_A M. Pierre Gringoire, poète lyrique à Paris._
Tu seras bien toujours le même, mon pauvre Gringoire!
Comment! on t'offre une place de chroniqueur dans un bon journal de
Paris, et tu as l'aplomb de refuser... Mais regarde-toi, malheureux
garçon! Regarde ce pourpoint troué, ces chausses en déroute, cette face
maigre qui crie la faim. Voilà pourtant où t'a conduit la passion des
belles rimes! Voilà ce que t'ont valu dix ans de loyaux services dans
les pages du sire Apollo... Est-ce que tu n'as pas honte, à la fin?
Fais-toi donc chroniqueur, imbécile! fais-toi chroniqueur! Tu gagneras
de beaux écus à la rose, tu auras ton couvert chez Brébant, et tu
pourras te montrer les jours de première avec une plume neuve à ta
barrette...
Non? Tu ne veux pas?... Tu prétends rester libre à ta guise jusqu'au
bout... Eh bien, écoute un peu l'histoire de la _chèvre de M. Seguin_.
Tu verras ce que l'on gagne à vouloir vivre libre.
* * * * *