...On n'entend aucun chant d'oiseaux dans les bois tahitiens; les
oreilles des Maoris ignorent cette musique naïve qui, dans d'autres
climats, remplit les bois de gaîté et de vie.
Sous cette ombre épaisse, dans les lianes et les grandes fougères, rien
ne vole, rien ne bouge, c'est toujours le même silence étrange qui
semble régner aussi dans l'imagination mélancolique des naturels.
On voit seulement planer dans les gorges, à d'effrayantes hauteurs, le
phaéton, un petit oiseau blanc qui porte à la queue une longue plume
blanche ou rose.
Les chefs attachaient autrefois à leur coiffure une touffe de ces
plumes; aussi leur fallait-il beaucoup de temps et de persévérance pour
composer cet ornement aristocratique...