CHAPITRE XXVI.

Page 373, ligne 3: Il chemina lentement.

Le roi alla loger au Louvre, qui était alors entouré de fossés, et non

aux Tuileries.

Page 373, note 2: _Loménie de Brienne_.

On dira peut-être, au sujet de cette citation de Loménie de Brienne,

qu'elle prouve peu, parce que dans ce passage c'est le fils du

maréchal de Villeroi qui dément les bruits injurieux répandus sur son

père relativement à l'éducation de Louis XIV, dont le maréchal était

gouverneur; mais ce témoignage vaut bien celui des ennemis de Mazarin,

qui avaient plus d'intérêt à noircir ce ministre, que Villeroi fils à

le disculper longtemps après sa mort.

Page 377, ligne 12: La dispersion du papier par ceux de la paille.

L'affaire du papier, quoique réprimée, produisit cependant son effet;

elle amena la concession des passe-ports qu'on avait refusés aux

bourgeois députés par le roi, et la démission de Broussel de sa place

de prévôt des marchands.

Page 377, ligne 16: Les partisans du roi dans Paris.

Sève, annonçant au roi qu'il était suivi par un grand nombre de ses

concitoyens, dit: «Sire, laissez-vous vaincre à leurs prières,

rendez-vous à leurs larmes, etc.»

Page 378, note 2: Berthod.

La publication récente des Mémoires du P. Berthod a jeté un jour tout

nouveau sur cette partie importante de l'histoire de la Fronde. Quand

les masses sont préparées à une révolution, l'influence individuelle a

une grande puissance; quand, au contraire, elles sont opposées à tout

changement, cette influence est nulle.

Page 380, ligne 19: Jaloux de la faveur dont il jouissait.

Loret lui-même, quoique bon royaliste, n'aimait pas Mazarin, et dit

qu'il est haï des provinces.

Page 382, ligne 12: Mazarin reparut.

Tandis que Condé pillait les convois de grains qui entraient dans la

capitale, Mazarin les faisait protéger par les troupes royales. Quand

il fallut conférer pour l'entrée du roi, ce ne fut pas aux chefs des

partis, ou au prévôt des marchands, ou au gouverneur, que l'on voulut

avoir affaire, mais avec les six corps des marchands et avec les trois

cents bourgeois qui commandaient la garde urbaine. Voilà de

l'habileté. MADEMOISELLE s'enfuit, masquée et déguisée, et sous un

faux nom, dans le carrosse de madame de Montmort. Gaston, en partant,

ne voulut point la voir; il lui reprochait de l'avoir poussé contre la

cour. Les caractères faibles se font justice: ils sentent qu'ils ne

peuvent rien par eux-mêmes, et attribuent toujours aux autres les

fautes qu'ils commettent. Tous les membres du parlement, quelles que

fussent leurs opinions, quelle qu'eût été leur conduite, furent

convoqués au Louvre, à la réserve d'un très-petit nombre des plus

factieux; savoir, Broussel, Vial, de Thou, Portail, Bertaut, Croissy,

Fouquet, Machault-Fleury. Vincennes et la Bastille furent rendus par

Louvière et madame de Chavigny, sur un simple ordre du roi. Gaston et

le parti des princes voulurent faire croire à la cour que Paris était

encore trop près de la révolte; ils demandaient du temps pour disposer

la population à recevoir le roi; mais on était trop bien instruit de

l'état des choses pour se laisser tromper, et la cour continua sa

marche. La même situation se retrouva pour Louis XVIII. Fouché

persuada au conseil du roi que les jacobins étaient encore redoutables

dans Paris, et il arrêta le monarque à Saint-Ouen; par là on crut cet

homme nécessaire ainsi que les siens, et il souilla la royauté de son

ministère. On apprit ainsi aux peuples que le sceptre résidait entre

les mains de la peur. Tous les malheurs qui suivirent viennent de

cette première faute. Lorsque Louis XVIII crut devoir s'arrêter à

Saint-Ouen, les jacobins avaient encore moins d'influence dans Paris

que les frondeurs lors du retour de Louis XIV. On ne sut pas séparer

le parti conventionnel ou jacobin du parti militaire ou bonapartiste;

ces deux partis étaient bien distincts, et opposés. Ils se réunirent

quand ils se virent enveloppés par la royauté dans une même défiance.

Alors le roi et la monarchie restèrent dépouillés de leurs plus fermes

appuis, et eurent pour ennemis les bonapartistes, qui alors, ayant

répudié leur chef, avaient intérêt à tout conserver, à tout affermir,

et au besoin à tout reconquérir.

Page 383, lignes 4, 5 et 6: Cette marche habile lui acquit l'estime

de tous les cabinets étrangers.

De même que Richelieu, Mazarin ne sépara jamais ses intérêts de ceux

du royaume, ni le royaume de la personne du roi. Lorsque Condé voulait

dominer le roi, Mazarin conseillait à la reine de s'unir au

coadjuteur, qui pourtant était son plus grand ennemi; et plus tard il

préférait mettre le roi sous le joug de Condé, et par conséquent sous

celui de ses sujets révoltés, plutôt que sous la domination des

Espagnols.

Page 386, ligne 21: Au lieu d'armer et de se fortifier.

Le roi d'Angleterre (le prétendant) prêta au cardinal de Retz jusqu'à

cent vingt hommes pour se fortifier.

Page 387, lignes 5 et 6: Où il étala tant de luxe et de

magnificence.

Pendant la durée de cette ambassade, sa dépense se montait à huit

cents écus par jour.

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6) · 第 69 / 146 题