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Cette réclusion prolongée est d'ailleurs favorable aux jeunes vierges,

qui en sortent mûries, déjà vigoureuses et prêtes à prendre l'essor.

D'autre part, l'attente a raffermi la reine libre et l'a mise à même

d'affronter les périls du voyage. Le second essaim ou _essaim

secondaire_ quitte alors la demeure, ayant à sa tête la première née des

reines. Immédiatement après son départ, les ouvrières restées dans la

ruche délivrent une des prisonnières qui recommence les mêmes tentatives

meurtrières, pousse les mêmes cris de colère, pour quitter la ruche à

son tour, trois jours après, à la tête du troisième essaim, et ainsi de

suite, en cas de _fièvre d'essaimage,_ jusqu'à l'épuisement complet de

la cité-mère.

Swammerdam cite une ruche qui, par ses essaims et les essaims de ses

essaims, produisit ainsi trente colonies en une seule saison.

Cette multiplication extraordinaire s'observe surtout après les hivers

désastreux, comme si les abeilles, toujours en contact avec les volontés

secrètes de la nature, avaient conscience du danger qui menace l'espèce.

Mais, en temps normal, cette fièvre est assez rare dans les ruchées

fortes et bien gouvernées. Beaucoup n'essaiment qu'une fois, plusieurs

même n'essaiment pas du tout.

D'habitude, après le deuxième essaim, les abeilles renoncent à se

diviser davantage, soit qu'elles remarquent l'affaiblissement excessif

de la souche, soit qu'un trouble du ciel leur dicte la prudence. Elles

permettent alors à la troisième reine de massacrer les captives, et la

vie ordinaire reprend et se réorganise avec d'autant plus d'ardeur que

presque toutes les ouvrières sont très jeunes, que la ruche est

appauvrie et dépeuplée, et qu'il y a de grands vides à remplir avant

l'hiver.

La vie des abeilles · 第 77 / 142 题