LA VILLE FANTÔME.

Le matin du quatrième jour, les hommes que nous avions laissés en

observation rejoignirent, et nous apprîmes d'eux que les Navajoès avaient

pris la route du sud. Les Indiens, revenus à la source, le second jour

après notre départ, avaient suivi la direction indiquée par les flèches.

C'était la bande de Dacoma; en tout, à peu près, trois cents guerriers.

Nous n'avions rien de mieux à faire que de plier bagage le plus

promptement possible et de poursuivre notre marche vers le nord. Une heure

après, nous étions en selle et suivions la rive rocheuse du San-Pedro. Une

longue journée de marche nous conduisit aux bords désolés du Gila; et nous

campâmes, pour la nuit, près du fleuve, au milieu des ruines célèbres qui

marquent la seconde halte des Aztèques lors de leur migration.

A l'exception du botaniste, du chef Coco, de moi et peut-être de Séguin,

pas un de la bande ne semblait s'inquiéter de ses intéressantes

antiquités. Les traces de l'ours gris, que l'on voyait sur la terre molle,

occupaient bien plus les chasseurs que les poteries brisées et leurs

peintures hiéroglyphiques. Deux de ces animaux furent découverts près du

camp, et un terrible combat s'ensuivit, dans lequel un des Mexicains

faillit perdre la vie, et n'échappa qu'après avoir eu la tête et le cou en

partie dépouillés. Les ours furent tués et servirent à notre souper. Le

jour suivant, nous remontâmes le Gila jusqu'à l'embouchure de San Carlos,

où nous fîmes halte pour la nuit. Le San-Carlos vient du nord, et Séguin

avait résolu de remonter le cours de cette rivière pendant une centaine de

milles, et, ensuite, de traverser à l'est vers le pays des Navajoès. Quand

il eut fait connaître sa décision, un esprit de révolte se manifesta parmi

les hommes, et des murmures de mécontentement grondèrent de tous côtés.

Peu d'instants après, cependant, plusieurs étant descendus et s'étant

avancés dans l'eau, à quelque distance du bord, ramassèrent quelques

grains d'or dans le lit de la rivière. On aperçut aussi, parmi les

rochers, comme indice du précieux métal, la _quixa_, que les Mexicains

désignent sous le nom de _mère de l'or_. Il y avait des mineurs dans la

troupe, qui connaissaient très-bien cela, et cette découverte sembla les

satisfaire. On ne parla plus davantage de gagner le Prieto. Peut-être le

San-Carlos se trouverait-il aussi riche. Cette rivière avait, comme

l'autre, la réputation d'être aurifère. En tout cas, l'expédition, en se

dirigeant vers l'est, devait traverser le Prieto dans la partie élevée de

son cours, et cette perspective eut pour effet d'apaiser les mutins, du

moins pour l'instant. Une autre considération encore contribuait à les

calmer: le caractère de Séguin. Il n'y avait pas un individu de la bande

qui se souciât de le contrarier en la moindre des choses. Tous le

connaissaient trop bien pour cela; et ces hommes, qui faisaient

généralement bon marché de leur vie quand ils se croyaient dans le droit

consacré par la loi de la montagne, savaient bien que retarder

l'expédition dans le but de chercher de l'or n'était ni conforme à leur

contrat avec lui, ni d'accord avec ses désirs. Plus d'un dans la troupe,

d'ailleurs, était vivement attiré vers les villes des Navajoès par des

motifs semblables à ceux qui animaient Séguin. Enfin, dernier argument qui

n'échappait pas à la majorité: la bande de Dacoma devait se mettre à notre

poursuite aussitôt qu'elle aurait rejoint les Apaches. Nous n'avions donc

pas de temps à perdre à la recherche de l'or, et le plus simple chasseur

de scalps comprenait bien cela. Au point du jour, nous étions de nouveau

en route, et nous suivions la rive du San-Carlos. Nous avions pénétré dans

le grand désert qui s'étend au nord depuis le Gila jusqu'aux sources du

Colorado. Nous y étions entrés sans guide, car pas un de la troupe n'avait

jamais traversé ces régions inconnues. Rubé lui-même ne connaissait

nullement cette partie du pays. Nous n'avions pas de boussole, mais nous

pouvions nous en passer. Presque tous nous étions capables d'indiquer la

direction du nord sans nous tromper d'un degré, et nous savions

reconnaître l'heure exacte, à 10 minutes près, soit de nuit, soit de jour,

à la simple inspection du firmament. Avec un ciel clair, avec les

indications des arbres et des rochers, nous n'avions besoin ni de boussole

ni de chronomètre. Une vie passée sous la voûte étoilée, dans ces prairies

élevées et dans ces gorges de montagnes, où rarement un toit leur dérobait

la vue de l'azur des cieux, avait fait de tous ces rôdeurs insouciants

autant d'astronomes. Leur éducation, sous ce rapport, était accomplie, et

elle reposait sur une expérience acquise à travers bien des périls. Leur

connaissance de ces sortes de choses me paraissait tout à fait

instinctive. Nous avions encore un guide aussi sûr que l'aiguille

aimantée; nous traversions les régions de la _plante polaire_, et à chaque

pas la direction des feuilles de cette plante nous indiquait notre

méridien. Notre route en était semée, et nos chevaux les écrasaient en

marchant.

Pendant plusieurs jours nous avançâmes vers le nord à travers un pays de

montagnes étranges, dont les sommets, de formes fantastiques et

bizarrement groupés, s'élevaient jusqu'au ciel. Là, nous apercevions des

formes hémisphériques comme des dômes d'église; ici, des tours gothiques

se dressaient devant nous; ailleurs, c'étaient des aiguilles gigantesques

dont la pointe semblait percer la voûte bleue. Des rochers, semblables à

des colonnes, en supportaient d'autres posés horizontalement; d'immenses

voûtes taillées dans le roc semblaient des ruines antédiluviennes, des

temples de druides d'une race de géants! Ces formes si singulières étaient

encore rehaussées par les plus brillantes couleurs. Les roches stratifiées

étalaient tour à tour le rouge, le blanc, le vert, le jaune et les tons

étaient aussi vifs que s'ils eussent été tout fraîchement tirés de la

palette d'un peintre. Aucune fumée ne les avait ternis depuis qu'ils

avaient émergé de leurs couches souterraines. Aucun nuage ne voilait la

netteté de leurs contours. Ce n'était point un pays de nuages, et tout le

temps que nous le traversâmes, nous n'aperçûmes pas une tache au ciel;

rien au-dessus de nous que l'éther bleu et sans limites. Je me rappelai

les observations de Séguin. Il y avait quelque chose d'imposant dans la

vue de ces éblouissantes montagnes; quelque chose de vivant qui nous

empêchait de remarquer l'aspect désolé de tout ce qui nous entourait. Par

moment, nous ne pouvions nous empêcher de croire que nous nous trouvions

dans un pays très-peuplé, très-riche et très-avancé, si on en jugeait par

la grandeur de son architecture. En réalité, nous traversions la partie la

plus sauvage du globe, une terre qu'aucun pied humain n'avait jamais

foulée, sinon le pied chaussé du mocassin: la région de l'Apache-Loup et

du misérable Vamparico.

Nous suivions les bords de la rivière; çà et là, pendant nos haltes, nous

cherchions de l'or. Nous n'en trouvions que de très-petites quantités, et

les chasseurs commençaient à parler tout haut du Prieto. Là,

prétendaient-ils, l'or se trouvait en lingots. Quatre jours après avoir

quitté le Gila, nous arrivâmes à un endroit où le San-Carlos se frayait un

cañon à travers une haute sierra. Nous y fîmes halte pour la nuit. Le

lendemain matin, nous découvrîmes qu'il nous serait impossible de suivre

plus longtemps le cours de la rivière sans escalader la montagne. Séguin

annonça son intention de la quitter et de se diriger vers l'est. Les

chasseurs accueillirent cette déclaration par de joyeux hourras. La vision

de l'or brillait de nouveau à leurs yeux. Nous attendîmes au bord du

San-Carlos, que la grande chaleur du jour fût passée, afin que nos chevaux

pussent se rafraîchir à discrétion. Puis, nous remettant en selle, nous

coupâmes à travers la plaine. Nous avions l'intention de voyager toute la

nuit, ou du moins jusqu'à ce que nous trouvassions de l'eau, car une halte

sans eau ne pouvait nous procurer aucun repos. Avant que nous eussions

marché longtemps, nous nous trouvâmes en face d'une terrible _jornada_, un

de ces déserts redoutés, sans herbe, sans arbre, sans eau. Devant nous,

s'étendait du nord au sud une rangée inférieure de montagnes, puis

au-dessus une autre chaîne plus élevée et couronnée de sommets neigeux. On

voyait facilement que ces deux chaînes étaient distinctes, et la plus

éloignée devait être d'une prodigieuse élévation. Cela nous était révélé

par les neiges éternelles dont ses pics étaient couverts. Une rivière,

peut-être celle-là même que nous cherchions, devait nécessairement se

trouver au pied des montagnes neigeuses. Mais la distance était immense.

Si nous ne trouvions pas un cours d'eau en avant des premières montagnes,

nous étions grandement exposés à périr de soif. Telle était notre

perspective. Nous marchions sur un sol aride, à travers des plaines de

lave et de roches aiguës qui blessaient les pieds de nos chevaux: et,

parfois, les coupaient. Il n'y avait autour de nous d'autre végétation que

l'artémise au vert maladif, et le feuillage fétide de la créosote. Aucun

Être vivant ne se montrait, à l'exception du hideux lézard, du serpent à

sonnettes et des grillons du désert, qui rampaient sur le sol dur, par

myriades, et que nos chevaux écrasaient sous leurs pieds. «_De l'eau!_»

tel était le cri qui commençait à être proféré dans toutes les langues.

--_Water!_ criait le trappeur suffoquant.--De l'eau! criait le Canadien.

--_Agua! agua!_ criait le Mexicain.

A moins de vingt milles du San-Carlos, nos gourdes étaient aussi sèches

que le rocher. La poussière de la plaine et la chaleur de l'atmosphère

avaient provoqué chez nous une soif intense, et nous avions tout épuisé.

Nous étions partis assez tard l'après-midi. Au soleil couchant, les

montagnes en face de nous semblaient toujours être à la même distance.

Nous voyageâmes toute la nuit, et, quand le soleil se leva, nous en étions

encore très-éloignés. Cette illusion se produit toujours dans l'atmosphère

transparente de ces régions élevées. Les hommes mâchonnaient tout en

causant. Ils tenaient dans leur bouche de petites balles, ou des cailloux

d'obsidienne, qu'ils mordaient avec des efforts désespérés. Quand nous

atteignîmes les premières montagnes, le soleil était déjà haut sur

l'horizon. A notre grande consternation, nous n'y trouvâmes pas une goutte

d'eau! La chaîne présentait un front de roches sèches, tellement serrées

et stériles, que les buissons de créosote eux-mêmes ne trouvaient pas de

quoi s'y nourrir. Ces roches étaient aussi dépourvues de végétation que le

jour où elles étaient sorties de la terre à l'état de lave. Des

détachements se répandirent dans toutes les directions et grimpèrent dans

les ravins; mais après avoir perdu beaucoup de temps en recherches

infructueuses, nous renonçâmes, désespérés. Il y avait un passage qui

paraissait traverser la chaîne. Nous y entrâmes et marchâmes en avant,

silencieux et agités de sinistres pensées. Peu après nous débuchions de

l'autre côté, et une scène d'un singulier caractère frappait nos yeux.

Devant nous une plaine entourée de tous côtés par de hautes montagnes; à

l'extrémité opposée, les monts neigeux prenaient naissance, et montraient

leurs énormes rochers s'élevant verticalement à plus de mille pieds de

hauteur. Les roches noires apparaissaient amoncelées les unes sur les

autres, jusqu'à la limite des neiges immaculées dont les sommets étaient

recouverts. Mais ce qui causait notre principal étonnement, c'était la

surface de la plaine. Elle était aussi couverte d'un manteau d'une

éclatante blancheur; cependant la place plus élevée que nous occupions

était parfaitement nue, et nous y ressentions vivement la chaleur du

soleil. Ce que nous voyions dans la vallée ne pouvait donc pas être de la

neige.

L'uniformité de la vallée, les montagnes chaotiques, dont elle était

environnée, m'impressionnaient vivement par leur aspect froid et désolé.

Il semblait que tout fût mort autour de nous et que la nature fût

enveloppée dans son linceul. Mes compagnons paraissaient éprouver la même

sensation que moi, et tout le monde se taisait. Nous descendîmes la pente

du défilé qui conduisait dans cette singulière vallée. En vain nos yeux

interrogeaient l'espace: aucune apparence d'eau devant nous. Mais nous

n'avions pas le choix: il fallait traverser. A l'extrémité la plus

éloignée, au pied des montagnes neigeuses, nous crûmes distinguer une

ligne noire, comme celle d'une rangée d'arbres, et nous nous dirigeâmes

vers ce point. En arrivant sur la plaine nous trouvâmes le sol couvert

d'une couche épaisse de soude, blanche comme de la neige. Il y en avait

assez là pour satisfaire aux besoins de toute la race humaine; mais,

depuis sa formation nulle main ne s'était encore baissée pour la ramasser.

Trois ou quatre massifs de rocher se trouvaient sur notre route, près de

l'endroit où le défilé débouchait dans la vallée. Pendant que nous les

contournions, nos yeux tombèrent sur une large ouverture pratiquée dans

les montagnes qui étaient en face de nous. A travers cette ouverture, les

rayons du soleil brillaient et coupaient en écharpe le paysage d'une

traînée de lumière jaune. Dans cette lumière, se jouaient par myriades les

légers cristaux de la soude soulevé par la brise. Pendant que nous

descendions, je remarquai que les objets prenaient autour de nous un

aspect tout différent de celui qu'ils nous avaient présenté d'en haut.

Comme par enchantement, la blanche surface disparaissait et faisait place

à des champs de verdure au milieu desquels s'élançaient de grands arbres

couverts d'un épais et vert feuillage.

--Des cotonniers! s'écria un chasseur en regardant les bosquets encore

éloignés.

--Ce sont d'énormes sapins, pardieu! s'écria un autre.

--Il y a de l'eau là, camarades, bien sûr! fit remarquer un troisième.

--Oui, messieurs! il est impossible que de pareilles tiges croissent sur

une prairie sèche. Regardez! Hilloa!

--De par tous les diables, voilà une maison là-bas!

--Une maison! une, deux, trois!... Mais c'est tout une ville, ou bien il

n'y a pas un seul mur. Tenez! Jim, regardez là-bas! Wagh!

Je marchais devant avec Séguin; le reste de la bande atteignait la bouche

du défilé derrière nous. J'avais été absorbé pendant quelques instants

dans la contemplation de la blanche efflorescence qui couvrait le sol et

je prêtais l'oreille au craquement de ces incrustations sous le sabot de

mon cheval. Ces exclamations me firent lever les yeux. Sous l'impression

de ce que je vis, je tirai les deux rênes d'une seule secousse. Séguin

avait fait comme moi, et toute la troupe s'était arrêtée en même temps.

Nous venions justement de tourner une des masses qui nous empêchaient de

voir la grande ouverture qui se trouvait alors précisément en face de

nous; et, près de sa base, du côté du sud, on voyait s'élever les murs et

les édifices d'une cité; d'une vaste cité, si l'on en jugeait par la

distance et par l'aspect colossal de son architecture. Les colonnes des

temples, les grandes portes, les fenêtres, les balcons, les parapets, les

escaliers tournants nous apparaissaient distinctement. Un grand nombre de

tours s'élevaient très-haut au-dessus des toits; au milieu, un grand

édifice ressemblant à un temple et couronné d'un dôme massif, dominait

toutes les autres constructions. Je considérais cette apparition soudaine

avec un sentiment d'incrédulité. C'était un songe, une chimère, un mirage

peut-être.... Non, cependant le mirage ne présente pas un tableau aussi

net. Il y avait là des toits, des cheminées, des murs, des fenêtres. Il y

avait des maisons fortifiées avec leurs créneaux réguliers et leurs

embrasures. Tout cela était réel: c'était une ville. Était-ce donc là la

_Cibolo_ des pères espagnols? Était-ce la ville aux portes d'or et aux

tours polies? Après tout, l'histoire racontée par les prêtres voyageurs ne

pouvait-elle pas être vraie? Qui donc avait démontré que ce fût une fable!

Qui avait jamais pénétré dans ces régions où les récits des prêtres

plaçaient la ville dorée de Cibolo? Je vis que Séguin était, autant que

moi, surpris et embarrassé. Il ne connaissait rien de ce pays. Il avait vu

souvent des mirages, mais pas un seul qui ressemblât à ce que nous avions

sous les yeux.

Pendant quelque temps, nous demeurâmes immobiles sur nos selles, en proie

à de singulières émotions. Pousserions-nous en avant? Sans doute. Il nous

fallait arriver à l'eau. Nous mourions de soif. Aiguillonnés par ce

besoin, nous partîmes à toute bride. A peine avions-nous couru quelques

pas, qu'un cri simultané fut poussé par tous les chasseurs. Quelque chose

de nouveau,--quelque chose de terrible,--était devant nous. Près du pied

de la montagne se montrait une ligne de formes sombres, en mouvement:

c'étaient _des hommes à cheval_! Nous arrêtâmes court nos chevaux; notre

troupe entière fit halte au même instant.

--Des Indiens! telle fut l'exclamation générale.

--Il faut que ce soient des Indiens murmura Séguin: il n'y a pas d'autres

créatures humaines par ici. Des Indiens! mais non. Jamais il n'y eut

d'Indiens semblables à cela. Voyez! ce ne sont pas des hommes! Regardez

leurs chevaux monstrueux, leurs énormes fusils: _ce sont des géants_! Par

le ciel! continua-t-il après un moment d'arrêt, ils sont sans corps, _ce

sont des fantômes_!

Il y eut des exclamations de terreur parmi les chasseurs placés en

arrière. Étaient-ce là les habitants de la cité? Il y avait une proportion

parfaite entre la taille colossale des chevaux et celle des cavaliers.

Pendant un moment, la terreur m'envahit comme les autres; mais cela ne

dura qu'un instant. Un souvenir soudain me vint à l'esprit; je me rappelai

les montagnes du Hartz et ses démons. Je reconnus que le phénomène que

nous avions devant nous devait être le même, une illusion d'optique, un

effet de mirage. Je levai la main au-dessus de ma tête. Le géant qui était

devant les autres imita le mouvement. Je piquai de l'éperon les flancs de

mon cheval et galopai en avant. Il fit de même, comme s'il fût venu à ma

rencontre. Après quelque temps de galop, j'avais dépassé l'angle

réflecteur, et l'ombre du géant disparut instantanément dans l'air. La

ville aussi avait disparu; mais nous retrouvâmes les contours de plus

d'une forme singulière dans les grandes roches stratifiées qui bordaient

la vallée. Nous ne fûmes pas longtemps sans perdre de vue, également, les

bouquets d'arbres gigantesques. En revanche, nous vîmes distinctement au

pied de la montagne, non loin de l'ouverture, une ceinture de saules verts

et peu élevés, mais des saules réels. Sous leur feuillage, on voyait

quelque chose qui brillait au soleil comme des paillettes d'argent,

_c'était de l'eau!_ C'était un bras du Prieto. Nos chevaux hennirent à cet

aspect; un instant après, nous avions mis pied à terre sur le rivage, et

nous étions tous agenouillés auprès du courant.

Les chasseurs de chevelures · 第 67 / 114 题