St MATHIEU, 14, 31. «Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?»

Combien est grande la foi que Notre-Seigneur demande de nous, et avec

justice... quelle foi ne Lui devons-nous pas?... Après la parole de

Notre-Seigneur: «Viens», Pierre ne devait plus rien craindre et marcher

avec confiance sur les eaux... ainsi quand Jésus nous a certainement

appelés à un état, donné une vocation, nous ne devons rien craindre mais

aborder sans hésiter les plus insurmontables obstacles. Jésus a dit:

«Viens», nous avons grâce pour marcher sur les flots. Cela nous paraît

impossible, mais Jésus est le Maître de l’impossible... Il faut donc

trois choses: d’abord, faire comme Pierre, supplier Notre-Seigneur de

nous appeler à Lui bien distinctement, puis, après avoir entendu

distinctement le «viens» sans lequel nous n’avons pas le droit de nous

jeter à l’eau (ce serait présomption, imprudence, risquer gravement sa

vie, ce serait péché et souvent péché grave par conséquent, car risquer

la vie de l’âme est encore plus criminel que d’aventurer la vie du

corps), après l’avoir distinctement entendu (jusque-là notre devoir est

de prier et d’attendre), se jeter à l’eau sans hésiter, comme S. Pierre.

Enfin, il faut, confiant dans le «viens» sorti de la bouche de Dieu,

marcher jusqu’à la fin sur les flots, sans l’ombre de doute, sans

l’ombre d’incertitude, sans l’ombre d’inquiétude, certains que si nous

marchons avec foi et fidélité, tout nous sera facile dans la voie où

Jésus nous appelle et cela par la vertu de cette parole: «Viens».

Marchons donc dans la voie où Il nous appelle avec une foi absolue, car

le ciel et la terre passeront, mais Sa parole ne passera pas!

St MATHIEU, 15, 28. «O femme, ta foi est grande! qu’il te soit fait

comme tu veux.»

Notre-Seigneur loue la Chananéenne d’avoir continué à Le prier malgré

Ses refus et d’avoir eu foi en Lui, en Sa puissance, en Sa bonté; et, à

cause de cette foi et de cette insistance, Il lui accorde sa demande...

C’est ainsi que nous serons exaucés chaque fois que nous Le prierons

avec foi et insistance...

Notre-Seigneur n’a pas changé depuis le temps qu’Il parcourait les

confins de Tyr; l’homme change, mais Dieu ne change pas. Il est

exactement le même qu’alors: même divinité, même puissance; même bonté,

même compassion pour les hommes, même volonté d’exaucer la prière et la

foi: demandons donc...

St MATHIEU, 16, 8. «Pourquoi pensez-vous, gens de peu de foi, que vous

n’avez pas de pains?»

Notre-Seigneur ne permet donc pas à Ses serviteurs de douter qu’ils

auront toujours le pain quotidien dans la mesure où cela est bon pour

leurs âmes... Et c’est bien juste qu’Il leur défende tout doute, toute

inquiétude, tout souci à cet égard; c’est très juste pour deux raisons:

d’abord, parce qu’Il leur a dit: «Cherchez mon Royaume et sa justice, et

tout le reste vous sera donné par surcroît.»

Par ces paroles, Notre-Seigneur s’est engagé à donner à tous ceux qui se

feraient Ses disciples, qui embrasseraient la pauvreté, la vie

religieuse, pour Le suivre, à leur donner le nécessaire (dans la mesure

où cela leur est bon), pourvu qu’ils cherchent à Le bien servir; douter,

après cela, si on aura le nécessaire, avoir des soucis pour des choses

temporelles, c’est, pour des religieux, ne pas croire à la parole de

Jésus, c’est Lui faire la plus mortelle injure...

Secondement, quand on aime, on ne songe qu’à une chose: à l’être aimé;

on ne s’inquiète que d’une chose: du bien de l’être aimé, de sa

possession; pour les autres choses, on est absolument incapable d’y

attacher le moindre prix, la moindre importance... Quand on aime, une

seule chose existe: l’être aimé; le reste du monde est comme un néant,

il n’existe pas... Si un cœur aime Dieu, peut-il s’y trouver place pour

des inquiétudes, des soucis matériels?

St MARC, 11, 22, 23, 24. «Ayez foi en Dieu... Tout ce que vous

demanderez dans la prière, croyez que vous le recevrez et cela vous sera

donné...»

Combien de fois Vous nous répétez ces paroles, mon Dieu, dans tous les

Évangiles et dans les mêmes termes!... Combien il faut qu’elles soient

importantes pour que Vous nous les inculquiez avec tant d’insistance!

Faites-moi donc la grâce, ô mon Dieu, de bien m’en pénétrer... Tout ce

que je Vous demande, pourvu que je Vous le demande avec foi, avec

confiance que je le recevrai de Vous, Vous me l’accorderez; pourvu,

toutefois, que je ne Vous demande pas une chose qui me soit nuisible, ou

un bien médiocre qui paraît grand à mes yeux, et à la place duquel Vous

voulez me donner un bien vraiment grand... Vous êtes un Père, et un Père

tout-puissant et infiniment sage, comme infiniment bon et tendre. Vous

dites à Votre petit enfant, tout petit, bégayant à peine et ne marchant

qu’à l’aide de Votre main, Vous lui dites: «Tout ce que tu me

demanderas, je te le donnerai, pourvu que tu le demandes avec

confiance...» Et Vous le lui donnez, avec quelle facilité, cela va sans

dire, avec quel empressement, quand ses demandes sont raisonnables,

surtout quand elles répondent à Vos désirs, aux sentiments que Vous

voulez voir en lui, quand elles sont conformes à ce que Vous désirez

Vous-mêmes plus ardemment que lui! S’il Vous demande des jouets

coupants, tranchants, dangereux, Vous les lui refusez, par bonté pour

lui, mais Vous l’en consolez en lui donnant à la place d’autres douceurs

sans danger; s’il Vous demande avec grande insistance d’aller dans un

lieu où Vous voyez qu’il ne retirera pas grand bien, Vous ne lui donnez

pas le faux bien qu’il demande, mais Vous lui accordez le vrai bien

qu’il demanderait s’il voyait clair, et Vous le prenez par la main pour

le conduire, non où il avait envie d’aller, mais où il est, pour lui, le

meilleur qu’il aille...

Écrits spirituels de Charles de Foucauld · 第 27 / 139 题