Felice Persio est de Penne, dans la première Abruzze ultérieure; il est
âgé de quarante-cinq ans, et est fils de père mort fou; jeune, il fit le
comédien vagabond, jouant la comédie, chantant et dansant. Il entra dans
l'établissement le 24 décembre 1858; il est affecté de _manie_,
c'est-à-dire de désordre étrange et permanent dans les instincts, mais
avec intégrité de quelques facultés supérieures. En effet, le sens de la
_mimique_, de l'_astuce_, de l'_idéalité_ et de quelques autres forces
intellectuelles se montrent en lui complétement saines. Excitez et
dominez ces facultés saines, et vous ferez taire celles qui sont
malades. Ce fut ce que fit M. Miraglia. Mais il s'aperçut que, dès qu'il
suspendait l'action exercée par ces facultés, celles qui étaient
perverties reprenaient aussitôt le dessus. C'est ainsi que, tant que
Persio demeure sur la scène, il est tout entier à son rôle; mais que,
aussitôt la toile baissée, il retombe dans sa folie. En outre, il est
poëte, improvise avec facilité des vers pleins de sentiments généreux et
de pensées élevées. Mais, dans ses heures d'aliénation, il ne peut lier
deux phrases ensemble et ne dit absolument rien qui ressemble à un
discours sensé.