O Loti, mon grand ami, O mon petit époux chéri, je te salue par le vrai
Dieu.
Mon coeur est très triste de ce que tu es parti au loin, de ce que je ne
te vois plus.
Je te prie maintenant, ô mon petit ami chéri, quand cette lettre te
parviendra, de m'écrire, pour me faire connaître tes pensées, afin que
je sois contente. Il est arrivé peut-être que ta pensée s'est détournée
de moi, comme il arrive ici aux hommes, quand ils ont laissé leurs
femmes.
Il n'y a rien de neuf à Apiré pour le moment, si ce n'est pourtant que
Turiri, mon petit chat très aimé, est fort malade, et sera peut-être
absolument mort quand tu reviendras.
J'ai fini mon petit discours.
Je te salue,