La mère de Rarahu l'avait amenée à Tahiti, la grande île, l'île de la
reine, pour l'offrir à une très vieille femme du district d'Apiré qui
était sa parente éloignée. Elle obéissait ainsi à un usage ancien de la
race maorie, qui veut que les enfants restent rarement auprès de leur
vraie mère. Les mères adoptives, les pères adoptifs (_faa amu_) sont là-
bas les plus nombreux, et la famille s'y recrute au hasard. Cet échange
traditionnel des enfants est l'une des originalités des moeurs
polynésiennes.