A French classic erotic story]

Opinion de l'auteur anonyme [peut-être Joris-Karl Huysmans] de

la préface de _Gamiani_ édition de 1876:

"Tout le monde sait que Musset se trouvant, une nuit, à souper

en joyeuse compagnie, paria - à l'heure où les bougies font

éclater leurs collerettes de cristal - qu'en évitant toute

expression crue ou érotique, il écrirait à l'encontre des

Anciens, le volume le plus _Cela_ que l'on pourrait rêver dans

ce genre! Inutile de dire qu'il gagna son pari."

Opinion de l'auteur anonyme [Jules Gay] de la _Bibliographie

des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, au mariage et des

livres facétieux pantagruéliques, scatologiques, satyrique par

M. Le C. D'I***_:

"Dans _Gamiani_, la passion domine tout en souveraine, passion

complexe de l'esprit, du coeur et des sens arrivant au

paroxysme de la fièvre hystérique, à la folie et même jusqu'au

crime. Cette production étrange restera pour compléter la

littérature d'une époque qui a fourni tant d'oeuvres

excentriques dans tous les genres. Après avoir répétés les

on-dit sur l'auteur présumé de cet ouvrage, nous nous permettons

d'ajouter que la première partie nous parait écrite

d'abondances sous l'inspiration d'un récit ou d'un souvenir.

Il n'en est pas de la deuxième, dont le style est plus

travaillé, l'action plus extravagante, et semble tout à fait

rentrer dans le domaine de la collaboration; on y sent l'effet

de l'imagination qui cherche à s'échauffer et ne parvient à

produire que l'horrible. La première partie en question est

l'oeuvre de Musset; mais la seconde partie, celle qui concerne

les femmes, est attribuée à la personne à laquelle fait

allusion le roman de _Lui et Elle_ de M. Paul de Musset [i.e.

George Sand]."

Opinion de l'auteur anonyme [PH. J. .G. B. i.e. Vital-Puisant]

de la _Notice anecdotico-bibliographique sur le Gamiani d'Alfred

de Musset_ (1874):

"Quelque temps après la Révolution de 1830, une dizaine de

jeunes gens, pour la plupart destinés à devenir célèbres dans

les lettres, la médecine ou le barreau, se trouvaient réunis

dans un des plus brillants restaurants du Palais-Royal. Les

reliefs d'un splendide souper et le nombre de flacons vides

témoignaient en faveur du robuste estomac, et partant, de la

gaieté des convives. On était arrivé au dessert, et tout en

faisant pétiller le champagne, on avait épuisé la conversation

sur la politique d'abord, et ensuite sur les mille sujets à

l'ordre du jour à cette époque. La littérature devait

nécessairement avoir son tour. Après avoir passé en revue les

divers genres d'ouvrages qui, depuis l'antiquité, ont tour à

tour été l'objet d'une admiration plus ou moins passagère, on

en vint à parler du genre érotique. Aussi, depuis les

_Pastorales_ de Longus, jusqu'aux cruautés luxurieuses du

Marquis de Sade, depuis les _Epigrammes_ de Martial et les

_Satires_ de Juvénal jusqu'aux _Sonnets_ de I'Arétin, tout fut

passé en revue. Après avoir comparé la liberté d'expression de

Martial, Properce, Horace, Juvénal, Térence, en un mot, des

auteurs latins, avec la gêne que s'étaient imposée les divers

écrivains érotiques français, quelqu'un fut amené à dire qu'il

était impossible d'écrire un ouvrage de ce genre sans appeler

les choses par leur nom; l'exemple de La Fontaine était une

exception; que, d'ailleurs la poésie française admettait ces

sortes de réticences et savait même, par la finesse et une

heureuse tournure de phrase, s'en créer un charme de plus,

mais qu'en prose on ne pouvait rien produire de passionné ni

d'attrayant. Un jeune homme qui, jusqu'alors, s'était contenté

d'écouter la conversation d'un air rêveur, sembla s'éveiller à

ces derniers mots, et prenant la parole: Messieurs, dit-il, si

vous consentez à vous réunir de nouveau ici, dans trois jours,

j'espère vous convaincre qu'il est facile de produire un

ouvrage de très haut goût sans employer les grossièretés qu'on

a coutume d'appeler des naïvetés chez nos bons aïeux, tels que

Rabelais, Brantôme, Béroalde de Verville, Bonaventure Des

Periers et tant d'autres, chez lesquels l'esprit gaulois

brillerait d'un éclat tout aussi vif, s'il était débarrassé

des mots orduriers qui salissent notre vieux langage. La

proposition fut acceptée par acclamation, et trois jours

après, notre jeune auteur apportait le manuscrit de l'ouvrage

que nous présentons aux amateurs. Chacun des assistants voulut

en posséder une copie, et l'indiscrétion de l'un d'entre eux

permit à un éditeur étranger de l'imprimer, en 1833, dans le

format in-4° et orné de grandes gravures coloriées. (...) A

l'époque de la publication de cet ouvrage, des gens de lettres

très-sérieux et à même de ne point se tromper, ont prétendu

que l'illustre romancière contemporaine, qui écrit sous le nom

de *** *** [i.e. George Sand], avait collaboré avec Alfred de

Musset à la rédaction de ce roman de _haut goût_. Nous ne sommes

guère compétent pour nous poser en juge dans cette

attribution; si pourtant nous en référant à ce que l'on ajoute

sur ce sujet (cette dame avait la passion de l'amour lesbien)

nous ne serions pas taxé de témérité en accordant un certain

degré de foi à cette allégation."

Observation: Les éditions ultérieures de _Gamiani ou une nuit

d'excès_ sont intitulées _Gamiani ou deux nuits d'excès_.

Note: l'orthographe de l'édition 1833 a été conservée.

Gamiani, ou Une nuit d'excès · 第 2 / 8 题