St LUC, 12, 48.
«Et vous, mes chéris, vous mes favoris, vous mes privilégiés, mes
bien-aimés entre tous, souvenez-vous, vous, mes élus, de cette grave
parole que je vous ai dite: «Il sera plus demandé à celui qui a plus
reçu»... C’est pour vous qu’elle a été dite, vous mes choisis, vous mes
comblés, vous à qui j’ai tout dit, tout donné, vous qui avez reçu tant
et tant de grâces..., plus vous aurez reçu, plus il vous sera demandé...
La grandeur des faveurs que je vous ai faites est le signe, que je vous
donne moi-même, de la grandeur de la sainteté que je demanderai de
vous... N’ayez donc pas la folie de croire que c’est orgueil de votre
part de désirer, d’espérer, de vouloir parvenir à une très grande
sainteté; c’est tellement peu orgueil que c’est, au contraire, devoir et
obéissance. Les grâces dont je vous ai comblés et que, sans ingratitude,
vous ne pouvez pas ne pas reconnaître, sont un ordre très précis de ma
part de monter à une très grande sainteté: donner beaucoup de grâces à
une âme, c’est, de ma part, comme si je lui disais: «Je veux que tu
deviennes très sainte..., je te demanderai compte de ces grandes grâces
que je t’ai données...»
«Pour peu que vous ayez l’ombre de raison, mes grâces, mes faveurs, en
s’accumulant sur vous, ne feront que faire croître en vous l’humilité et
la crainte. Bien loin de vous enorgueillir, plus vous recevrez, plus
vous serez rempli de crainte et vous humilierez dans les sentiments de
votre profonde bassesse. Ce qu’il y aurait à craindre plutôt que
l’orgueil, si vous êtes dans votre bon sens, c’est le découragement, et
il arriverait, en effet, si je ne vous faisais un devoir d’espérer
toujours, malgré tout, de croire à ma miséricorde infinie et de vous
jeter à corps perdu sur mon Cœur, quelque misérable que vous vous
sentiez, comme l’enfant prodigue se jeta sur le cœur de son père.»