Pendant que se passait ce que nous venons de raconter. Charles était
allé chercher du calme près de sa cousine et amie Juliette; il l'avait
trouvé seule comme il l'avait laissée; il lui raconta le peu de succès
de son bon mouvement, et le moyen qu'il avait employé pour se préserver
d'une rude correction.
Juliette:--Mon pauvre Charles, tu as eu très grand tort; il ne faut
jamais faire à ta cousine des menaces si affreuses, et que tu sais bien
ne pas pouvoir exécuter.
Charles:--Je l'aurais parfaitement exécutée; j'étais prêt à mettre le
feu aux rideaux, et j'étais très décidé à le faire.
Juliette:--Oh! Charles, je ne te croyais pas si mauvais! Et qu'en
serait-il arrivé? On t'aurait mis dans une prison, où tu serais resté
jusqu'à seize ou dix-huit ans.
Charles:--En prison! Quelle folie!
Juliette:--Oui, mon ami, en prison; on a condamné pour incendie
volontaire des enfants plus jeunes que toi!
Charles:--Je ne savais pas cela! C'est bien heureux que tu, me l'aies
dit, car j'aurais recommencé à la première occasion.
Juliette:--Oh non! tu n'aurais pas recommencé, d'abord par amitié pour
moi, et puis parce que Betty aurait caché toutes les allumettes et ne
t'aurait pas laissé faire.
Charles:--Betty! Elle déteste ma cousine; elle est enchantée quand je
lui joue des tours.