CHAPITRE IX.

Page 105, ligne 3: Qui eurent lieu dans l'intervalle de quelques

mois.

La mort du duc de Chevreuse et celle du duc de Villars produisirent

peu de sensation, parce qu'ils étaient presque octogénaires. On

regretta peu la mort du maréchal de La Mothe-Houdancourt, qui s'était

montré pendant la Fronde d'une fidélité douteuse. Celle du duc

d'Elbœuf ne fut remarquée que par la magnificence de son enterrement.

La duchesse de Bouillon était une femme d'un grand mérite, mais dont

on n'avait plus rien à espérer ni à craindre. La duchesse de Mercœur

se trouvait à l'extrémité dans le moment où le roi dansait un ballet;

et le lendemain on vint avertir qu'elle était morte. Elle mourut le 8

février. La duchesse de Montbazon mourut à cinquante ans, encore

belle. De tous ces décès, celui qui occasionna le plus de regrets fut

celui de Pomponne de Bellièvre, premier président du parlement de

Paris; non que sous plusieurs rapports ce fût un magistrat

très-recommandable: il était paresseux et voluptueux, adonné aux

délices de la table; mais il était en même temps généreux,

hospitalier, bienfaisant, et jouissait avec magnificence de sa

fortune. Sa probité, son désintéressement, son patriotisme, la fermeté

avec laquelle il résistait au premier ministre, et le retard qu'il

apportait à l'enregistrement des édits qui créaient de nouveaux

impôts, l'avaient rendu cher au peuple et à sa compagnie. Mazarin fut

le seul satisfait de sa perte; mais celle de sa nièce la duchesse de

Mercœur, enlevée en quelques heures de maladie, lui fut

très-sensible.

Page 105, ligne 18: L'arrivée du duc de Mantoue.

On ne fit pas un aussi bon accueil au duc de Mantoue qu'au duc de

Modène, parce que, par les séductions de sa femme, le premier s'était

laissé entraîner dans le parti de l'Espagne.

Page 106, lignes 19 et 20: Le goût... pour les déguisements de

femme.

Dans le ballet nouveau de _l'Amour malade_, le jeune duc d'Amville,

déguisé en femme, joua le rôle d'une mariée. L'ancien ballet de

_Psyché_ fut de nouveau représenté. (Loret, liv. VIII, p. 9, du 19

février.) MONSIEUR donna un repas magnifique au roi et à la reine et

au cardinal, après lequel on joua la fameuse tragédie de Thomas

Corneille, intitulée _Timocrate_; une autre fois on fit jouer les

vingt-quatre violons. Le duc de Guise, à l'imitation du roi, fit

représenter un ballet, où il dansa avec Beauchamps. (Loret, liv. VIII,

p. 29.) Mais le même donna une fête plus magnifique et un repas de 200

couverts, lorsque la princesse de Guise fut nommée abbesse de

Montmartre. (Loret, 75.) Pendant la campagne de cette année, le

maréchal de La Ferté traita dans son camp le roi et toute sa suite,

avec la même magnificence, avec la même recherche de mets qu'il aurait

pu faire à Paris. Au retour de cette campagne, Louis XIV parut masqué,

avec toute sa cour, dans un bal magnifique, qui fut donné par le

maréchal de L'Hôpital, gouverneur de Paris. (Loret, liv. IX, p. 21, 9

février 1658.)

Page 110, ligne 6: Après une retraite de huit jours.

Madame de Motteville n'indique pas la durée de la retraite du roi à

Vincennes; mais Loret, qui écrivait au moment même des événements, dit

qu'elle dura une semaine.

Page 110, note 175: MONTPENSIER.

Il faut dans cet endroit des _Mémoires de_ MONTPENSIER substituer La

Mothe d'Argencourt à La Mothe-Houdancourt, qui est une faute de

copiste, ou une mauvaise correction d'éditeur. La même faute avait été

commise dans les _Mémoires de_ LA FARE, et a été rectifiée par M. de

Monmerqué, d'après l'autorité des manuscrits.

Page 112, ligne 3: Mais un jour elle parut.

Puisque Loret nomme encore mademoiselle d'Argencourt au nombre des

filles de la reine, dans sa lettre du 26 octobre, la scène de bal dont

parle madame de Motteville ne peut être postérieure à ce mois. Le

départ subit de la cour en septembre, qui n'était pas ordinaire,

annoncé par Loret, tenait peut-être à cette aventure: on comprit qu'il

fallait se presser d'aller négocier le mariage du roi.

Page 115, ligne 21: Bontemps... fut chargé de la marier.

Saint-Simon remarque que dans l'acte du mariage de cette fille de

Louis XIV il ne fut fait aucune mention de son père ni de sa mère. Il

dit aussi que Laqueue, ce gendre de Louis XIV, ne paraissait presque

jamais à la cour; quand il y paraissait, c'était, dit-il, comme un

simple officier, et le moins recueilli de la foule. Bontemps ne

laissait pas de lui donner de temps en temps de l'argent.

(_Saint-Simon_, t. IV, p. 182.)

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6) · 第 93 / 146 题