LUC, 9, 56.

«Une autre vertu que je vous ai bien souvent recommandée par mes paroles

et plus souvent encore par mes exemples, c’est la _douceur_: c’est pour

vous, pour votre bien à tous que je vous l’ai tant de fois prêchée...

Pratiquez cette _douceur dans vos pensées_, éloignant, chassant comme

des inspirations du diable toute pensée d’amertume, de dureté, de

raideur, de violence, de colère, de rancune, d’antipathie, de jugements

sévères sur ceux dont vous n’êtes pas chargés; accueillez, nourrissez

les pensées douces, tendres, charitables, les pensées de sympathie, de

bonté, de reconnaissance... Attendrissez-vous en regardant l’amour que

vous devez à tous les hommes, mes enfants bien-aimés, vos frères; la

reconnaissance que vous devez, à tous, qui vous font tous quelque bien

par la communion des saints, par la gloire que tous me donnent, bon gré,

mal gré, à Moi votre Bien-Aimé. En tous les hommes, vous avez des amis

tendres et très puissants, puisque vous avez, avec eux, continuellement,

leurs bons anges. Soyez tout miel, toute tendresse, toute paix dans vos

pensées... Et soyez de même dans vos paroles..., si parfois, par devoir,

vous êtes obligés d’avoir des paroles sévères, que votre sévérité même

laisse voir, comme au travers d’un voile transparent qui couvre un fond

d’éternelle douceur, qu’elle n’est que passagère, qu’elle cessera

aussitôt que le bien même des âmes à qui elle s’adresse ne la demandera

plus, qu’elle ne demande qu’à s’évanouir et à faire place à la douceur.

Écrits spirituels de Charles de Foucauld · 第 74 / 139 题