(26 novembre 1793)
À plusieurs reprises Danton revint sur la question de l'instruction
publique. Dans cette même séance de la Convention il demanda
l'institution de fêtes publiques et nationales, notamment à l'Être
suprême, idée que Robespierre devait faire sienne quelques mois plus
tard.
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Dans ce moment où la superstition succombe pour faire place à la
raison, vous devez donner une centralité à l'instruction publique,
comme vous en avez donné une au gouvernement. Sans doute vous
disséminerez dans les départements des maisons où la jeunesse sera
instruite dans les grands principes de la raison et de la liberté;
mais le peuple entier doit célébrer les grandes actions qui auront
honoré notre révolution. Il faut qu'il se réunisse dans un vaste
temple, et je demande que les artistes les plus distingués concourent
pour l'élévation de cet édifice, où, à un jour indiqué, seront
célébrés des jeux nationaux. Si la Grèce eut ses jeux olympiques, la
France solennisera aussi ses jours sans-culottides. Le peuple aura des
fêtes dans lesquelles il offrira l'encens à l'Être suprême, au maître
de la nature; car nous n'avons pas voulu anéantir le règne de la
superstition, pour établir le règne de l'athéisme.
Citoyens, que le berceau de la liberté soit encore le centre des fêtes
nationales. Je demande que la Convention consacre le Champ-de-Mars aux
jeux nationaux, qu'elle ordonne d'y élever un temple où les Français
puissent se réunir en grand nombre. Cette réunion alimentera l'amour
sacré de la liberté, et augmentera les ressorts de l'énergie
nationale; c'est par de tels établissements que nous vaincrons
l'univers. Des enfants vous demandent d'organiser l'instruction
publique; c'est le pain de la raison, vous le leur devez; c'est la
raison, ce sont les lumières qui font la guerre aux vices. Notre
révolution est fondée sur la justice, elle doit être consolidée par
les lumières. Donnons des armes à ceux qui peuvent les porter, de
l'instruction à la jeunesse, et des fêtes nationales au peuple.