M. de Chateaumorand partit le 20 février. M. d'Iberville fit ses
préparatifs de voyage. Il était assuré qu'il n'avait aucun obstacle à
craindre de la part des Espagnols ni de la part des Anglais. Il savait
qu'il pouvait compter sur les bonnes dispositions des sauvages.
Le 27 février, jour fixé, il partit de Biloxi avec deux biscayennes et
deux canots, et 50 hommes armés de fusils et de haches. Ils avaient
pour 20 jours de vivres. Presque tous ces hommes étaient des Canadiens
éprouvés dans les expéditions précédentes, et les autres, des
flibustiers de Saint-Domingue.
Il y avait deux pierriers sur les biscayennes pour imposer aux sauvages.
M. d'Iberville était sur l'une des biscayennes avec son frère M. de
Bienville, et M. de Sauvalle sur l'autre, avec le Père Anastase,
Récollet, qui avait sa chapelle avec lui. Les prières se faisaient matin
et soir comme sur les vaisseaux, et lorsqu'on pouvait débarquer le
dimanche, le père disait la messe.
Le 27 et le 28, on commença à longer à l'ouest une grande île de sable.
On passa ensuite devant plusieurs baies environnées d'herbe et de joncs,
mais sans bois.
En naviguant, on faisait la plus grande attention à ne passer
l'embouchure d'aucune rivière.
Le 1er mars, qui était un dimanche, on aborda à une île, et le père dit
la messe pour l'équipage.
L'autel fut dressé sous un bouquet d'arbres, et connue le sol était très
humide en quelques endroits, d'Iberville fit couper des branches pour
les mettre sous les pieds des hommes, afin de les préserver de toute
incommodité. Dans la journée, les gens tuèrent plusieurs chats sauvages:
l'île en était remplie, et on l'appela l'île aux Chats, nom qui a
subsisté jusqu'à présent.
Il fallait tenir la mer à une certaine distance parce que le vent était
violent et pouvait pousser sur les rochers; mais en même temps il ne
fallait pas s'éloigner beaucoup, pour n'être pas enlevé par la mer, qui
était très forte.
«C'est un métier bien gaillard, dit M. d'Iberville, que de découvrir les
côtes de la mer avec des chaloupes qui ne sont ni assez grandes pour
tenir la mer quand elles sont sous voiles, ni même quand elles sont à
l'ancré, et qui sont trop grandes pour aborder à une côte plate, où
elles touchent et échouent à une demi-lieue au large.»
C'est alors qu'étant obligé de gagner la côte, l'équipage, vers le soir
du 2 mars, aperçut des rochers très rapprochés les uns des autres et à
travers lesquels passait un grand courant.
C'était une rivière, et d'Iberville pressentit que c'était celle qu'il
cherchait.
Il s'approcha avec précaution, parce que le courant était rapide à faire
une lieue et demie à l'heure. M. d'Iberville reconnut alors plusieurs
circonstances qui s'accordaient avec les informations de M. de La Salle.
Les eaux conservaient leur douceur à une grande distance dans la mer,
comme l'avait dit M. de La Salle. Les roches étaient très nombreuses,
très rapprochées et l'on voyait qu'elles étaient de bois pétrifié avec
la vase; elles résistaient à la mer et elles étaient toutes noires;
parfois elles étaient espacées de vingt pas et d'autres fois beaucoup
plus; mais elles conservaient l'aspect d'une palissade, comme l'avaient
affirmé les Espagnols. Le fleuve avait 400 toises de largeur, avec une
rapidité extraordinaire.
D'Iberville reconnut que c'était le Mississipi, et qu'il contemplait
cette embouchure que M. de La Salle n'avait pu découvrir.
La satisfaction était grande chez tous ceux qui prenaient part à
l'expédition. Les gens d'Iberville, qui lui étaient si dévoués, étaient
heureux de voir leur chef bien-aimé couronné encore de succès dans une
entreprise tentée vainement jusqu'à lui. M. d'Iberville remerciait la
divine Providence; il voyait se réaliser toutes ses espérances. Il se
trouvait comme en possession d'un nouveau monde qu'il avait promis
au roi et à M. de Pontchartrain; enfin, le titre de gouverneur de la
Louisiane lui était désormais acquis. Le Père Douay considérait surtout
les intérêts spirituels de ce grand continent.
Le lendemain, 3 mars, l'équipage aborda à l'entrée du fleuve; au matin,
la sainte, messe fut dite en actions de grâces et on chanta le _Te
Deum_.
L'émotion du Père Douay, qui était un saint homme, était au comble, et
il sut la communiquer à son auditoire. «C'était une terre nouvelle,
conquise au Sauveur, où son nom serait béni et exalté», et il faut
reconnaître que les fervents chrétiens auxquels il s'adressait pouvaient
comprendre ces pieux sentiments. Quant à d'Iberville, comme l'avait déjà
remarqué le Père Marest dans l'expédition de la baie d'Hudson, il était
toujours le premier à donner l'exemple dans les manifestations de la
piété.
L'équipage, avant de continuer sa course, resta au repos sous les arbres
pour se remettre des fatigues des jours précédents.
«Nous sentons, dit M, d'Iberville, couchés sur des roseaux et à l'abri
du mauvais temps, le plaisir qu'il y a de se voir délivrés d'un péril
évident.»
Le lendemain, mercredi des Cendres, la messe fut encore célébrée, et les
gens reçurent les cendres, avec les officiers en tête.
On commença ensuite à remonter la rivière. A quelques lieues on
trouva ce que les précédents explorateurs avaient appelé une fourche,
c'est-à-dire une division de la rivière en trois courants différents.
C'était une confirmation de toutes les antres indications que M. de La
Salle avait données sur l'embouchure du Mississipi.
Après ces assurances, pour faire acte de possession au nom de l'Église,
M. d'Iberville fit planter une croix par ses hommes, et le Père Récollet
la bénit solennellement, pendant que les matelots l'entouraient à genoux
et chantaient le:
Vexilla régis prodeunt,
Fulget crucis mysterium...
M. d'Iberville commença à remonter la rivière. Étant arrive au 30e degré
de latitude et au-dessus du Delta il continua sa navigation pour prendre
connaissance du pays et de ses ressources.
Il rencontra d'abord le village des Bayagoulas, dont plusieurs habitants
étaient venus le visiter au port de Biloxi; là il trouva le meilleur
accueil.
Ensuite, il alla au site des Mahongoulas, où l'un des chefs lui vendit,
pour une hache, une lettre de M. de Tonty, adressée à M. de La Salle,
dans laquelle il lui disait qu'il était venu à son secours, et qu'il
avait trouvé toutes les nations des rives du fleuve bien disposées pour
les Français.
M. d'Iberville reconnut la vérité de ces dispositions et il continua sa
course.
Le pays apparaissait dans toute sa beauté. «Les terres sont les plus
belles que l'on puisse jamais voir; elles sont traversées par une
infinité de belles et grandes rivières; elles sont couvertes de bois
franc, comme chênes, ormes, noyers, de vignes d'une grosseur excessive;
des prairies sans fin, les rivières couvertes de canards et d'oies
sauvages; les arbres remplis d'oiseaux aux couleurs éclatantes, de
perroquets, de geais, d'oiseaux-mouches de toutes sortes.»
Des légions de boeufs sauvages paissent par milliers à travers les
prairies.
Voici quel était le plan de M. d'Iberville dans cette exploration. Il
voulait choisir un site qui serait au centre des tribus indiennes, pour
pouvoir facilement communiquer avec elles, et de plus, qui serait en
communication directe avec la mer par l'une des branches du fleuve, de
ces fourches dont M. de La Salle avait parlé dans ses relations.
Il trouva d'abord, à 40 lieues de l'embouchure, la nation des
Pascomboulas, et au delà, il reconnut qu'il y avait une voie directe
vers la mer par ces lacs immenses qui occupent la baie du Delta. Il
explora ces lacs, et eu l'honneur des ministres du roi, appela le plus
grand du nom de «Pontchartrain», il nomma l'autre «Maurepas».
En remontant, il rencontra une station où se trouvait un mat peint et
décoré que les sauvages appelaient Bâton-Rouge. C'était un point de
démarcation entre les terrains du chasse des Pascomboulas et de la
nation suivante, les Oumas, dont M. d'Iberville voulut visiter le
principal village.
Il arriva le 20 mars au village des Oumas. Des chefs l'attendaient sur
le rivage avec le calumet de paix. Ils l'entourèrent, le mirent au
milieu d'eux et le conduisirent au village en chantant et en dansant.
«Arrivés au village, dit M. d'Iberville, nous nous sommes salués et
embrassés. Il était une heure de l'après-midi.» Il fallut s'arrêter
et recommencer à fumer, «ce qui me fatiguait beaucoup, n'ayant jamais
fumé.»
Tout le village était rassemblé. Les tambours et les calebasses
accompagnaient le chant, et il y eut plusieurs danses. Ce furent d'abord
des danses militaires exécutées par des guerriers revêtus de fourrures,
armés de pied on cap et portant sur la fête des mufles d'animaux de
toutes sortes, fabriqués avec un rare talent d'imitation.
Ces chants guerriers étaient des sons incohérents, mais non formés au
hasard. Les danseurs reproduisaient avec une fidélité parfaite les cris
et les hurlements des animaux féroces dont ils mettaient le masque sur
leur tête.
Deux bandes de guerriers se plaçaient en présence et, tout en gardant
une certaine cadence, ils représentaient un combat, se précipitant et
reculant par bonds. Ils brandissaient les casse-tête, se frappaient avec
des cris de défi; et, pendant ce temps, les autres guerriers chantaient,
en marquant le temps avec des tambours, et en poussant du fond du gosier
des cris d'applaudissement, tels que: Hou! Hou! Hou! Hou! ou encore:
Ché! Ché! Ché!
Après la danse des guerriers, on passait à des exercices moins
effrayants. Les jeunes gens s'avançaient avec les jeunes filles. Ils
étaient richement parés à leur manière: ils avaient des diadèmes de
plumes qui montaient très haut; leurs ceintures d'orignal brodées en
rassades descendaient jusqu'aux genoux; elles étaient ornées tout autour
de disques de métal qui retentissaient comme des grelots à chaque
mouvement de la danse. Ils étaient peints de rouge, de blanc et de
jaune, disposés avec un certain art et figurant des galons et des
ornements multipliés. Les jeunes tilles portaient des éventails de
plumes dont elles accompagnaient leurs mouvements. Les jeunes gens
avaient une sorte de sceptre qui marquait la mesure.
Ces groupes représentaient diverses scènes de la vie sauvage, comme le
départ pour la chasse, pour la guerre, le retour, les fiançailles, etc.
Les danseurs se lançaient avec une agilité remarquable et en tournant
sur eux-mêmes. «Ces danses, nous dit M. d'Iberville, étaient gracieuses
et assez jolies, et elles étaient accompagnées de chants pleins de
douceur. Quand les sauvages le veulent, ils chantent avec beaucoup
d'agrément. Ils ont l'oreille délicate, la voix belle et une disposition
remarquable pour la musique.»
Le lendemain, on visita les villages. On vit 150 cabanes, avec une place
au centre, de 200 pas de largeur.
Tout autour, on voit s'étendre d'immenses prairies, sans rochers, avec
des arbres d'une grande vigueur. Sur les champs s'étalent des fleurs,
des citrouilles, des melons et du tabac d'une taille surprenante.»
On alla visiter le temple, qui est au milieu du village. C'est un
édifice surmonté d'une coupole; au centre on entretient un feu
continuel. A l'extrémité il y a un sanctuaire avec des tables en forme
d'autel; sur ces autels étaient disposées des fourrures précieuses et
d'autres emblèmes mystérieux.
En revenant à la hauteur de Bâton-Rouge, M. d'Iberville reconnut par
ses calculs qu'il était à la latitude de Biloxi, où se trouvaient ses
vaisseaux. Alors, il observa les rives et, trouvant au-dessous de
Bâton-Rouge un courant d'eau considérable, allant, en droite ligne, du
Mississipi dans la direction de l'est, il s'abandonna à ce courant qui,
suivant sa prévision, allait se jeter vers la baie de Biloxi. C'est
cette rivière que l'on a nommée la rivière d'Iberville, d'après celui
qui l'avait découverte. Elle a 25 lieues d'étendue. Elle lui épargna
l'immense parcours qu'il lui aurait fallu faire pour descendre le
Mississipi avec tous ses détours jusqu'à la mer, au 29e degré, et
pour remonter jusqu'au 30e degré à Biloxi. C'était près de 100 lieues
d'épargnées. Cette rivière offrait bien des portages, mais elle révélait
un pays magnifique, d'une grande abondance en poisson et gibier. On vit
passer sur les rives, par centaines, des troupeaux de boeufs au galop.
La rivière su jetait dans le lac Maurepas, qui est la suite du lac
Pontchartrain, et de là, M. d'Iberville arrivait le 30 mars à Biloxi,
ayant fait 300 lieues environ on 30 jours, y compris les stations aux
différentes nations sauvages.
Là, M. d'Iberville écrivit sur son journal: «Depuis un mois de séjour,
un peu de curiosité eût dû encourager les personnes qui sont restées, à
faire sonder les environs de cette rade avec leurs traversières.» Puis,
réfléchissant que cela exprimait un blâme pour ses subordonnés, il a
effacé cette phrase pour qu'elle ne fût pas mise dans la copie qu'il
devait envoyer au ministre. Les jours suivants, le sondage fut accompli
par M. d'Iberville.
Après cette exploration, il jugea qu'il n'y avait pas d'endroit plus
convenable que la baie de Biloxi pour l'érection d'un fort, et il fit
aussitôt abattre des arbres en quantité suffisante. Ces arbres étaient
d'un bois si dur que les haches s'y brisaient. Aussitôt une forge fut
établie pour réparer les haches à mesure de l'exploitation.
A la fin du mois, le fort était terminé. Aussitôt on fait descendre les
canons avec leurs affûts; on fait aussi installer les vaches et les
volailles, puis l'on sème des pois des fèves et du maïs à l'entour du
fort. Les Espagnols vinrent alors pour visiter les Français. Ils virent
le fort et purent en admirer l'ordonnance.
Cela pouvait leur donner à réfléchir, mais M. d'Iberville s'en
inquiétait peu. Il avait jugé ces Espagnols comme des hommes de peu
d'importance, et il fait cette réflexion: «Les Espagnols établis dans
ces contrées se sont beaucoup nui par leurs alliances avec les Indiens.
Les enfants provenant de ces unions, tenaient beaucoup plus du sang
sauvage que du sang espagnol: ils étaient chétifs, mous et sans énergie.
Je suis certain, ajoutait-il, qu'avec 500 Canadiens, je pourrais enlever
le Mexique, où se trouvent tant de trésors.»
Toute cette expédition du Mississipi avait augmenté l'estime que M.
d'Iberville avait de ses compagnons d'armes canadiens.
Il les avait vus inébranlables dans les plus grandes fatigues,
intrépides, ne reculant devant aucun danger, infatigables dans les
marches et dans toutes les manoeuvres. Il avait pu reconnaître avec une
sensible complaisance que ses compatriotes étaient au moins égaux à ces
flibustiers de Saint-Domingue, que l'on regardait comme les hommes les
plus audacieux qu'il y eût alors dans le monde.
De plus, il les avait trouvés d'une ressource précieuse dans les
relations avec les sauvages, sachant les gagner par leurs égards et leur
amabilité, et pouvant s'en faire comprendre par la connaissance des
langues sauvages du Nord, dont beaucoup d'expressions avaient pénétré
sur les côtes du golfe. Cela était dû aux Tuscaroras, nation iroquoise
établie depuis longtemps dans le voisinage du Mississipi, dans la
province de la Caroline.
Le Père Anastase, vu ses fatigues et son grand âge, avait manifesté le
désir de revenir en France, ce que M. d'Iberville accorda aussitôt. Il
fit venir au fort le jeune aumônier de la _Badine_. Mais lorsque les
fêtes arrivèrent, c'est-à-dire le dimanche des Rameaux, le 12 avril, le
Père Anastase se fit conduire en chaloupe, par M. de Beauharnois, au
fort, pour confesser tous ceux qui se présentèrent. Il y revint encore
le jeudi saint, y resta jusqu'au jour de Pâques, dit la messe, et le
soir, il y eut sermon et vêpres. Après quoi il revint aux vaisseaux pour
faire faire les pâques aux gens. Il y eut encore confession, messe et
communion.
Tout étant réglé, M. d'Iberville laissa au fort près de 14,000 rations,
et de plus, il envoya un traversier à M. Ducasse pour avoir des vivres.
Lui-même ne devait pas prendre ce chemin, mais profiter du Gulf-Stream
pour sortir du golfe du Mexique.
Il dit: «Le 2 mai, j'ai établi les offices du fort. J'ai fait
reconnaître le sieur de Sauvalle, enseigne de vaisseau, pour commander;
c'est un garçon sage et de mérite. J'ai mis mon frère de Bienville, âgé
de 18 ans, comme lieutenant, et Levasseur-Boussonelle comme major.
Je leur laisse 70 hommes, les mousses et, de plus, les équipages des
traversières.»
Il laissait les mousses pour séjourner parmi les sauvages afin
d'apprendre leur langue. C'est ainsi que son père avait agi autrefois, à
Montréal, avec lui et ses autres frères.
Il plut extraordinairement les deux jours suivants, et si abondamment
que les eaux de la baie devinrent douces, fait incroyable et cependant
réel.
Le 4 mai au matin, on leva l'ancre par un vent du sud-sud-ouest. Au 20
mai ils étaient devant l'île de Cuba, à Matanzas, à dix lieues est de la
Havane, et le 23 ils arrivèrent au cap de la Floride.
Le 23 mai, samedi, M. de Surgère avait rencontré trois vaisseaux anglais
qui, les prenant pour des forbans, firent mine de tirer sur le _Marin_.
«Ils auraient été bien accommodés s'ils avaient commencé», dit M. de
Surgère, qui ne doutait de rien; mais, reconnaissant des vaisseaux
français, ils leur firent mille amitiés.
«Ensuite, ils voguèrent de conserve avec nous, et cela heureusement, car
ils connaissaient les îles de l'entrée du golfe et ils pouvaient passer
le Gulf-Stream, que nous ne connaissions pas.
«Ayant débarqué au golfe le 26 mai, nous remerciâmes Dieu et nous
quittâmes les Anglais, car nos frégates allaient mieux que les leurs.
«Nous suivions l'est-nord-est, nous dirigeant vers la France. Nous
allions du trentième degré au quarante-cinquième. Là, nous avons été
assaillis par une tempête épouvantable; les matelots n'en pouvaient
plus. On voulut jeter les canons à la mer, mais on n'osa les déplacer,
de peur d'enfoncer le vaisseau. Nous pouvions nous croire à notre
dernière heure.
«La _Badine_ n'eut pas les mêmes épreuves, nous ayant devancés.
«Le 1er juillet, arrivée à Chef-de-Bois, puis à l'île d'Aix; et le
2 juillet, entrée dans le port de Rochefort, où nous retrouvâmes la
_Badine_.»