Cette parole nous apprend deux choses: 1º qu’il faut adresser à Dieu,
avec une simplicité absolue, toutes nos pensées, nos plaintes comme le
reste; dans la joie, nos cris de joie; dans la reconnaissance, nos
remerciements; dans le repentir, nos «pardons»; dans le désir, nos
demandes; dans la douleur, nos plaintes. Comme notre douleur est permise
par Lui, nous devons non seulement nous plaindre à Lui, mais aussi nous
plaindre de Lui, comme le fait ici Notre-Seigneur, mais cela avec le
respect, l’amour, la soumission, la conformité amoureuse et illimitée à
Sa volonté qu’avait pour Lui son Fils Unique et que nous Lui devons,
nous, ses enfants, enfants si comblés par ce Père bien-aimé et
infiniment bon. 2º Notre-Seigneur emploie, pour parler à son Père, deux
mots de l’Écriture. Servons-nous de ces paroles infiniment saintes,
paroles de l’Esprit-Saint, et employons-les pour nos prières d’une
certaine longueur, comme faisaient les anciens Juifs, comme fait
l’épouse du Christ, la sainte Église; servons-nous-en aussi, dans nos
oraisons jaculatoires comme le fait ici N.-S.; en plusieurs endroits. Il
nous donne le même exemple pour mieux nous l’inculquer et nous apprendre
que c’était une habitude chez Lui et que, par conséquent, cela doit être
une habitude chez nous... Non seulement Il se sert des mots de
l’Écriture pour exprimer les cris de Son âme, mais Il s’en sert dans les
moments les plus solennels, dans la tentation au désert et sur la Croix:
deux mots d’un psaume sont Ses dernières paroles avant Sa mort...
Combien nous devons suivre un exemple qu’Il nous donne si fortement...
Et, d’ailleurs, n’est-il pas évident que les paroles de l’Écriture
inspirée de Dieu valent mieux que nos paroles? Nous ne pouvons rien
offrir à Dieu de plus agréable, après le Corps de son Fils, que les
paroles que son Cœur a versées du Ciel sur la terre, les paroles sacrées
tombées de Ses propres lèvres.
Évangile selon St LUC, 10, 42. «Marie a choisi la meilleure part et elle
ne lui sera pas ôtée.»
La meilleure part, c’est la vie contemplative, la vie de prière, la vie
qui se détache entièrement des choses matérielles pour ne s’occuper qu’à
contempler Notre-Seigneur; la vie où l’esprit, ne s’occupant jamais de
choses terrestres, est tout entier plongé dans la pensée de Dieu, Le
regardant, L’écoutant, Lui parlant sans cesse par le sentiment perpétuel
de Sa présence et une oraison qui peut varier aux différents moments du
jour, mais qui ne s’interrompt jamais... Marie vit comme les autres,
mais, quoi qu’elle fasse, ses yeux, sa pensée et son cœur sont toujours
tout entiers sur Jésus: Il est toute sa vie... C’est la vie
contemplative, la vie de l’amour le plus passionné, de l’amour
d’admiration... C’est la meilleure part, la part de la Sainte Vierge et
de saint Joseph à Nazareth, la part de la Sainte Vierge pendant toute sa
vie, de saint Jean-Baptiste au désert, la part de Marie-Magdeleine à
Béthanie, en Galilée, en Judée, en Provence. Que ce soit la nôtre!
Imitons notre Mère bénie, sainte Magdeleine, cette adoratrice passionnée
de Jésus...
St LUC, 15, 10. «La joie sera parmi les Anges du Ciel pour un pécheur
faisant pénitence.»
La joie, par conséquent aussi l’action de grâce, car tout bien vient de
Dieu... L’action de grâce doit tenir une très grande place dans nos
prières, car la bonté de Dieu précède tous nos actes, elle environne
tous les instants de notre vie, et il n’y a pas de moments de notre
existence où nous ne recevions une foule immense de bienfaits tels que
toute l’éternité ne nous suffirait pas pour remercier assez de chacun
d’eux... Quand nous sommes devant le Saint-Sacrement surtout, que notre
premier mot soit toujours: «Merci! Merci d’être à Vos pieds! que je suis
heureux...» Et chaque fois que nous prions, en quelque lieu que ce soit,
«merci, encore une fois merci de me permettre de Vous parler, de Vous
prier, de Vous regarder, de m’entretenir avec Vous, mon Seigneur et mon
Dieu, mon Bien-Aimé, mon Bonheur et ma Vie!» Non seulement remercier
pour nous, mais pour tous les hommes, nos frères, Vos enfants, mon Dieu,
que je dois aimer, que je veux aimer si tendrement. Merci pour toutes
les âmes du purgatoire, tous les anges, tous les saints, pour ceux que
Vous m’avez donnés à aimer davantage. Merci pour la Très Sainte Vierge;
merci par-dessus tout pour Vous, mon Seigneur et mon Dieu, dont la
gloire et la béatitude infinie sont mon bonheur, bonheur ferme et
assuré, source inépuisable de joie que rien ne peut m’enlever!...