LUC, 2, 39. «... Ils s’en retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur
ville.»
«Après ma présentation et après ma fuite en Égypte, je me retire à
Nazareth...; là, je passe les années de mon enfance, de ma jeunesse,
jusqu’à 30 ans... C’est encore pour vous, _pour votre amour que j’y
suis_... Quelle est cette vie? C’est pour votre instruction que je la
mène: pendant ces trente ans, je ne cesse de vous instruire, non par des
paroles, mais par mon silence et mes exemples. Qu’est-ce que je vous
apprends? Je vous apprends d’abord qu’on peut faire du bien aux hommes,
beaucoup de bien, un bien infini, un bien divin, sans parole, sans
sermon, sans bruit, dans le silence et en donnant le bon exemple... Quel
exemple?... Celui de la piété, des devoirs envers Dieu amoureusement
remplis, de la bonté envers tous les hommes, de la tendresse envers ceux
qui nous entourent, des devoirs domestiques saintement accomplis; de la
pauvreté, du travail, de l’abjection, du recueillement, de la retraite,
de l’obscurité d’une vie cachée en Dieu, d’une vie de prières, de
pénitence, de retraite, toute perdue et abîmée en Dieu. Je vous apprends
à vivre du travail de vos mains pour n’être à charge à personne et avoir
de quoi donner aux pauvres, et je donne à ce genre de vie une beauté
incomparable..., celle de mon imitation...
«...Tous ceux qui veulent être parfaits... doivent vivre _pauvrement_,
dans l’imitation la plus fidèle de ma pauvreté de Nazareth... Combien je
prêche à Nazareth l’_humilité_, en passant trente ans dans ces obscurs
travaux; _l’obscurité_ en restant 30 ans si inconnu, Moi, la lumière du
monde; _l’obéissance_, Moi qui ai été soumis pendant trente ans à mes
parents, saints sans doute, mais hommes, et je suis Dieu!... Comment
pourriez-vous, après m’avoir vu si obéissant pendant longtemps à ceux à
qui je ne devais aucune obéissance, dont j’étais le Maître Souverain, le
Créateur et le Juge, refuser une _obéissance parfaite_ à ceux dont, Moi,
votre Dieu, je vous dis: «Qui les écoute m’écoute»?
_Quel mépris des choses humaines_, des grandeurs humaines, des manières
mondaines, de tout ce qu’estime le monde: noblesse, richesse, rang,
science, intelligence, réputation, considération, distinction mondaine,
belles manières!... Combien je repousse tout cela loin de Moi, pour ne
laisser voir en Moi qu’un très pauvre ouvrier, vivant très pieusement
dans une grande retraite!...