«Mes petits enfants, le jour touche à sa fin, je n’ai plus que quelques
mots à vous dire... le dénouement approche pour Moi, et cette petite
retraite d’Ephrem est presque finie... Demain matin, nous partirons pour
la Galilée... Je veux pourtant vous dire encore trois choses pendant que
nous sommes encore recueillis dans cette solitude: d’abord, _pauvreté,
pauvreté, pauvreté_. Souvenez-vous de _mes exemples et de mes paroles_
au sujet de la pauvreté: né dans une grotte, élevé dans une pauvre
maison, enfant de parents pauvres, vivant pauvrement comme eux, du
travail de mes mains, jusqu’au jour où j’ai passé mes jours entiers à
prêcher; depuis ce temps, acceptant pour vivre les aumônes des fidèles,
mais n’en acceptant que ce qu’il faut pour vivre aussi pauvrement que
quand j’étais ouvrier; sans aucune possession au monde, sans une pierre
pour poser la tête; choisissant mes compagnons, mes apôtres parmi les
pauvres, prêchant la pauvreté. _Souvenez-vous de mes paroles_:
«Bienheureux les pauvres!... Malheur aux riches... Si vous voulez être
parfaits, vendez ce que vous avez et donnez-en le prix aux pauvres... Si
vous ne renoncez à tout, vous ne pouvez devenir mes disciples... On ne
peut suivre deux maîtres à la fois, on ne peut aimer Dieu et l’argent...
Le pauvre Lazare fut porté par les anges dans le sein d’Abraham... Ceux
qui quittent tout pour me suivre reçoivent le centuple en ce monde, et,
dans l’autre, la vie éternelle...» Je ne veux pas laisser finir cette
journée sans vous répéter: _Pauvreté, pauvreté, pauvreté!... Foi dans la
prière... Humilité._»