Apiré, le 10 mai 1872

O Loti, mon grand ami, O mon petit époux chéri, je te salue par le vrai

Dieu.

Mon coeur est très triste de ce que tu es parti au loin, de ce que je ne

te vois plus.

Je te prie maintenant, ô mon petit ami chéri, quand cette lettre te

parviendra, de m'écrire, pour me faire connaître tes pensées, afin que

je sois contente. Il est arrivé peut-être que ta pensée s'est détournée

de moi, comme il arrive ici aux hommes, quand ils ont laissé leurs

femmes.

Il n'y a rien de neuf à Apiré pour le moment, si ce n'est pourtant que

Turiri, mon petit chat très aimé, est fort malade, et sera peut-être

absolument mort quand tu reviendras.

J'ai fini mon petit discours.

Je te salue,

Le Mariage de Loti · 第 71 / 184 题