--1723.--
J'ai eu l'impertinence d'acheter les plus beaux tableaux de M. de
_Nocé_, et en revenant dans mon trou, et considérant mes tableaux, mes
ouvrages et moi, j'ai dit:
Vous verrez dans ce cabinet
Du bon, du mauvais, du passable;
J'aurais bien voulu du parfait,
Mais il faut se donner au diable,
Et je ne l'ai pas encor fait.
Adieu. Gardez-vous du parfait amour.
--1725.--
Ce matin je regardais mes tableaux. Vous ai-je dit que j'avais un
Albane? C'est le _Voyage de Vénus_.
Le pinceau de l'Albane en ses heureux contours,
Par deux cygnes brillants qu'il attelle avec grâce,
Conduit la mère des Amours.
Le cygne est un oiseau que j'aimerai toujours;
Virgile en était un, et le divin Horace
Lui-même s'est montré le cygne du Parnasse.
Je ne veux plus aimer que par les yeux, et je vous conseille de ne plus
tomber que dans cette volupté qu'indique saint Paul, si vous ne voulez
pas chanter bientôt le chant du cygne. Adieu.