Combien est grande la foi que Notre-Seigneur demande de nous, et avec
justice... quelle foi ne Lui devons-nous pas?... Après la parole de
Notre-Seigneur: «Viens», Pierre ne devait plus rien craindre et marcher
avec confiance sur les eaux... ainsi quand Jésus nous a certainement
appelés à un état, donné une vocation, nous ne devons rien craindre mais
aborder sans hésiter les plus insurmontables obstacles. Jésus a dit:
«Viens», nous avons grâce pour marcher sur les flots. Cela nous paraît
impossible, mais Jésus est le Maître de l’impossible... Il faut donc
trois choses: d’abord, faire comme Pierre, supplier Notre-Seigneur de
nous appeler à Lui bien distinctement, puis, après avoir entendu
distinctement le «viens» sans lequel nous n’avons pas le droit de nous
jeter à l’eau (ce serait présomption, imprudence, risquer gravement sa
vie, ce serait péché et souvent péché grave par conséquent, car risquer
la vie de l’âme est encore plus criminel que d’aventurer la vie du
corps), après l’avoir distinctement entendu (jusque-là notre devoir est
de prier et d’attendre), se jeter à l’eau sans hésiter, comme S. Pierre.
Enfin, il faut, confiant dans le «viens» sorti de la bouche de Dieu,
marcher jusqu’à la fin sur les flots, sans l’ombre de doute, sans
l’ombre d’incertitude, sans l’ombre d’inquiétude, certains que si nous
marchons avec foi et fidélité, tout nous sera facile dans la voie où
Jésus nous appelle et cela par la vertu de cette parole: «Viens».
Marchons donc dans la voie où Il nous appelle avec une foi absolue, car
le ciel et la terre passeront, mais Sa parole ne passera pas!
St MATHIEU, 15, 28. «O femme, ta foi est grande! qu’il te soit fait
comme tu veux.»
Notre-Seigneur loue la Chananéenne d’avoir continué à Le prier malgré
Ses refus et d’avoir eu foi en Lui, en Sa puissance, en Sa bonté; et, à
cause de cette foi et de cette insistance, Il lui accorde sa demande...
C’est ainsi que nous serons exaucés chaque fois que nous Le prierons
avec foi et insistance...
Notre-Seigneur n’a pas changé depuis le temps qu’Il parcourait les
confins de Tyr; l’homme change, mais Dieu ne change pas. Il est
exactement le même qu’alors: même divinité, même puissance; même bonté,
même compassion pour les hommes, même volonté d’exaucer la prière et la
foi: demandons donc...
St MATHIEU, 16, 8. «Pourquoi pensez-vous, gens de peu de foi, que vous
n’avez pas de pains?»
Notre-Seigneur ne permet donc pas à Ses serviteurs de douter qu’ils
auront toujours le pain quotidien dans la mesure où cela est bon pour
leurs âmes... Et c’est bien juste qu’Il leur défende tout doute, toute
inquiétude, tout souci à cet égard; c’est très juste pour deux raisons:
d’abord, parce qu’Il leur a dit: «Cherchez mon Royaume et sa justice, et
tout le reste vous sera donné par surcroît.»
Par ces paroles, Notre-Seigneur s’est engagé à donner à tous ceux qui se
feraient Ses disciples, qui embrasseraient la pauvreté, la vie
religieuse, pour Le suivre, à leur donner le nécessaire (dans la mesure
où cela leur est bon), pourvu qu’ils cherchent à Le bien servir; douter,
après cela, si on aura le nécessaire, avoir des soucis pour des choses
temporelles, c’est, pour des religieux, ne pas croire à la parole de
Jésus, c’est Lui faire la plus mortelle injure...
Secondement, quand on aime, on ne songe qu’à une chose: à l’être aimé;
on ne s’inquiète que d’une chose: du bien de l’être aimé, de sa
possession; pour les autres choses, on est absolument incapable d’y
attacher le moindre prix, la moindre importance... Quand on aime, une
seule chose existe: l’être aimé; le reste du monde est comme un néant,
il n’existe pas... Si un cœur aime Dieu, peut-il s’y trouver place pour
des inquiétudes, des soucis matériels?
St MARC, 11, 22, 23, 24. «Ayez foi en Dieu... Tout ce que vous
demanderez dans la prière, croyez que vous le recevrez et cela vous sera
donné...»
Combien de fois Vous nous répétez ces paroles, mon Dieu, dans tous les
Évangiles et dans les mêmes termes!... Combien il faut qu’elles soient
importantes pour que Vous nous les inculquiez avec tant d’insistance!
Faites-moi donc la grâce, ô mon Dieu, de bien m’en pénétrer... Tout ce
que je Vous demande, pourvu que je Vous le demande avec foi, avec
confiance que je le recevrai de Vous, Vous me l’accorderez; pourvu,
toutefois, que je ne Vous demande pas une chose qui me soit nuisible, ou
un bien médiocre qui paraît grand à mes yeux, et à la place duquel Vous
voulez me donner un bien vraiment grand... Vous êtes un Père, et un Père
tout-puissant et infiniment sage, comme infiniment bon et tendre. Vous
dites à Votre petit enfant, tout petit, bégayant à peine et ne marchant
qu’à l’aide de Votre main, Vous lui dites: «Tout ce que tu me
demanderas, je te le donnerai, pourvu que tu le demandes avec
confiance...» Et Vous le lui donnez, avec quelle facilité, cela va sans
dire, avec quel empressement, quand ses demandes sont raisonnables,
surtout quand elles répondent à Vos désirs, aux sentiments que Vous
voulez voir en lui, quand elles sont conformes à ce que Vous désirez
Vous-mêmes plus ardemment que lui! S’il Vous demande des jouets
coupants, tranchants, dangereux, Vous les lui refusez, par bonté pour
lui, mais Vous l’en consolez en lui donnant à la place d’autres douceurs
sans danger; s’il Vous demande avec grande insistance d’aller dans un
lieu où Vous voyez qu’il ne retirera pas grand bien, Vous ne lui donnez
pas le faux bien qu’il demande, mais Vous lui accordez le vrai bien
qu’il demanderait s’il voyait clair, et Vous le prenez par la main pour
le conduire, non où il avait envie d’aller, mais où il est, pour lui, le
meilleur qu’il aille...