... Rarahu, qui suivait avec moi une des avenues ombragées de Papeete,
adressa un bonjour moitié amical, moitié railleur,--un peu terrifié
aussi,--à une créature baroque qui passait.
La grande femme sèche, qui n'avait de la Tahitienne que le costume, y
répondit avec une raideur pleine de dignité, et se retourna pour nous
regarder.
Rarahu vexée lui tira la langue,--après quoi elle me conta en riant
que cette vieille fille, _demi-blanche_, métis efflanquée d'Anglais et
de Maorie,--était son ancien professeur, à l'école de Papeete.
Un jour, la métis avait déclaré à son élève qu'elle fondait sur elle les
plus hautes espérances pour lui succéder dans ce pontificat, en raison
de la grande facilité avec laquelle apprenait l'enfant.
Rarahu, saisie de terreur à la pensée de cet avenir, avait tout d'une
traite pris sa course jusqu'à Apiré, quittant du coup la _haapiiraa_ (la
maison d'école) pour n'y plus revenir...