Chaque jour amenait de nouveaux projets d’amélioration, de nouvelles
conquêtes sur la nature sauvage qui entourait la petite colonie. Le
temps où l’on en était réduit à se féliciter quand on ne manquait pas du
strict nécessaire était passé; on commençait désormais à penser à
l’avenir, et à se procurer des raffinements de luxe intérieur. Ainsi,
Cudjo fit un plancher pour l’habitation et la distribua en plusieurs
pièces, dont la salle d’étude demeura l’appartement d’honneur. Aidé par
les deux jeunes garçons, il fit deux enclos pour deux champs, dont les
limites avaient été tracées dans la clairière. L’un était destiné à
recevoir les semailles; Cudjo comptait le labourer avec une charrue de
bois, instrument suffisant à remuer ce sol léger, couvert seulement de
tournesols, de pavots orangés et d’asclépias. L’autre enclos était
réservé à Pompo et devait le mettre à couvert des attaques possibles des
bêtes fauves.
Pendant ce temps, M. Rolfe, préoccupé de voir diminuer les provisions de
chasse, songeait à réserver les carabines pour les grandes occasions et
à les remplacer par les moyens primitifs qu’emploient les Indiens pour
se procurer du gibier. Il avait trouvé dans la forêt du _bois d’arc_ ou
oranger des Osages, et il en avait fabriqué trois arcs, qui furent
garnis de nerfs de daim. Pour flèches, Henri et Franck avaient coupé des
roseaux très droits, auxquels Cudjo assujettit des clous de fer
provenant de la démolition du chariot. Puis, les trois chasseurs
s’exercèrent chaque jour et devinrent assez habiles avant même l’entrée
de l’hiver. Henri, dont le coup d’œil était le plus juste,
approvisionnait journellement la table de perdrix, de lièvres,
d’écureuils de diverses espèces et de dindons sauvages.
De son côté, Mme Rolfe ajouta à la recherche des menus; elle employa les
derniers jours de l’automne à des excursions botaniques, d’où elle
rapportait toujours quelque conquête nouvelle. Elle découvrit ainsi
plusieurs espèces de fruits, tels que groseilles, cerises et cormes,
dont elle fit d’amples cueillettes pour les confitures. Parmi les
racines, elle trouva la _pomme blanche_ ou navet indien et, ce qui était
encore préférable, la patate sauvage. Cette plante, en effet, est
indigène des hauts plateaux de l’Amérique. Sans les connaissances
botaniques de Mme Rolfe, la colonie n’aurait pas joui de cet aliment
sain et nourrissant; ses tubercules n’étaient pas plus gros que des œufs
de roitelet, et il y en avait si peu que, sans l’amélioration d’une
bonne culture, ils ne pouvaient être utiles à l’alimentation.
Les cosses de l’acacia servirent à brasser une sorte de bière très
agréable; mais le triomphe de Mme Rolfe comme ménagère, ce fut le vin
pétillant qu’elle tira des vignes sauvages qui croissaient en abondance
autour de la clairière et sur les parties hautes de la vallée. On se
promit de cultiver ces vignes, de les améliorer; enfin, on finit par se
trouver si bien dans l’oasis que personne ne fut surpris du large
programme que M. Rolfe déroula devant la famille entière par une belle
soirée d’automne.
«Mes chers amis, leur dit-il, maintenant que nous sommes établis ici et
que nous avons pris la résolution d’y demeurer quelques années, je
trouve bon de résumer notre situation et de vous exposer un plan de vie
que je veux soumettre à vos critiques. Il n’y a plus en ce moment ni
père ni maître. Ne voyez en moi que le chef d’une colonie qui demande à
chacun de ses colons son avis pour tirer du choc de toutes les idées la
meilleure résolution possible.
«Et, d’abord, examinons notre situation: nous avons ici le vivre et le
couvert; notre maison nous abrite, les récoltes futures nous assurent
une abondance supérieure à celle dont nous jouissons; mais il ne faut
pas se dissimuler que notre vallée recèle dans ses jolis bois des bêtes
féroces contre lesquelles il nous sera peut-être un jour difficile de
nous défendre. A la longue, notre provision de poudre s’épuisera, et nos
flèches sont des armes peu redoutables pour les couguars et les loups.
De plus, ces fauves détruisent notre gibier, et nous avons assez
parcouru l’oasis pour savoir que les daims ne s’y trouvent pas en très
grand nombre. Décimée en coupe réglée par ces bêtes, leur race ne peut
pas se multiplier assez rapidement. De plus, notre présence ici leur
donne de nouveaux ennemis. Il est donc évident que notre gros gibier
tendra à devenir rare et sera de plus en plus difficile à approcher.
Deux questions se présentent là: comment diminuer le nombre des animaux
féroces? Comment augmenter celui des animaux dont la chair doit nous
nourrir? J’ai ma réponse à la seconde; quant à la première, je demande
l’avis de Cudjo, plus expert que moi dans la chasse aux bêtes féroces.
--Oh! bien simple, dit Cudjo. Il faut les prendre dans des pièges. On
les y tuera sans brûler la poudre comme on voudra. Cudjo sait faire les
trappes à loups et à couguars. Le maître verra. On mettra des pièges de
tous côtés; long ouvrage, mais bien utile, et, après, point de dangers
dans les bois. Petites misses se promèneront comme dans les rues de
Saint-Louis, bien tranquilles.
--Avant que les fauves soient tous détruits!... reprit M. Rolfe; mais,
enfin, je m’estimerais heureux, si nous obtenions une sécurité relative.
Cudjo, il faudra terrasser pour creuser tes trappes; mes fils
t’aideront... Pour en revenir à ma seconde question, mon opinion est
qu’il faut tâcher d’enfermer dans un enclos un petit nombre de daims et
des autres animaux qui peuvent nous être utiles, afin de les domestiquer
et de leur permettre d’élever leurs familles à l’abri des dents
meurtrières de tous les fauves. Je n’entends pas seulement nous procurer
ainsi un troupeau de bétail. J’ai des vues plus hautes. Nous sommes ici
ce que l’homme devrait partout se montrer, un agent supérieur de
civilisation. Je veux donc essayer de réaliser votre cri à tous lors de
votre premier coup d’œil jeté sur l’oasis, tenter d’en faire un petit
paradis, amener à nous tous les animaux capables d’être élevés. Même les
plus sauvages, si nous parvenons à prendre de très jeunes individus dans
nos trappes, ne seront pas condamnés par moi à la mort tant qu’ils ne
nous auront pas donné la preuve d’une férocité incorrigible. Cette lutte
contre la sauvagerie des instincts aura son intérêt et sa moralité.
Voulez-vous la tenter avec moi?
--Oui, oui, répondit en chœur toute la colonie.
--Alors, il faudra aménager un grand enclos derrière nos champs, dit
Henri; heureusement que la clairière est vaste. Papa, ce serait bien
amusant de faire l’éducation de quelques fauves. Je demande à vous aider
à cela.
--Eh bien! dit Mme Rolfe, ton père et toi, mon cher Henri, vous serez
les dompteurs de bêtes, car encore faut-il que nous nous partagions les
fonctions, afin que rien ne périclite dans notre petit gouvernement. Que
fera Franck?
--Il soignera le gîte des castors, dit M. Rolfe, et il préparera les
peaux des plus vieux à mesure qu’elles entreront dans notre magasin;
c’est là notre réserve pour l’avenir, notre richesse future: Franck aura
donc le titre honorable de trésorier.
--Comme ces fonctions m’occuperont peu de temps, dit Franck, j’en
réclame d’autres; vous parlez d’établir une ménagerie, et il n’a pas été
question d’y mettre des volatiles et des oiseaux. Or, si Henri aime les
daims, les loups et même... les moufettes, j’ai une prédilection pour la
gent emplumée. Tous ces jolis chanteurs qui nichent dans les arbres me
plaisent plus que les bêtes à poil. Je ne trouve rien de si drôle que le
dindon sauvage avec son jargon bredouillant et sa démarche pataude, rien
de si mignon que ces perruches à collier qui jacassent jusque sur le
toit de notre case. Je voudrais, en un mot, être à la tête d’une
basse-cour et d’une volière.
--Ce serait unir l’agréable à l’utile, dit Mme Rolfe, et je ne pense pas
que le projet de Franck souffre d’objection, car il ne s’agira point,
j’espère, de rendre prisonniers tous ces jolis hôtes de l’air, mais de
les familiariser peu à peu avec nous, à la seconde génération, si la
première ne se prête pas aux rapports de bon voisinage, et à les voir
venir d’eux-mêmes quand on leur tendra le doigt.
--Oh! que ce sera gentil! Quel plaisir! dirent Louisa et Mary en battant
des mains.
--C’est bien ainsi que je l’entends, répondit Franck, qui fut, séance
tenante, promu à l’office de grand oiselier.
--Et moi aussi, dit Mme Rolfe, j’ai mon projet: je veux rassembler dans
une sorte de jardin botanique toutes les plantes, et même tous les
arbres qui offrent une particularité curieuse pour expérimenter ce que
pourra, en faveur de leurs qualités, une culture raisonnée... et enfin
pour servir aux besoins de notre colonie. Je me nomme donc de ma propre
autorité jardinière en chef, en déclarant humblement que je ne refuse
les services de personne.»
Chacun s’offrit du meilleur cœur, et la soirée finit trop tôt au gré de
tous les colons, ravis de tant de sujets offerts à leur activité.
Henri réussit le premier à faire une capture: ce fut un couple
d’écureuils gris qu’il prit au fond de leur trou sur un arbre. On les
mit dans une grande cage, et ils devinrent bientôt si familiers qu’ils
prenaient des noix et des fruits dans les mains de Mary et de Louisa.
Ces petites bêtes n’étaient d’aucune utilité, il est vrai, mais elles
égayaient l’intérieur de la case et semblaient promettre un heureux
succès aux autres tentatives de domestication. C’était un plaisir de les
voir aller et venir sur le petit tronc d’arbre qui garnissait leur cage
de roseaux, et même trotter sans crainte sur la table pendant qu’on
dînait, dérobant avec mille singeries un morceau dans chaque assiette,
et s’asseyant gravement sur l’épaule de Franck pour grignoter leur
prise.
Peu de temps après, ce fut le tour de Franck. Depuis quelque temps, il
guettait une bande de dindons sauvages qui se risquaient parfois
jusqu’au bord de la clairière. Dans l’espoir d’en prendre quelques-uns
vivants, il avait construit, d’après les conseils de Cudjo, une sorte de
piège connu en Amérique sous le nom de _trappe de bois_. L’invention est
des plus simple. Le piège se compose de barreaux fendus, semblables à
ceux que Cudjo employait pour ses clôtures; on les place l’un sur
l’autre, de manière à former un trou carré, comme on ferait avec un
grillage. A la hauteur d’une clôture ordinaire, d’autres bâtons plus
gros sont disposés de façon à empêcher les dindons de sortir une fois
entrés. Mais ces barreaux ne sont pas assez rapprochés pour obscurcir
l’intérieur de la trappe, et rendre ainsi son abord inquiétant. La
disposition de l’entrée rappelle celles des pièges à rats. On sait que
ces bestioles y peuvent pénétrer facilement, mais qu’il leur devient
impossible d’en sortir.
A force d’essais répétés, Franck était parvenu à imiter le gloussement
des vieux dindons d’une façon si naturelle, qu’à distance on pouvait s’y
méprendre. Il réussissait, par ce moyen, à faire arriver les dindons
sauvages tout près de son piège, mais les graines et les racines que
celui-ci contenait n’étaient pas assez tentantes pour les résoudre à y
entrer. Alors, le chasseur de volatiles eut recours à un expédient qui
devait réussir, ou sinon, montrer que toute cette peine était inutile.
Il avait tué un dindon avec son arc; il le mit dans la trappe et l’y
posa de façon qu’il parût encore vivant et occupé à manger des graines;
puis il se retira à quelque distance dans les broussailles et se mit à
glousser de son mieux.
Trois gros volatiles parurent bientôt, sortant avec précaution de la
feuillée. Comme tous les dindons sauvages, ils s’avançaient le cou
tendu, à la manière de l’autruche. Enfin, ils s’approchèrent du piège,
et, y voyant un être de leur famille occupé à s’y sustenter, ils
tournèrent autour de la clôture pour en trouver l’entrée. Franck épiait
tous leurs mouvements, le cœur battant d’émotion. Son anxiété ne dura
pas longtemps; les trois dindons se précipitèrent sans hésiter dans
cette sorte d’entonnoir et pénétrèrent ainsi dans la trappe. Franck
s’élança de sa cachette et ferma l’entrée du piège. Il saisit les
volatiles à travers les barreaux, les attacha par les pattes, puis il
les tira du piège, rajusta le tout, rétablit sur ses pieds le dindon qui
lui servait d’amorce et revint en triomphateur. Il n’eut qu’un regret,
c’est que ces trois volatiles, les premiers qui entrèrent dans la
basse-cour, déjà aménagée par Cudjo, se trouvèrent être de vieux coqs.
Le jour suivant, Franck répara ce désagrément par une capture
magnifique. Comme il allait visiter sa trappe avant le lever du soleil,
il aperçut de loin un dindon vivant, entouré de petits, qui, dans le
demi-jour, lui apparaissaient comme autant de perdrix. Bientôt il
reconnut, avec une joyeuse surprise, que c’était une nombreuse couvée de
dindonneaux qui avaient suivi leur mère dans la trappe. Les petits
étaient, les uns dedans, les autres dehors, car ils passaient aisément à
travers les barreaux, tandis que leur mère s’efforçait en vain de sortir
du piège. La couvée était en émoi de voir la captivité de la mère et
s’agitait en criant autour d’elle.
Craignant de voir fuir la plupart des petits, s’il s’approchait seul,
Franck revint à la case pour demander de l’aide. M. Rolfe, Henri et
Cudjo le suivirent emportant plusieurs couvertures et la banne du
chariot. Ils s’avancèrent avec précaution, car cette capture était
importante, suffisante qu’elle était à peupler la basse-cour. Lorsqu’ils
furent près du piège, ils se séparèrent, chacun tirant de son côté. Puis
ils entourèrent la trappe complètement, et tandis que les oiseaux
cherchaient à s’éparpiller en divers sens, ils les enveloppèrent dans la
banne et les couvertures, sans en laisser échapper un seul. En un tour
de main ils eurent la dinde et dix-huit petits. Quel beau coup!
Alléché par ce succès, Franck tendit encore son piège, y plaça un des
trois premiers dindons qu’il avait pris, et l’attacha par la patte à
l’un des barreaux. Il en prit plusieurs autres de cette façon; mais les
oiseaux finirent par dévoiler la malice et par rester au fond des bois.
N’importe! la basse-cour était bien peuplée: les petits s’y
acclimataient, et les vieux eux-mêmes savaient bien réclamer leur part
des graines que Mary et Louisa venaient leur distribuer deux fois par
jour en puisant dans leurs tabliers retroussés.
La volière se peupla également. Franck avait découvert que l’écorce de
l’_ilex opaca_, houx américain, macérée dans l’eau et bien préparée,
donnait de la glu excellente; il s’en servit comme le plus habile
oiselier, et il fut si confiant dans son succès qu’il se mit tout de
suite à employer ses moments de loisir à construire une grande cage,
divisée en compartiments, afin que chaque sorte d’oiseau eût son chez
soi bien distinct. Il fut si empressé de bâtir cette maison, encore sans
habitants, qu’il en négligea son pipeau, sur lequel cependant il
commençait à dire tous les airs qui chantaient dans son souvenir, et
même à en inventer quelques autres que lui suggéraient les roulades
harmonieuses partant de tous les arbres de l’oasis.
Cette confiance fut récompensée peu de temps après; la volière reçut des
hôtes nombreux: des oiseaux rouges ou rossignols de Virginie, des geais
bleus, des orioles et deux sortes de colombes. Il y avait aussi
plusieurs perroquets de la Caroline auxquels Franck apprenait en grand
secret à prononcer le nom de ses deux sœurs, puis un oiseau très rare,
connu des Indiens sous le nom de _wakon_. C’était l’oiseau de Paradis
d’Amérique.
La cage renfermait aussi un grand nombre de petits oiseaux au brillant
plumage: l’oiseau vert, le rouge-gorge, le coq des bois, le petit oiseau
bleu, _couleur du temps_ comme celui des contes de fées, le bouvreuil
aux ailes rouges, le troupiale à la tête orangée. Cette dernière espèce
émigrait dans la vallée en compagnies nombreuses.
Enfin une cage à part était habitée par un locataire qui certes, à en
juger par l’apparence, n’était pas digne d’avoir le privilège d’une
demeure séparée. Il était de couleur grisâtre, assez semblable à un
hochequeue, avec de longues pattes noires sans grâce, sans beauté, aussi
vulgaire qu’un moineau franc. Mais dès qu’il ouvrait son bec noir et que
son gosier couleur de plomb laissait échapper quelques notes, on
oubliait la triste apparence de son plumage. Les ailes brillantes du
perroquet, la forme gracieuse de l’oriole, du geai bleu et même du
wakon, n’attiraient plus l’attention. On oubliait tout pour jeter sur le
musicien un coup d’œil d’admiration. En continuant à l’écouter, on
s’apercevait qu’il imitait tous les sons qui se faisaient entendre
autour de lui. Quand un autre oiseau commençait à chanter, l’artiste
emplumé saisissait pour ainsi dire le filet de notes qui s’échappait de
son gosier, et reprenant l’air sur un ton plus élevé, le variant par des
modulations exquises, il réduisait au silence son émule vaincu. C’était
l’oiseau moqueur, le rossignol américain. Franck ne pouvait l’entendre
sans avoir envie de casser le pipeau sur lequel il s’efforçait en vain
de l’imiter. C’eût été d’ailleurs grand dommage, car Franck devenait
habile à manier cette flûte rustique et il charmait la colonie des
accents qu’il en savait tirer.
Tandis que Franck augmentait sa collection d’oiseaux, Henri ne demeurait
pas en arrière pour les quadrupèdes; il n’avait pas moins de cinq
espèces d’écureuils en cage: le gris, le noir et le rouge, qui perchent
sur des arbres, et deux variétés de terriers dont l’une avait été prise
à l’entrée du désert, parmi les racines de l’_artemisia_. C’était une
jolie petite bête rayée comme un zèbre et guère plus grosse qu’une
souris. Cet animal était le favori des deux petites filles; il dormait
sur leurs genoux, se fourrait dans leurs poches, et leur donnait tant de
distractions qu’on était obligé de le leur enlever pendant les heures
d’études. Il était alors confié à Cudjo, qui le mettait dans sa veste en
disant dans son naïf langage:
«Ni petite ni grosse bête n’empêcherait Cudjo d’être attentif lorsqu’on
lui apprend de si belles choses.»
Et Cudjo ruminait si bien ses leçons en travaillant de ses mains, qu’il
commençait à mériter vraiment ce surnom de docteur, qu’Henri et Franck
lui donnaient en se jouant.