MULTIPLICATION DES PAINS

St LUC, 9, 16.

[Le Christ]: «Mes petits enfants, souvenez-vous que parmi tous les

miracles que j’ai faits devant vous, certains ont été d’un genre tout

particulier... Ils ont été la figure d’un grand mystère... Je vous ai

expliqué, ainsi qu’à la foule, quelque chose de ce mystère à Capharnaüm,

et ces vérités ont tant surpris les hommes que la plupart ne m’ont pas

cru, et que beaucoup de mes disciples se sont retirés de Moi et ont, dès

lors, cessé de me suivre. Je veux parler des multiplications des pains

qui présagent le sacrement de mon Corps et de mon Sang que j’instituerai

la veille de ma mort, à la dernière heure et au dernier repas que je

prendrai et que je passerai avec vous... Je ne puis me décider, mes

enfants, à vous quitter complètement... je ne veux pas vous laisser

orphelins..., je vous quitterai à cette heure même, d’aujourd’hui en

trois semaines, mais je reviendrai bientôt à vous, ressuscité, d’abord

jusqu’à mon Ascension, et ensuite dans le T. S. Sacrement de l’Autel

jusqu’à la fin des temps... Ainsi, tout en montant au Ciel, je resterai

sur la terre, et je serai parmi vous jusqu’à la consommation des

siècles... Je le ferai parce que vous êtes _froids_, pour vous rendre

_chauds, fervents, aimants, tendres_, par ma présence, ma vue, la vue de

mon amour..., parce que vous êtes faibles pour vous rendre _forts,

courageux_, par le sentiment de ma présence, par la claire vue que je

suis toujours avec vous...; parce que vous êtes sans espérance et sans

confiance, pour vous donner _espoir_ et _confiance_ à la vue de mon

amour pour vous, de ma familiarité avec vous...; parce que vous êtes

tristes et découragés, pour vous rendre _heureux, joyeux, pleins

d’allégresse_, par le bonheur d’être aux pieds, aux genoux de votre

Bien-Aimé, d’être sans cesse en sa présence...; parce que vous êtes

portés à vous occuper de choses matérielles, extérieures, mondaines,

passagères, de ce qui concerne votre corps, pour vous porter à les

laisser de côté et à ne vous occuper, au contraire, que de choses

_spirituelles, intérieures, célestes, éternelles_ concernant _votre

âme_; en vous attirant dans une église par ma présence; en vous faisant

passer les journées au pied de mes autels, par dévotion pour ma

présence; en vous portant à me prier, Moi que vous sentirez si près de

vous dans le Tabernacle; en vous portant à passer vos journées entières

en contemplation devant la Sainte Hostie, que vous savez être vraiment

Moi, vraiment Jésus que vous aimez...--Ce n’est pas tout; en vous

donnant ce Pain céleste, je ne me place pas seulement devant vous pour

être adoré, quoique cette seule présence soit déjà un bien infini, un

don divin, parfait, le Tout: en vous donnant ainsi ma présence dans vos

Tabernacles jusqu’à la fin des siècles, je vous fais un premier don

infini... mais je vous en fais deux autres, infinis aussi... je me donne

à vous, en deuxième lieu, pour être votre nourriture, et en troisième

lieu, pour être offert par vous en sacrifice à mon Père en mon nom...

Écrits spirituels de Charles de Foucauld · 第 72 / 139 题