«Bienheureux ceux qui auront la pauvreté d’esprit; qui, non seulement
rejettent les biens matériels, ce qui est le premier degré, mais montent
bien plus haut et vident complètement leur âme de tout attachement, de
tout goût, de tout désir, de toute recherche qui n’a pas Moi pour but...
Cette pauvreté d’esprit fait le vide complet dans l’âme, la vidant et de
l’amour des choses matérielles, et de l’amour du prochain, et de l’amour
de soi-même, chassant d’elle tout, tout, et n’y laissant qu’une place
entièrement vide que j’occupe tout entière... Moi, alors, je leur rends
divinisé cet amour des créatures matérielles qu’ils ont chassé de leur
âme pour me donner la place entière... Ils ont chassé de leur âme ces
amours; seul, j’occupe leur âme vide de tout et pleine de Moi; mais en
Moi, en vue de Moi, ils recommenceront à aimer toutes ces choses, non
plus pour eux, ni pour elles, mais pour Moi: ce sera la charité
ordonnée. Ils aimeront toutes les créatures pour Moi, et ils n’en
aimeront aucune pour elle, car ils me doivent tout leur amour, ils
doivent se perdre en Moi, et n’avoir rien que par Moi et pour Moi,
l’amour comme le reste. Bienheureux ceux qui seront si pauvres d’esprit,
si vides de tout, si pleins de Moi!...
«Bienheureux ceux qui ont faim! ceux qui ont faim de justice, du règne
de la justice sur la terre, de mon règne sur la terre, de ma gloire;
faim de me voir glorifié par toutes les âmes; faim de voir ma volonté
parfaitement accomplie par tous les êtres!... Ayez donc toujours cette
grande faim de la justice, de voir la justice parfaitement accomplie, et
par vous-même et par tous les hommes; la faim de voir la volonté de Dieu
parfaitement faite par vous et par tous les hommes; la faim de votre
parfaite sanctification et de la parfaite sainteté dans tous les
hommes... C’est cette faim qui presse mon propre Cœur!... Ayez-la de
plus en plus, non en vue de vous, ni en vue des hommes, mais en vue de
Dieu, par amour de Dieu... Bienheureux serez-vous alors! car vous serez
parfaitement unis à mon propre Cœur!...
«Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu’ils sont malheureux, pauvres,
en deuil, malades, souffrants du corps ou de l’âme, éprouvés de quelque
manière que ce soit; bienheureux parce que ces souffrances serviront à
expier leurs péchés; bienheureux parce que ces souffrances les détachent
du monde, de la terre, et les portent à lever les yeux vers Moi et à
s’attacher à Moi... Plus heureux encore, ceux qui pleurent leurs
péchés... Plus heureux encore et encore, ceux qui pleurent de tristesse
de ne pas me voir et d’être exilés dans cette vallée de larmes, loin de
Moi... Encore plus heureux ceux qui pleurent mes douleurs, ma Passion,
toutes les souffrances que j’ai endurées sur la terre... Et plus heureux
que tous, ceux qui pleurent par pur amour, qui pleurent parce qu’ils
m’aiment, sans cause distincte, qui pleurent non de douleur, ni de
désir, mais seulement parce qu’en pensant à Moi, tout leur cœur se fond,
et qu’ils ne peuvent retenir leurs larmes.
«Heureux ceux que les hommes haïssent et persécutent à cause de Moi!
heureux, oui, car s’ils m’imitent, ils auront part à mon sort... en
vraies épouses, ils partageront pleinement le sort de leur Époux...
heureux, car qu’y a-t-il de plus doux que de souffrir avec ce qu’on
aime?... Bienheureux, puisqu’ils auront ce double bonheur, souffrant
avec leur Bien-Aimé et souffrant pour Lui... Heureux, car, par ces
souffrances même, s’accroîtra leur amour pour moi: il s’accroîtra dans
la mesure des souffrances qu’ils souffriront pour moi... et cet amour
croissant ne sera pas passager, mais durable, il durera pendant le temps
et pendant l’éternité... Oh! bienheureux ceux qui souffrent persécution
avec Moi et pour Moi, et dont l’amour croît sans relâche pendant ces
persécutions! Ne refusez, ne craignez jamais les peines, les haines, les
persécutions souffertes pour Moi; recevez-les, au contraire, avec joie,
bénédiction, action de grâce, reconnaissance à Dieu et aux hommes, en me
remerciant du fond du cœur, en priant pour vos ennemis et vos bourreaux,
en vous joignant, anges terrestres, à leurs anges gardiens pour me
demander leur conversion, et en vous réjouissant du fond du cœur d’avoir
été jugés dignes de souffrir humiliation et souffrance pour mon amour!
N’oubliez pas que c’est ainsi que je traite tous ceux que j’aime d’un
amour de prédilection: ainsi j’ai traité les patriarches et les
prophètes, ainsi je traiterai et j’ai traité ma mère, ainsi j’ai traité
mon bien-aimé père Joseph, ainsi je vous traiterai, Magdeleine, ainsi je
vous traiterai, Pierre, Jean, Jacques, vous tous mes bien-aimés!... et
ainsi surtout je me traite Moi-même, Moi qui dois être le premier en
tout...
«Et qu’elle sera bénie la fin de ces douleurs!... Plus vous aurez aimé
et souffert pour Moi en ce monde, plus vous aurez été persécutés pour
Moi, et mieux vous me verrez, et mieux vous m’aimerez éternellement dans
l’autre...
_5 heures du soir._--Mon Dieu parlez, Votre petit serviteur écoute:
entre la Sainte Vierge et sainte Magdeleine, devant Vos Apôtres qui font
le cercle, je suis là, tout petit, me blottissant, Vous regardant et
écoutant...
--«Aimez vos ennemis... Bénissez ceux qui vous maudissent. Faites du
bien à ceux qui vous veulent du mal... Si on vous frappe sur une joue,
tendez l’autre... Si on vous arrache votre manteau, laissez prendre
aussi votre tunique... Donnez à quiconque vous demande... Et si on vous
prend quelque chose, ne le redemandez pas... Faites aux autres ce que
vous voulez qu’ils vous fassent... Soyez miséricordieux comme votre Père
Céleste est miséricordieux... Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés...
Pardonnez et Dieu vous pardonnera... Ne regardez pas la paille de votre
frère, mais votre poutre...»
«Tous ces commandements sont des commandements de charité, mes enfants,
et ils ne peuvent vous étonner si vous comprenez bien, une fois pour
toutes, que tous les hommes ne font ensemble qu’une seule et même
famille dont Dieu est le Père commun, Créateur, Conservateur, Père de
tous de la même manière: Il aime tous les hommes incomparablement plus
que le père le plus tendre n’aime ses enfants... Et il veut que, parmi
ces fils et ces fidèles, tous, sans exception si tendrement aimés, règne
cette concorde, cet amour, cette tendresse, au besoin cette indulgence
et cette douceur toujours prête à céder, qu’un tendre père veut voir
régner entre ses enfants... C’est ainsi qu’Il veut qu’on se cède les uns
aux autres, que l’on s’entr’aide sans mesure, que chacun cède de son
droit, loin de le réclamer jamais; qu’on cède au frère injuste pour le
corriger par la douceur et maintenir la paix dans la famille, priant
seulement pour lui afin qu’il se corrige... Enfin, vous le voyez, toute
cette série de recommandations que je vous ai faites n’ont d’autre but
que d’entretenir la paix et l’amour entre tous les frères qui composent
la grande famille humaine... Gardez toujours toutes ces prescriptions,
et ayez au fond de l’âme, gravé profondément, ce principe d’où toutes
découlent: tous les hommes sont vraiment, véritablement _frères_ en
Dieu, leur Père commun, et Dieu veut qu’ils se regardent, s’aiment, se
traitent en tout, comme les frères les plus tendres.
* * * * *
«Et soyez compatissants les uns pour les autres: voyez comme je suis
compatissant pour vous, comme je souffre, comme j’ai pitié, compassion
de toutes les douleurs, comme je soupire avec celui-ci, comme je pleure
avec cet autre. J’ai compassion de leurs deuils, de leurs maladies, de
leurs inquiétudes, de leur faim, de leurs faiblesses, de leur
ignorance...; non seulement j’ai fait du bien aux âmes et aux corps,
mais mon Cœur a une pitié, une compassion profonde pour tous les maux de
l’âme et du corps... La compassion fait partie de l’amour dans tout cœur
mortel et dans tout amour humain...