant
que l'agitation menaçait de grandir et de se généraliser, avaient entamé
contre le comité une guerre violente, qui eut pour conséquence de
refroidir le zèle d'un grand nombre de conservateurs.
Le comité réduit à l'impuissance par cette opposition persistante,
publia un compte-rendu des ses opérations et fit appel au public, en
même temps qu'aux journaux qui l'attaquaient, pour sommer ces derniers
de dire un bonne fois, s'ils étaient pour ou contre Riel.
Tout naturellement, ces hypocrites répondirent qu'on méconnaissait leurs
intentions, qu'ils étaient favorables à une commutation de peine à
accorder à Riel et qu'ils n'avaient jamais songé à créer des difficultés
au comité. Mais, tout naturellement aussi, dès le lendemain, ils
recommencèrent comme de plus belle.
D'autres assemblées se tinrent encore dans diverses localités. Mais
l'élan était arrêté. Les malfaiteurs publics qui s'étaient mis en
travers n'avaient point changé le courant unanime de l'opinion. Mais ils
étaient parvenus à jeter du doute, sur la question de savoir si l'on
avait suivi la bonne voie en pétitionnant et s'il ne valait pas mieux
s'en rapporter à la bonne volonté connue (!) des ministres
canadiens-français.
Hélas! les ministres canadiens-français anesthésiés, par l'atmosphère
d'Ottawa, trompés par des agents serviles conclurent simplement, de ce
temps d'arrêt, que le mouvement n'avait rien de grave; qu'on
maîtriserait facilement l'opinion; et qu'on ne risquait rien à laisser
la sentence s'exécuter.
Les membres du comité L. O. David n'en ont pas moins droit à un souvenir
reconnaissant.
La fortune a trahi leurs efforts. L'opposition qui s'est attaquée à eux,
les a empêchés de faire tout ce qui eût été faisable. L'histoire dira
qu'ils se sont conduits comme de braves gens et comme des patriotes.
Plût au ciel que tout le monde eut suivi leur exemple!